Lenz. GeachiohU BUmarcks, p. 3S4 et Guiv
2. Bismarck à Senfft-Pilsach, 20 mars 1373. HoTst Kobl. Bitmarekbritft, I». i78.
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LE KDLTUnEAHl'F SA .
tifmdtci à ane critique d'onke jandiqae, la eommîasioii rédigea la loi qui fut votée la preniëre, la modificatio» ft kt ooii8Uliuti«D de 18&2, et dès le 30 janvier 1873, M. Gneis déposa aoB rapport ' : le 4^ E^rrier, eette prepositioi) fui votée par âU voix eootre 110. Dès lors, le sort de» autres projets étaiteertaÏR : lUfavesi ad«ptésà des majoritésanalog^iMs dans le coorant des mois de février et mars.
Bismarek n'avait pmnt pris part & ces débats; il a boudait» à la seconde Ctnnbre qui maltraitait so» ami Wagcner, auquel luî-naèine demeurait Sdèle '. Il trouvait inutile d'intervenir àata on combat où la victoire étaïl certaine. Mais le sBCcèa était moins sàt à la Chenritre haute, oà les coneerv»teors ultra, les érangâiques comptaieat de nombreux par^ tisans. Là, il crut néccssfùr& de donner de aa personne, et tl prit la part^ le I&omts 1873 dans la discussion sur lapreonère loi, la modification eonetitiitionndle. Son discours compte parmi les pias vigoureux, les plus larges qu'il prononça. Après avoir vivement attacjué la conduite du parti conservateur, il généralisa avee ampleur le débat en cours.
« La question est essentieHement politique, dit-il*. Il ne ^agit pas, comme on l'a bit croire à nos patriotes catholiques, de la lutte d'une dynastie évat^Uque contre l'Église catholique, il ne s'a^t pas de la lutte pour la foi ou rincrédulilé; 3 s'agir de l'antique conflit de pouvoir qui est aussi vieux que l'espêee fammaine, du conflit de pouvoir entre la royauté et la prêtrise, du eoattt de pouvoir qui est beetwoup plus ancien que la venoede notre Sairreur en ce monde, du eon-
1. Les détails de ces votes (InnsWiermann. GeschichU des Kullurkamfftê, p. 90elsDiv.
>. Hem Alltgemeine Zeiluitj, 2t Kvrier 1913. Wagener. Brlebtet, l. Il,
flit ie pouvoir qu'Agamemnon en Aulide eut à soutenir contre les prophètes, qui lui coûta sa fille et empêcha les Grecs de mettre à la voile, du conflit de pouvoir qui, sous le nom de la lutte des papes et des empereurs, a rempli l'histoired'Allemagne au moyen âge jusqu'à la ruine de l'Empire allemand, et dont le terme fut, au moyen âge, que le dernier représentant de l'auguste race impériale souabe périt sur l'échafaud, sous la hache d'un conquérant français et que celui-ci fit alliance avec le pape de ce temps.
« La papauté, ajoute-t-il, a de tous temps été une puissance politique qui est intervenue avec la plus grîmde décision et le plus grand succès dans les choses de ce monde, qui vise h ces immixtions et qui en fait son programme. » Il brosse à larges traits le tableau des rivalités du pape et de l'empereur; dans ce perpétuel conflit, la constitution de 1850 n'a été " qu'un modiis vivendi, un armistice » ; il a plu à l'Eglise, à la suite du Concile du Vatican, de dénoncer cet armistice, d'engager le combat dans la division cathohque au ministère des Cultes, dans les cercles électoraux, partout dans le pays. Le gouvernement eût manqué à son devoir « s'il se fût croisé tranquillement les bras », et maintenant il lui appartient de modifier la constitution de 1850 pour obtenir armes égales. « Dans sa lutte pour la défense de l'Etat, le gouvernement s'adresse à la Chambre des seigneurs, en lui demandant appui et assistance pour fortifier l'État et le défendre contre des attaques et des menées souterraines qui menacent sa paix et son avenir. Nous avons la confiance que cet appui, la majorité de la Chambre des seigneurs ne nous la refusera pas. »
Au contact de ces idées, de ces souvenirs historiques, l'homme d'affaires était devenu orateur, et sa parole, qui ne cherchait d'habitude que la clarté, était montée à l'éloquence.
