‹ Bismarck et son tempsChapitre 10 sur 270 · Auê dem Uben KSnig KarU oon Rumanien, t. I, p · texte numérisé non relu

Auê dem Uben KSnig KarU oon Rumanien, t. I, p

3. A. Forbea. The life of SnpoUon IJI, p. 263 ; Da Carnola, Met of Ihe Duke de Saldanha, I. II, p. 40a.

I. Benedelti au minialrc des AITaires ëtrangËres, 11 mai iS€9.

Uatt». — Usnarck. m. — 3

Urer cette concluBioQ : Benedettl qu'il y avait secret en cours, Bifitnarck que la France s'opposerait à la candidature d'uii prince allemand au trône d'Espagne avec tant d'éoei^îc qu'elle irait jusqu'à la guerre.

Avec cette conversation se termine la première phase de rafTaire Hohenzollern ; le gouvernement provisoire fit-il au prince Léopold une offre fennc ' ? Se boma-t-it à engager de simples pourparlers? La seconde hypothèse semble la plus vraisemblable-. Pendant quelques mois, la candidature de Léopold resta dans l'ombre, on en parlait encore, mais olBi^ieu3ement*, et le prince Si^journail en Roumanie chez son frère, aussi loin de TEscurial de pensée que de distance.

L'affaire reprit en septembre, et très vivement. Salazar, le député Ubéral et l'auteur du libelle de février, tenta de renouer un lîl qui semblait brisé ; après s'être entretenu à Vichy avec Prim, qui était plein de perplexité, Salazar se rendit à Munich pour demander h l'ambassadeur prussien, Werthern, qu'il avait connu en Espagne, de le présenter au prince Antoine de HohenzoUem. Le baron de Werthern était un diplomate prudent et un fonctionnaire soumis ; il est incontestable qu'il prit l'avis de son chef avant de se livrer à une telle démarche \ Bismarck n'était pas homme à tolérer pareille incartade d'un subordonné, Usedom pouvait l'attester. Ayant reçu l'approbation de son ministre, ^^'e^them sollicita le 17 septembre une audience secrète du prince de Hohenzol-

I. Sybel. Die Begrandung des deuUcken Hfic/u, t. VII, p. S13.

!. Lt'ltre d'un banquier berlinois au maréchal Serrano, U juillet 1869, Pirala, UiHoria conlemporanea, t. ll[, p. 392.

3. Rallilef. Zur Frage tiach Bismarckt VtrhaUtn in dtr Vorgesekiekte des deitttch-franzôsisclKn Krieijes, p. iS et suiv. Klein-HalUngen. Biamarck und leine Welt. t. [l, p. 6CW, n. 1. D'aprts Sybel, Die Begrandung. l. VI, p. 136. n. 1 et Keudell. BismartJi et ta famille, p. iOi et suiv., SUmarck n'aurail appris ces démarches qu'en février ou juillet 1S70 ; cette aBMrUon est aujourd'hui controuvée même on Allemagne.

LA CAKDIUATURE UOUKNZOUERM 19

lem qui séjournait au château de la Weinburg avec sea trois fils '. AdmÏB à cette audience, Werthern demanda au prince Antoine l'autorisation de lui présenter Salazar « qui venait pour proposer à son (ils Léopold la couronne d'Espagne > . La négociation ne fut point facile ' ; le prince héritier hésitait, pris entre le désir de tenter l'aventure et la douceur de vivre dans sa tranquille principauté ; c'était laluttede Don Quichotte et de Sancbo Pança ; l'homme timoré demandait un vote unanime des Corlès, et Salazar, qui ne pouvait le lui garantir, se tourna vers son frère, Charles de Roumanie. Celui-ci se récria : il était à un devoir d'honneur dans sa principauté : il ne l'abandonnerait pas. Et Salazar retourna en Espagne sans avoir pu obtenir du prince Léopold une réponse définitive.

L'afEaire entrait dans une seconde phase de sommeil. Salazar espérait encore la tirer d'une léthargie définitive, et, au mois d*octobre, il publia à Madrid une lettre où il exposait à nouveau tous les avantages de son favori'. Mais le gouvemeincnt espagnol était engagé dans d'autres voies : il proposait la couronne de Charlee-Quint au duc de Gènes, neveu du roi d'Italie, et il avait quelques raisons de penser à un prompt couronnement.

Brusquement, tout s'eflbndra : le 3 janvier 1870, Victor- Ëmmannel refèsa, au nom de son neveu, le trône en déshé-

\. Atu dem Leben KBnig KarU von Humanien, 1. Il, p. 5 et suiv. Certaines contradictions dans les dates permettent de croire que le joamal da prince a ëlé remanié après sa rédaction. E. Harcks. Kaiitr Wilhelia I, p. 401.

l. Werlhern a lail 6 ce sujet des conQdencea A Sybel qui les a reproduîlea daas Die BegrOndung, t. VI[, p. S47 et Neue MiittUiitigtn, p. 58.

3 Cetl« tetire a et* traduite par Hirlh. Tagebuch des deutiah-fi-a'aOn- Khen Kriegei.t-l- col. 9c( suiv.

rence, et derechef l'Espagne se trouva veuve de roi. Prim, désespéré, revient alors au projet Hohenzollern et l'infatigable Salazar reprend le chemin de l'Allemagne. Mais, instruit par l'expérience, il tente de vaincre les hésitations du prince Antoine par la décision du gouvernement prussien : le 17 février, il part pour Berlin avec des lettres de Prim au roi, au kronprinz, ft Bismarck.

Le roi Guillaume ne s'attendait à rien de tel et la lettre de Prim « lui tomba comme un éclair d'un ciel serein ' » ; récemment encore, « il plaisantait avec le prince Léopold » sur son ancienne candidature et tous deux se réjouissaient du refus : maintenant la question était brusquement reposée. Le roi demeurait perplexe, résolu en tous cas à ne point transformer la candidature Hohenzollern en négociation ofTicielle pour le gouvernement prussien, mais h lui conserver un caractère d'affaire de famille. Le prince Frédéric-Ouillaume trouvait incertaine la situation en Espagne, et, loin d'encourager le prince Léopold, il l'averlissail avec douceur que le gouvernement prussien n'aurait pas toujours intérêt à intervenir en E^spagne'. Le prince de Hohenzollern et son fib hésitaient, découragés par la prudence du roi, les réserves du kronprinz, l'hostilité de la France '. Alors intervint Bismarck avec le feu de sa nature puissante et résolue.

Au contraire de son maître, il considérait la candidature du prince Léopold comme une chose d'Etat, non comme une affaire de famille'. 11 l'envisageait comme utile à son pays,

1. Le roi Guillaume b Bismarck, 26, février 1870. Xoimc WiUittm I unil

Bismarck, p. 207,

2. Bismarck en avisa lui-même plus lard le candidal avec franchise. Wcrlhern. General von Versen, p. 8S.

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