Cr. supra, (. I, p. 3dS e( t, 111, |i
4. V. Helnecke. Bismarcks EinlHll in de» chrisllinb-germamscheii Kreis. aisloritche Zeilschrift. t. 90 (1903] p. 9) ,
Dig zec.yGOOgk-
que 9on pasteur se soumit fidèlement au ^uvernement du
prince.
Il se tint, au début de la crise, à ce principe de stricte neutralité; il ne l'abandonna que lorsqu'il vit, ou crut voir l'Église empiéter sur les droits de TEtal, chasser sur des terres où elle n'avait point bail. 11 aperçut partout les menées do l'Eglise, — parfois à tort, souvent avec raison. 11 les vit dès son séjour à Francfort dans l'Iiostilité hautaine de l'Autriche envers les cours protestantes; il les retrouva toutes-puissantes dans le conflit des deux grandes puissances de l'Allemagne en 1866; il les distingua dans l'obstination de la Bavière à refuser l'unité allemande ; il les dénonça dans la préparation de la guerre par M. de Gramont, dans le projet d'alliance austro-français'; il les découvrit, en Prusse mémo, dans la formation d'un nouveau parti, tout ensemble catholique et indépendant, dévoué au pays et adversaire de Bismarck, c'est-à-dire deux fois dangereux. Trouvant ainsi l'Église sur son chemin, il fonça sur elle de toute la force de son tempérament, décidé à la briser, non par principe de dogme, mais par nécessité de gouvernement. Car il était exclusivement homme de gouvernement, et, s'il laissait les dogmes aux prêtres, il leur refusait l'administration de l'Etat. Telle fut sa conduite dans le Kulturkampf.
En 1869, il entrevoyait le prochain combat des deux écoles spirituelles, et 'dans sa réponse au ministre bavarois, lout en affirmant sa stricte neutralité, il promettait de mettre en garde les évêques prussiens contre « le parti qui, à Rome, tend avecdêcision à détruire la paix religieuse et politique de l'Europe, dans la conviction fanatique que les souffrances générales qui proviendront de ces déchirements accroîtront le
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crédit de l'Église' », Cette sévère critique répondait à l'opinion allemande ; même parmi les catholiques, beaucoup se prononçaient contre l'infailUbilité ; un savant de Munich, M. deDœllinger, déchirait avec force la thèse ultramontaïne'; des pétitions circulaient pour l'appuyer dans les villes catholiques, à Cologne, Braunsberg, Prague, Breslau, MUnster. Au Concile même, les évêques allemands combattirent tes propositions intransigeantes et furent delaminontélibérale.Onsait le combat du Vatican et ses suites: le 13 juillet 1870, le Concile proclamait l'infaillibilité du pape. Le même jour, Bismarck envoyait la dépêche qui déchaînait la guerre entre la « fille aînée de l'Église » et la première puissance protestante du continent.
Le dogme nouveau n'est pas accepté par tous en Allemagne : les évéques s'inclinent et se soumettent ; mais dans le parti cathoUque un groupe se forme, qui proteste contre l'infaillibilité en se fondant sur la parole même du Maître et en appelle du pape à Dieu. C'est un nouveau schisme en préparation, une nouvelle réforme, et, pour affirmer leur intention de rester dans l'Église primitive, ces croyants se dénomment les Vieux-Catholiques : à leur tête se trouvaient M'' Reinkens, chanoine de Breslau; Ignace de Dœllinger, professeur à Munich, et une phalange de prêtres indépendants, d'universitaires pieu.x; mais ce fut une tête sans corps; même dans ses beaux jours, appuyée de toute la faveur dû gouvernement, cette phalange d'élite ne pénétra point dans les
1. Bismarck au prince de Hohenlohe, U aodt 1869. Les documenta relatifs au Eullurkampf sont recueillis eo IrËs grand nombre dans deux ouvrages, l'un libéral, Uahn, Geaclùchtt dis Calturkampfta in Preusaen (1881); l'autre catholique et en réponse au précédent, Schulte, Geachichie dta KuUurkampfes in Preussen {1883). Cf. aussi les nombreuses pièces lues par Bismarck ou publiées en suite de ses discours.