Sybel. Loc. cit., l. II, p
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vice de la Diète, furent blessés, et aussi un cheval de trompette prussien qui devint légendaire et fit la joie des journaux étrangers.
Le combat n'était pas grave. Mais l'Autriche comptait en tirer parti. Prokesch exige du roi la déclaration que l'incident s'est produit contre son gré, réclame le changement du général GK»ben, menace de demander ses passeports. Manteuiïel télégraphie à Vienne pour accorder la majeure partie de ce que réclame Schwarzenberg, demande une simple garantie sur la durée de l'occupation fédérale, recommande la prudence à Grôben. Schwarzenberg résiste d'abord ; sur de nouvelles supplications de ManteulTol, le 11 novembre, il invite la Diète à accorder la garantie demandée par la Prusse sur la nature et la durée de l'occupation fédérale, mais il avise l'ambassadeur prussien que c'est sa dernière concession. Il jouait i'i roup sûr : à co moment, le prince GortschakofT arrivait à Francfort pour reconnaître au nom de la Russie la légitimité de la Diète et afTjrmer la solidarité des cours de Vienne et Pélersbourg.
La Prusse n'avait qu'à s'exécuter.
Elle devait commencer par dissoudre l'Union allemande. Le Collège des Princes est réuni le 15 novembre; le délégué prussien, BQlow, essaye de représenter « les libres conférences » comme le meilleur moyen d'aboutir à l'unité allemande; pour les faciliter, on dissolvait l'Union, mais la Prusse engageait néanmoins ses alliés à lui envoyer leurs conlingenls à première réquisition. Les délégués, invités h approuver cette dissolution, objectèrent qu'ils n'avaient pas de (wuvoirs; mais les j)rinces comprirent; le grand duc de Bade déclara le 23 novembre qu'il considérait l'Union comme abandonnée ; les autres suivirent ; ils se sentaient joués.
Ilestait la question du Molstein ; le ministère aurait volon-
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tiers concédé loules les réclamations de l' Autriche. Il est facile de s'en convaincre en lisant les hymnes à la paix que Manteuffel entonnait le 8 novembre 1850. Mais il fallait compter avec le roi et le Parlement, représentant de l'opinion publique.
Le roi trouvait amère la soumission à l'Autriche et ne dissimulait pas son opinion. Il avait écrit à Radowitz une lettre si chaleureuse qu'elle avait permis de croire au prompt retour du général aux affaires et que les ministres avaient pensé à donner leur démission. Il espérait toujours du ciel quelque secours inopiné et envoyait Radowitz à Londres pour sonder le gouvernement anglais sur son intervention en cas do guerre : le missionnaire lut doucement éconduit. La Russie était hostile, le prince Louis Napoléon passait pour capable « de chercher la couronne impériale dans la cathédrale de Cologne * », et Gerlach conseillait de se réconcilier avec l'Autriche pour tomber sur la France*. Il n'y avait d'alliance possible qu'avec le roi de Piémont, qui n'était pas de taille suffisante, ou avec la « démocratie », c'est-à-dire avec la Révolution. Car Frédéric-Guillaume IV était arrivé dans cette impasse que l'honneur prussien était invoqué et défendu par le parti de la Révolution, et la soumission conseillée par les conservateurs et les militaires. Mais Gerlach veillait et surveillait le roi. Et on pouvait compter qu'à l'heure voulue il convaincrait l'hésitant monarque.
Il fallait s'assurer le concours des Chambres, convoquées pour le 21 novembre. Un bon avocat du gouvernement devait prouver à la majorité la nécessité de passer sous le joug autrichien. Bismarck fut chargé de ce rôle.
Otto de Bismarck avait passé le mois d'octobre à Schôn-