‹ Bismarck et son tempsChapitre 112 sur 270 · Abeken. Ein schlicMea Uben. p · texte numérisé non relu

Abeken. Ein schlicMea Uben. p

î. Keudell. Biymarct et ta famillt, p. tt5, t46.

3. Une année plus lard, l'empereur Franco! s- Joseph dil â Beusl qiie ■ Satzbourg avait élË son linceul ». Comte de Beust. M^moirea. t. Il, p. 49»,

Fatigué de ces (%tee, Biamarek rejoignit la pnncesse & Reichefihall pour y prendre quelque repos, tandis que l'empereur Cruillaume se rendait tt Bade. Le 19 septembre, le chanceUer rentrait à Berlin.

Le printemps et l'été de 1871 avait consolidé l'œuvre de l'hiver : la constitution allemande avait été adoptée par les peuples telle qu'elle avait été rédigée par les princes; le traité de Francfort avait alourdi pour le vaincu les charges imposées par les préliminaires de Versailles; l'accord avec la (tuBsie, compromis depuis quelques mois, était raFTermi, et le r^prochemenl avec l'Autriclie assurait à l'Allemagne la direction du « boulevard » européen. Tout cela était bien l'œuvre de Bismarck, et le vieux Guillaume avait raison d'écrire « que le monde reconnaissait l'action du chancelier sur les afTaires de l'Europe et de tout l'univers ' ». Mais c'^ait une œuvre lourde, autoritaire, née de combats et créatrice de combats : la guerre se préparait dans le sein mèmu de l'Allemagne et elle était toujours une menace sur la frontière française.

CHAl'ITUE IX LE EULTURKAHFF

PËHiaDE ASCKKDANTIt j

1 1. Cadsb» it onionns. — IjC conilit de deux eeprite. — Les groupements catholiques en Allemagne. La Confédération du Nord et le particularisme religieux du Sud, — Lee premièroa luttes parlementaires : le Centre. — Pie IX et sa tendance théocratique. Émotion en Allemagne. — La foi de Bismarck el ses principes d'autorité laïque. Les empiétements de r£glise. — Le concile du Vatican : le dogme de l'infaillibilité. — Les Vieux Cathûtigucs. — Rome capitale. — L'intervention des archevêques.

— La demande de garanties religieuses. — Les causes profondes du Kulturkampf.

I II. PnEMiBRS COMBATS. — Le parti du Centre. H. Windthorsl, ses lieutenants et ses alliés: l 'extrême-droite. — Les premières escarmouches ; débats sur l'infaillibilité du pape. — OfTensivc de Bismarck. Suppression de la division catholique, dispositions pénales contre le clergé, inspection laïque des écoles. — Effet de ces menaces. — Départ de M. de Mûhler ; N. Falk au ministère des Cultes. — Protestations et premières jioursui te s. Discours de Bismarck. — La loi prussienne sur l'inspection des écoles : intervention de Bismarck aux deux Chambres. — La loi d'expulsion dee Jésuites. — " Nous n'irons pas à Canossa, ■■

— Bismarck à Varzin. — Combats, condits et poursuites.

% in. Lm lois de mai 1S73. —Isolement de Bismarck. Les partis Sa décision d'abandonner la présidence du conseil prussien Roon, chef du cabinet. Bismarck, récidiviste d'autorité. — les lois de mai 1873 : les modifications constitutionnelles ; l'instruc. Uon et la nomination des ecclésiastiques : ie po plinaire; la correction ecclésiastique; û lit>ertéde — Premiers débats : le Centreet leaKvangéliques. Les voles. Abstention de Bismarck à la Chambre des députés, ses di cours aux Seigneurs. Promulgation des premières lois de mt

Les protestations et le mouvement polonaiB. M^'' Ledochowski. Intervention de Pie IX. — La lutte générale. — Retraite de Iloon.

% IV. En plein combat RELiotEL'x. — Les élections allemandes : accroissement des partis extrêmes. — Le mariage civil. Opposition de Guillaume, Discaurs de Bismarck. — Les lois de mai 1874; l'interdiction de séjour; l'administration des diocèses vacants; la nomination des ecclésiastiques. Abstention de Bismarck. — Hésistance du clergé : les poursuites. — Les évangélisles. Les Vieux Catholiques. L'agitation en Bavière, k Bade, a l'étranger. — Bismarck à Kissingen; attentatKullmann : son retentissement au tteichstng. Interpellations et interruptions. L'incident Majunke : démission de Bismarck et refus de l'empereur, — Encyclique du 5 février 1875. — Les lois de 1875 : les modifications constitutionnelles; les suspensions de traitement; l'administration du patrimoine ecclésiastique; la suppression des congrégations; les biens des Vieux Catholiques. Uiscoursde Bismarck et vote.

g V. Affaiubs de shcond plan. — La réforme administrative. Itésislance des seigneurs. Acquiescement des députés. Fournée de seigneurs. — L'Alsace-Lorraine : prolongation de la dictature; loi d'organisation constitutionnelle; les élections alsaciennes. — La fixation de l'efTectif militaire. Conflit de l'étatmajoretdu Beichstag, Inquiétude de Bismarck. Un compromis: te septennat. — L'afTaire d'Arnim.

