Le pape Pie IX b l'empereur Guillaume. 6 mars
2. Bismarck an comte Prankenberg, tajain 1871. Uebn Mrtl Wmorct, t. il, p. 3W.
3. M, deMQbler, ministre desCulles.arëvâque d'Ermeland,S9 juin tS71. 1. Le.yutfaBseitrl.delicBUiiigerA rarchev^ueile Munich, 38 mars 1871. 5. OnckcQ. iiai Zeilaller des Kai»er$ WiUtelm, t. U, p. iSI.
Bismarck, alors, jugea que l'Étal laïque était menacé par l'Église romaine, et, conformément à son caractère, il prit l'ofiensive. Dès le mois d'avril 1871, il annonçait que^la tendance agressive du nouveau parti l'obligerait probablement à devenir lui-même agressif. En juin, après la clôture du Reichstag, l'incident de Braunsberg lui parut favorable pour son intervention, et l'évëque a3'ant répondu au ministre en excommuniant le professeur, Bismarck résolut de porter le premier coup.
Il existait au ministère prussien des Cultes une division catholique, chargée de l'organisation en Prusse du culte catholique et des rapports avec le Vatican. Composée de fonctionnaires catholiques, inamovibles en fait, sinon en droit, elle avait acquis une grande autonomie, soumise au roi par la fonction, au pape par la conscience, indépendante par cette contradiction même. C'était « un Étal dans l'État », le mot est de Bismarck'. Le chancelier résolut de briser ce no}'au d'opposition. 11 croyait encore à l'appui des conservateurs et se servit de la Gazelle de la Croix pour annoncer sa décision. Le 8 juillet 1871 était signée l'ordonnance qui supprimait la division catholique et réunissait tous les services des cultes on une seule direction. Ce fut le premier coup du Kulturkampf.
Dans le recul du temps, celte mesure de combat parait anodine. Sur l'heure, elle produisit un émoi inlense. A la cour même, les partisans de l 'Eglise romaine, l'impératrice Augusta et ses confidents, les louangers du temps passé, prolestèrent à gi-ands cris contre ce coup de hache à l'arche sainte de la tradition. Bismarck laissa passer l'été pour donner è l'émotion le temps de se calmer. Ijoin de s'apaiser, le conflit ne fît que s'accroître, aigri par les incidents de l'été. Le
1. Bismarck & la Chembre des seigneurs, t0marslS73: k la Chambre des dëpulés, 30 janvier 1873, 16 avril 1BT5,
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chancelier se décida alors ô porter de nouveaux coups : au mois de décembre, il fit voterparleReichstagunemodincation au Code pénal, pour punir d'un emprisonnement de deux ans au maximum toutes personnes employées à la célébration d'un culte qui, en public, auraient prononcé sur les afTaires de l'État un discours daiigereux pour la paix publique ', Peu de jours après, le ministre des Cultes, M, de MUhler, déposait & la Chambreprussienne un projet de loi pour enleverouclerçél'inspection des écoles. L'efTel produit par ces mesures fut grand : les réactionnaires, tant protestants que catholiques, rugirent d'indignatJon. (fC'est un sacrilège », clamait le vieux président de Gerlach *, Mais, dans le grand public, ropinion était hostile au clergé, Bismarck se sentait soutenu par la nation, — en réalité elle l'entraînait. II résolut d'appeler un homme nouveau à cette situation nouvelle.
Le ministre des Cultes, M. de Mlkhler, était un vieux meuble que Bismarck avait trouvé en arrivant au ministère. Ce noble débris ne suivait l'action de son chef qu'en gémissant. Bismarck résolut de le reléguer au grenier des accessoires administratifs hors d'usage, mais le sacrifice ne fut point aisé, car le vieux ministre était protégé par l'impératrice, très lié avec Roon, son camarade de combat aux débuts du conflit, sympathique à l'empereur Guillaume. Bismarck' fit appel à la vox populi, et les articles de la presse inspirée découvrirent un Miihler tellement impopulaire que son renvoi fut décidé '; mais encore fallut-il y mettre quelques
t. Loi du 10 dËcembre 1871. Les lois du Kallurkamprsont ireduiles dans ÏAnnumre de Léffitlation étrangère, 1â73 i'( suiv. M. Gërardin en a fait une trës précise analyse dans le BaUelin delà Sociélê de Légalalion comparte. 1887, p. S5 et suiv.