Hesckiel. Dos Buch vom FUrsten Bismarck, p
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du combat ». Mais ses collègues lui rappelèrent « les devoirs qu'il avait assumés par son mandat devant Dieu et devant les hommes' ». Et son naturel comballif reprit le dessus. D'ailleurs, il flairait une crise entre les ministres prussiens et s'inquiétait de voir Brandenburg « fortement circonvenu par Radowitz ». Il s'inscrivit donc pour parler et prépara soigneusement son discours.
Cependant le comité de constitution terminait ses travaux. Il se trouvait en présence d'une nouvelle voile de Frédéric- Guillaume I\' qui demandait maintenant aux députés de prendre l'initiative delà revision avant de voter la Constitution; le roi de Prusse examinerait leur projet, et, s'il le trouvait conforme à ses intérêts, traiterait une nouvelle Union avec les gouvernements qui accepteraient les vues du Parlement. C'était poliment tout remettre en question.
La majorité de la commi.ssion était nettement hostile à ce système et désirait l'adoption en bloc du projet de constitution. Mais elle craignit de heurter brutalement les desseins de Frédéric-Guillaume et décida que son rapport se bornerait à exposer les diverses opinions en conflit. Camphausen, qui le rédigea, y laissa percer son avis, l'adoption complète et sans réserve du texte du 26 mai.
Le grand débat eut lieu à la Chambre du Peuple les 12 et 13 avril. Bismarck s'était inscrit, mais en mauvais rang, pour prendre la parole et son tour n'arriva pas. C'est grand dommage, car il eût été intéressant de l'entendre avec son langage original et mordant, à côté des orateurs de haute envolée qui prirent part ù la lutte.
Camphausen, au nom delaconHiiissi«)ii, exposa en (juel(|ues mots les aspiralioMs iialii maies « (ju'on ne pourrait satisfaire
t. Gerlach. Loc. cit., p. 534.
complètement à l'heure actuelle. P'aul-il y renoncer ou se contenter de les satisfaire en partie ». La question était bien posée. Radowitz éprouva le besoin de la brouiller ; il avait le verbe abondant et oubliait que l'éloquence continue ennuie. 11 s'éleva très haut, très haut, pour tomber soudain sur cette remarque singulière « que l'adoption en bloc du projet de constitution n'offrirait pas une garantie suffisante de durée ». Singulière incohérence : le conseil de l'Union déposait un projet qu'il demandait aux députés de bouleverser.
Manteuffel, qui parla ensuite, protesta de sa bonne volonté envers l'union des Etats allemands, mais recommanda la prudence, la défiance d'une trop grande hâte, la nécessité « de mettre le projet de constitution d'accord avec les circonstances et les événements présents ». Il conseillait, en somme, la marche sur place, un pas en avant, un en arrière. Stahl, le chef de file de Bismarck, engageait carrément à reculer : « L'unité politique de l'Allemagne, déclara-t-il, est un noble but, mais c'est aussi une entreprise dangereuse... Nous ne voulons à aucun prix la constitution telle qu'elle est. Ce projet contient le germe de la destruction du principe monarchique. Nous avons besoin de nous unir à l'Autriche ; il faut que les aigles autrichiennes et prussiennes planent en même temps sur l'Allemagne. »
La cause du parti allemand fut plaidée par Henri de Gagern avec une rare élévation : « Avancez d'un pas résolu... Pour les améliorations, rapportez-vous à la pratique et à l'avenir. Nous avons peu à offrir, mais n'affaiblissons pas la croyance de la nation, car si vous l'affaiblissez, c'en est fait de l'unité ; et si vous amoindrissez l'unité, vous attachez un crêpe aux étendards, car vous avez abandonné la victoire. Vous ne trouverez plus que quelques petits Etats qui se mettront sous la protection de la Prusse ; mais vous ne fonderez pas une
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Allemagne grande et large ; or c'est ce que votre propre intérêt, l'intérêt prussien, vous commande. Vous en avez le pouvoir, usez-en. »
Aux applaudissements qui accueillent ce discours, on sent que la partie est gagnée. En vain, M. de Manteuffel demandet-il encore aux députés « de ne rien précipiter » ; par 125 voix contre 69, la constitution est votée aux acclamations du parti de renipire.
11 restait à la Chambre du Peuple de se prononcer sur l'acte additionnel et les lois fondamentales. Ce fut, enfin, l'occasion pour Bismarck de se déclarer. Il eut les honneurs de la séance du ir> avril où il prit à quatre reprises la parole'. Ce fut chaque fois pour affirmer sa défiance du parlementarisme, son attachement dynastique, son particularisme prussien.
Au début de la séance il soulève une contestation sur l'ordre du jour, en déniant à la Chambre le droit de reviser la Constitution autrement que « paragraphe par paragraphe » ; or la Chambre du Peuple a achevé sa tAche par l'acceptation complète et sans réserve de la Constitution. Si la Chambre des Étals y donne son adhésion, tout sera fini. « Il incombera au Parlement qui nous succédera de modifier la constitution... que la majorité, — non prussienne en majeure partie, — de cette Chambre a essayé d'imposer à ma patrie. » Conclusion : allons-nous-en.
La Chambre ne tint aucun compte de cette proposition simpliste et passa à l'examen de l'acte additionnel. Bismarck se leva pour demander le remplacement de l'expression d'£//i/)ire (illeniand par celle d't'nion allemande , « plus exacte pour une Confédération d'États qui ne comprend pas encore la moitié de l'.'MIemagne... Si nous laissons subsister de semblables