Bismarck. Briefe, p. 218. Gerlach. loc. cit., p
3. Sur les conférences d'OlmQtz, Paul Mattèr. L'Incident d'Olmiitz. Revue historique, novembre 1904.
rendre auprès du prince pour reprendre les négociations de Varsovie. Le 24, le comte Stolberg était parti pour sonder Schwarzenberg h cet effet.
Le 25 novembre, ù la réception de l'ultimatum, Manteuffel télégraphia à Stolberg d'abord, k Schwarzenberg ensuite pour insister sur l'urgence de sa visite; il proposait comme base de négociation le mémoire ministériel apporté par Brandenburg à Varsovie, en y ajoutant la prompte réunion des libres conférences qui trancheraient les questions de la Hesse et du Ilolstein. Manteuffel comptait |)artir le soir même. Il attendit toute la nuit. La réponse n'arriva que le 26 au matin. Le prince ne consentait à recevoir le ministre berlinois que si la Prusse évacuait auparavant Cassel et laissait libre accès sur les routes d'étapes. Manteuffel télégraphia que c'étaientlespoinlsmômesà négocier et insista pour être reçu avant la retraite des troupes prussiennes. A ccmoment arriva une dépêche de Grôben annonçant que le prince de Taxis menaçait d'avancer par force. Le conseil des ministres se rendit auprès du roi ; Frédéric-Guillaume suggéra une idée singulière ; il avait rédigé une lettre de sa main à l'empereur François-Joseph ; il y joignait une épllre de la reine à sa sœur, l'archiduchesse Sophie ; toutes deux étaient conçues en termes conciliants et de nature, espérait le monarque, à influer heureusement sur les relations politiques ; il proposait à Manteuffel de porter ces lettres. Schwarzenberg ne pouvait refuser d'être l'intermédiaire et de recevoir jiinsi le ministre prussien. Ce procédé ne convenait guère à Manteuffel; on laissa tout en suspens.
Le soir, vers 10 heures, arriva une dépêche de Bemslorff, ambassadeur de Prusse à Vienne. Sehwarzenbei^ ne refusait pas l'entrevue, mais avait consulté l'empereur. Bernstorff espérait avoir réponse encore le soir même. A onzr heures, Manteuffel était h bout de forces ; il t<'>légraphia à Bernstorff
que, sur la demande spéciale du roi, il se rendait à Olmiilz avec des lettres des souverains. Une heure après, arrivait un nouveau téléfçramme de BcrnstorfT; d'ordre de l'empereur, Schwarzenberg serait à Olmiitz le 28 '.
Le prince avait cédé, non sans peine, mais à la volonté formelle de François-Joseph.
Mantouffel partit le 27 novembre avec le comte Eulenburg et Abcken ■. Le 28 au soir, il rejoignait à Olmiilz le prince de Schwarzenberg; celui-ci était accompagné j)ar l'ambassadeur de Russie à Vienne, baron Meyendorff, comme pour manifester que le tzar secondait la pohlique autrichienne. Les négociationscommencèrentde suite, elles furenldifficiles; au milieu de la nuit, Manteuffel avait « peu d'espoir» ; Schwarzenberg le pénétrait de terreur pour plus en obtenir. Dans la matinée du 29, les deux ministres signaient un projet de compromis : dans son ensemble, c'était le triomphe de la poHtique autrichienne. Manteuffel avait largement interprété les instructions qu'il avait reçues et abandonné le programme de Varsovie. Il obtenait le règlement des questions de Hesse et de Holstein par des commissaires d'Autriche et de Prusse ; cette concession aurait pu ôtre importante si la Prusse avait eu la volonté et la force d'imposer son opinion, mais elle manifestait sa faiblesse en cédant sur tout le reste, notamment sur ce que le roi avait considéré comme « la pierre angulaire » de sa politique ; l'occupation exclusive de Gassel et des routes d'étapes; un bataillon prussien était autorisé à rester à Gassel pour assister en témoin attristé à l'exécution fédérale. Les conférences ministérielles, acceptées déjà par Schwarzenberg à Varsovie, devaient s'ouvrir à Dresde au milieu de décembre.
1. Peut-être ce télégramme fut-il expédié avant la réception de la dernière dépêche de Manteuffel.