Bvmarck député 18^7(851. p. 290 et 8uiv
i. Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p. 94 à 98.
MAtru. — BiMnwck. !• — 18
r74 BISMARCK
un grand Etat, — et c'est par là qu'il se dislingue essentiellement d'un petit Etat, — c'est l'égoïsme politique et non pas le goût romantique, — et il n'est pas digne d'un grand Élat de se battre pour une cause qui n'est pas inhérente à son propre intérêt. Eh bien. Messieurs, montrez-moi ici un but digne de la guerre, et je voterai avec vous.
« Il est aisé pour un homme d'État, soit dans son cabinet, soit à la Chambre, de souffler avec le vent populaire dans la trompette guerrière, de s'échauffer ainsi au coin de sa cheminée, ou de tenir des discours tonnants à celte tribune, puis de laisser le fusilier, qui verse son sang sur la neige, décider la question de savoir si le système du guerrier en chambre remportera ou non gloire et victoire. Il n'y a rien de plus facile que cela ; mais malheur à l'homme d'Etat qui ne trouve pas pour faire la guerre une raison qui soit encore valable aussi après la guerre !
« Je suis persuadé. Messieurs, que vous envisagerez les questions qui nous occupent aujourd'hui tout autrement au bout d'une année, quand vos regards, se reportant en arrière, verront se dérouler une longue perspective de batailles et d'incendies, de misères et de douleurs, de 100.000 cadavres et de cent millions de dettes. Aurez-vous alors le courage de vous approcher du paysan sur les ruines de sa ferme incendiée, du soldat estropié par la mitraille, du père qui a perdu ses enfants, et de leur dire : « Vous avez beaucoup soulfert, mais réjouissez- vous avec nous, la Constitution de l'Union est sauvée, Hassenpflug n'est plus ministre, notre Bayrhofer ' gouverne la Hesse. » Si vous avez le courage à ce momentlà de parler ainsi aux gens, alors commencez cette guerre. »
Et Bismarck montre que toutes les grandes puissances ont