Comme les Jeunes enfants, les jeunes Empires sont guettés par d'inévitables maladies. Leur naissance a donné lieu à de tels combats, lésé tant de droite acquis, brisé tant d'espél'ances, que les mécontents restent nombreux, décidés à exprimer leur rancune. Après la tempête, le flot ne s'apaise que lentement et parfois une dernière vague déferle, menaçant de détruire les travaux du port. Après trois guerres et dix ans de combats intérieurs, tous désiraient la paix en Allemagne, et une nouvelle lutte naquit du combat de deux esprits, la pensée catholique et l'idée libérale.

Outre de nombreuses paroisses, éparses partout sur son

LE KULTURKAHI'P S91

sol, la Prusse comporte deux groupes catholiques, denses et puissants : l'un à l'Ouest, dans tes provinces du Rhin et parmi une population patriote et dynastique, l'autre à l'Est, dans les anciens États polonais et parmi une population restée profondémenl attachée à sa langue, à sa race, aux souvenirs de son indépendance perdue. Pendant la période de 1848, — à laquelle il faut toujours revenir lorsqu'il est question de l'unité allemande, — l'Église catholique s'était montrée une puissance essentiellement conservatrice', a C'est à la fidélité de mes sujets catholiques que je dois la conservation de mon trône », disait plus tard le roi Frédéric-Guillaume IV, et il les récompensa en accordant parla Constilulion de 1850 la plus grande liberté à leur Eglise. Quinze ans de paix rcU- {peuse suivirent, dont l'Eglise catholique profita pour pousser de tous côtés des pointes audacieuses : missions et ordres monastiques, cercles de Pie, de Saint- Vincent, de Saint- Boniface, établissements de Jésuites, c'était la conquête pacifique du pays de Luther'. La guerre de 18t)6 ranima les haines religieuses.

Le grand combat de l'Autriche et de la Prusse prit un caractère confessionnel. « Notre armée a une grande mission à remplir, écrivait la Gazelle de la Croix en mai 1866, elle lutte pour notre liberté religieuse », et tous les États catholiques, Bavière, Bade, combattaient à côté de l'Autriche. Sadowa marqua la fin des conquêtes de l'Église, avec le départ de la cafhoUque Autriche, et déplaça le centre confes-

1. Sur celle période, vicomle H. Begouen. La Prune et l'Egliat catholique de 18)5 ù 1870. Dans les Annales de CEcoU des Scieneei poUtiquea, ISSH. p. 534 (favorable A l'eeprit catholique).

!. Sur cesefTorls calholiqiies, Denis, la fondation de l'Empire allemand, lBSî-iSH,K\ son chapilre dans le I. MI de Lavissc et Rambaud. Histoire centrale, p. 348 el suiv, cf. et en sens coolrairc. G. Goyau. Le$ originel du Kullarkampf. Dans la Revue des Deux Mondes du 1" avril 1907.

aioDiiel enAUemagoe : les États du Sud, la Bavière surtout, se cantonoaient dans un exclusivisme jaloux où les ullramontains chercbaient leur dernier r^uge ; la Confédération du Nord tétait acquise au protestaoUsmc, et même dans certains chapitres et facultés catholiques soufflait un esprit nouveau qui les écartait de Rome. DèB lors s'engagea le combat pour la tt culture », le Kulturkampf.

Le gouvernement prussien, craignant pour le travail unitaire, s'efToi-ça de conserver une stricte neutralité et dut souvent résister à la pression du Parlement. En octobre 1867 et en avril 1868, le Reichstag invitait le chancelier b déposer uu projet de loi sur le mariage civil ' ; en 1 868, le parti nationallibéral demandait à la Chambre prussienne la suppression partielle des monastères; en 1869, les élections reflétaient les inquiétudes religieuses du pays, et, tandis que le parti libéral obtenait la majorité relative, une minorité se formait sur un programme catholique : c'est le noyau du centre futur, qui luttera pendant dix ans au nom de l'Eglise. En février 1670, malgré les efforts de ce parti, une loi restreignait les droits des personnes morales et subordonnait la validité des donations en leur faveur à l'autorisation de l'État. Ainsi se manifestait en Allemagne lecondîtdesdeuxécolcSjels'alïirmait la volonté populaire d'écarter l'Eglise de radmimstratioo civile.

En même temps, i'espril de Rome était & l'auUrrilé. Pie IX, âme forte, volontaire, passionnée, affirmait le droit de son Eglise de conduire avec les âmes la vie même des peuples. Dès 1864, l'Encychque et le Syllabus posent en principe que l'Église romaine et le pape, son représentant, tiennent de Dieu un pouvoir sans limites ni contrôle, et qu'aucune loi des hommes n'y peut porter atteinte. En juin 1868, la convocation

Page 1