Comte de Beust. Mémoires, t. II, p. il
i. Bismarck auministËre de la Justice, M. Leonhardl, t septembre ISTt. Neue Preutaiache Zeitung du 10.
3. Bapport de M. de Beust â l'empereur François-Joseph, septembre
ministre, en intervertissant scrupulement l'ordre des Empires. Ainsi la Triplice devait servir un peu à la paix de l'Europe et beaucoup à la suprématie de FAilemagne. M. de Beust parut le comprendre et ne dissimula pas assezson impression.
Le 7 septembre, les deux empereurs se retrouvèrent à Salzbour^, pour de nouvelles fêtes et un nouvel «^change d'uniformes; mais ici un nouveau personnage entra en scène; dans son luxueux costume magyar, tunique rougeà soutaches, culottes collantes, bottes à l'écuyère, aigrette au bonnet, avec son visage énet^que et son regard profond, le comte Andrassy, président du Conseil des ministres hongrois, attirait tous les regards '; Bismarck le considéra, s'entretint avec lui, et, malgré le costume, cet homme lui plut, parce que Hongrois; il avait pour les Magyars une sympathie sincère, née .de ce qu'ils forment la population orientale de l'Empire austrohongrois, et n'ont aucune visée sur les affaires allemandes. Tourner l'Autriche vers l'Orient, pour la détourner de l 'Allemagne, tel était dès lors le thème de la politique autrichienne de Bismarck. Il lui convenait donc que le chef de la politique austro-hongroise fût un Klagyar, homme d'Orient, dépourvu de toute ambition sur l'Allemagne. Les fêles de Sali^urg furent splendides; sur les collines d'alenlour, brillaient des feux de joie*; des fusées s'élevèrent, brillantes, dans le ciel pur ; puis tout s'éteignit : l'extinction des feux marqua la retraite de M. de Beust. Six semaines plus lard, il recevait son congé. Faut-il rapprocher ce départ et l'entretien de son successeur, Andrassy, avec Bismarck ' ? Un vieux texte latin dit qu'il ne faut pas être trop curieux.