‹ Bismarck et son tempsChapitre 12 sur 270 · LA CANDIDATURE HOHENZOLLERN · texte numérisé non relu

LA CANDIDATURE HOHENZOLLERN

Anloine et Léopotd de Hobeczollem, se tenaient et opinaient Bismarck, Hoon, Moltke, Schleinitz ', Thile et E)e)brflek, c'està-dire les chefs de l'armée et de la diplomatie prussiennes' ; ceci ressemblait à un conseil de guerre plus que de famille. Généraux, ministres, diplomates n'eurent qu'un cri : « 11 faut que le prince Léopold accepte la couronne d'Espace », et comme quelqu'un s'inquiétait de l'hostilité de la France et demandait : « Si Napoléon prend ombrage, sommes-nous prêts », Moltke -te rassura par une énergique affirmation'. Malgré cet avis unanime, les deux pnncipaux intéressés hésitaient encore ; !e roi Guillaume redoutait des complications qui menaceraient la paix, le prince Léopold ne pouvait se décider à jouer un grand rôle, et, à la fin de la réunion, se pp(Hionça pour un refus, mais sans énergie.

Bismarck était mécontent de ces tergiversations et modifia brusquement ses projets : HohenzoUem pour Hohcnzollem, autant valait le cadet Frédéric que rainé Léopold, et, sur son incitation, le prince Antoine télégraphia le lendemain ft son « Frita » qui voyageait dans les environs de Nice, pour lui proposer le trône d'Espagne et l'inviter à revenir sur-lecbamp à Berlin*. Cette dépêche n'atteignit le prince Frédéric

I. Dans une lettre k Bon fils Chartes, du SO mars 1S70. le prince Antoine de IlohcluoUem parle de la présence b ce conseil de ScbteiniU (ministre de la maison du roi) .- pluBîuurs anteurs ont cru & une coquille, et ont tu Schweinitz (ambassadeur à Vienne). Cf. Keudell, loe cit., p. 398. Sclinttie, DU Thronkandidalur Mohenzollerii, p. 11. Mous croyons que la présence de Schleinitz â ce conseil Était non seulement naturelle, mais Indispensable, car il s'agissait d'une décision relative â la Tamille des liohenzollern. • Donner un avis au roi sur de semblables propos est le devoir du minlstn; de la maison royale a, Écrivait Bismarek peu aprts. Pirata. HMoria contemporanea, I. III, p. 392.

!. Leni. Gtackicktt Bismarcks, p. 3i3.

3. Delbrack. Daa Gelieimnm iler Napoleoniscken Poiilik, p. 37. d'après un des assistants qui est à coup sOr te président Delbrfli'k.

4. he prince Antoine de Hohcnzollem à son llls Charles de Roumanie. SO mars 1S70. Ata dem Lebtn Kdnig KarU von Rumanien, t. Il, p. 70. 7i.

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qu'avec un grand retard et le jeune homme témoigna le même genre d'enthousiasme que son aîné : content de son sort modeste, il ne tenait pas & tenter en Espagne une aventure, que l'histoire des derniers règnes démontrait périlleuse. Son père, d'ailleurs, trouvait lui-même la tAche lourde pour le jeune lieutenant, sans expérience des hommes et des aQaireB ; il connaissait les choses d'Espagne, et trouvait nécessaire une réforme complète de l'année, qui rendit impossible les pronunciamentos, une revision de la constitution, une évolution des partis politiques '. Effarouché, le jeune prince Frédéric déclarait qu'il n'accepterait une candidature que sur l'ordre formel du roi ; les conseillers prussiens se retournaient versle prince Léopold dont ils espéraient fléchir les scrupules ; mais le prince Antoine posait de nouvelles conditions : élection par les Cortès à la majorité des deux tiers, garanties contre une banqueroute possible, abrogation des lois anticléricales ; et Léopold hésitait toujours.

Homme de prompte résolution, Bismarck s'étonnait de ces tei^versations ; il pressait sans cesse les princes de Holienzollem de prendre une décision, invoquait la raison d'État et s'irritait de leur résis(ance. Pourlavaincre, il cherchait de nouveaux arguments : il envoyait en Espagne im de ses plus fins conseillers, Lothar Bûcher, et un officier hardi et brillant, au courant des mœurs et de la langue espagnoles, M. de Versent en les chargeant de le renseigner sur l'opinion publique en Espagne. Mais cette mission exigeait quelques jours, il fallait de lapalience, ce qui n'était pas le propre du chancelier fédéral. Sa colère était si vive qu'elle réagissait sur sa santé, il en était malade et se réfugiait ù Varain pour s'y calmer'.

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