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saîentleurs signatures au bas du traité de paix. Nul n'y peutcontredire, les clauses de là convention de Versailles étaient lourdement aggravées', par les modalités du paiement de l'indemnité de guerre, le droit de réquisition donné aux troupes allemandes, les conditions commerciales que l'on croyait alors favorables à l'Allemagne, les dispositions relatives aux Alsaciens-Lorrains, dispositions confuses, prêtants l'équivoque et aux conflits, les stipulations en faveur des Allemands expulsés de France ; seul, Belfort était heureusement traité. C'était un nouveau succès pour la diplomatie allemande, mais le moins glorieux et le plus facile, car elle profilait d'un nouveau malheur du vaincu pour modifier des préliminaires loyalement signés. La France dut céder, contrainte par une inéluctable fatalité.
Le 12 mai, Bismarck entra dans ta salle du Reichstag; on délibérait sur une loi postale ; en apercevant la haute stature du chancelier, toute l'Assemblée se leva d'un seul mouvemenl ; sans se troubler, il prit la parole ; de sa voix un peu hésitante et saccadée, il expliqua les difficultés que la signature défînitive avait rencontrées depuis l'insurrection de la Commune, les points à traiter, les négociations de Francfort, les clauses du traité. « Je ne puis supposer, dit-il en terminant, que ces arrangements personnels satisferont les vœux personnels de chacun en particulier ; un tel résultat n'est pas possible quand il s'agit de règlements d'une si grande importance entre deux peuples. Rompre des liens anciens, créer de nouveaux liens, cela ne peut jamais se faire sans pertes et sans préjudices pour les affaires ; mais je crois que nous avons ainsi obtenu de la France ce que, raisonnablement et d'après les traditions
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qui ont s.ervi de bases à d'autres traités de paix, nous pouvions demander... J'espère que celle paix sera durable et féconde et que nous n'aurons pas d'ici longtemps A faire usage des garanties que nous avons acquises pour nous assurer contre toute nouvelle attaque'. » Un unanime «,hurrah » couvrit ces dernières paroles.
Les trois États du Sud, Bavière, Wurtemberg, et Bade, qui avaient participé à la convention de Versailles, acquiescèrent le 15 mai au traité de Francfort. Malade, nerveux, Bismarck harcelait le gouvernement français de télégrammes réclamant la raliflcation. Par un discours vibrant de patriotisme éclairé, M. Tbiers demanda à l'Assemblée nationale , d'accepter le traité, ce qu'elle fit à une forte majorité. En informant le Reicbstag de ce vote, le 19 mai, Bismarck annonçait le procbain échange des signatures*. 11 parlait le soir même pour Francfort.
Les négociations durèrent encore deux jours, et, sur certains points de détails, les délégués français obtinrent quelques avantages ; la Commune était réprimée, la France retrouvait sa force ; Bismarck eût voulu intervenir en faveur du gouvernement français, avancer les troupes allemandes sur Paris; Jules Favre déclina la proposition avec politesse, et se fit un malin plaisir, le 21 mai, de communiquer au chancelier le télégramme de M. Thiers annonçant l'entrée des troupes dans Paris. Le grand homme marqua quelque étonnement et mêm e un certain dépit* : la France se relevait sans son aide. Le même jour, à quatre heures, on échangeait les signatures de ratification. Le chancelier était « radieux » ; ce traité était son