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Il avait enlevé la Cbambre, et, après de nouveaux appels de Roon et Falk, la première loi fut votée le 13 mars par 93 voix contre 63. Les quatre autres propositions vinrent à leur tour en discussion; les débats ne manquèrent pas de vivacité, et, à plusieurs reprises, Bismarck intervint pour signaler les attaques du parti catholique, pour jusiiHer sa politique envers l'Italie, pour se défendre d'avoir facilité la prise de Rome en 1870. A l'en croire, ses adversaires avaient volontairement préparé le combat. « Ceux que je nomme le parti dominateur et perturbateur de la paix au sein du clergé, savent fort bien ce qu'ils veulent; tis ont dit publiquement : « Vous voulez la guerre, « vous l'aurez ! » Ils prononcent tranquillement le mot de « guerre civile » dans leurs entretiens particuliers. Ils sont les ennemis de l'État, et j'ai le droit de les désigner comme tels. Le parti du centre, dans ses agissements, est une batterie de brècbe braquée contre l'Etat ; les artilleurs qui le servent, les ingénieurs qui l'ont établie, saventaujustecequ'ilsse sont proposé. » Ces gens de mal trouvaient des affiliés parmi les conservateurs, et répondant au reproche de ses anciens amis, le chancelier disait : «Je ne me suis point détaché du parti conservateur, je suis resté uni à lui ; une fraction s'en est séparée, sous la conduite de chefs éloquents..., comme un coquillage se détache du navire aux flancs duquel il était attaché, et maintenant elle flotte sur la mer, çà et )à, sans gouvernail. »
Sous la poussée de Roon et de Bismarck, les seigneurs acceptèrent toutes les lois; Guillaume les signa les 11, 12, 13 et 14 mai ; elles parurent au Staatsanzeiger du 15.
Les lois de mai soulevèrent dans le parti catholique une protestation indignée. Les uns après les autres, les évéques les repoussèrent comme schismatiques, et, réunis de nouveau ô Fulda, rédigèrent une protestation collective, dont la con-
ciusiOiQ DC mafM|uatl pas de dignité : « Noos contàraerons à remplir avec fidélité et conscienoe nos devoirs envere le p«uvoir civil et la pallie, et oous n'oublierons jamais qne oc n'est pas la guerre et la division, mais la paix et l'anioa <pn doivent, d'après la volonté de Dieu, régner entre les deux grandes forces créées par lui pour le bien de l'humaDiié ». Dans maints diocèses, la protestatïoi) fui moiiu calioe et hauta '. Nulle part, elle ne fut plus vive qu'à Poaen. M*" Led»chowski s'était mis à la tète du mouvenmt polonais; le Vatican lui avait oclroyé la dignité de pnmal de Pologne, et les calendriers populaires lui conféraient le litre de représeulanl des anciens rois : ainsi le sentiment naticmal, si vJvaoe parmi ces malheureuses populations, s'était rattaebé éperdÙBienl à celle nouvelle indépendance, ceUe de la foi, elle mouvement religieux était devenu politique. Le ministère prussien fonça sur ce danger; une inslructioa Ait^ouverte; M^' Ledochowfiki, invité à se liémeltre, refusa de se soumettre : il tenait un pouvoir de Dieu et ne pouvait le reodre qu'à £>ieu. Le gouvernement mit en action la nouvelle procédure des lois de mai ; l'archevêque fut coogrCiment mis ea prison, puis déposé par arrêt de justice '.
En même temps, le pape Pie IX inlervenail avec cette ardeur dépourvue de diplomatie qui était, depuis 1S46, dans te caractère de ce grand croisé. Il écrivit direcleaienl «a m Guillaume, « en toute franchise », pour protester a coDtre les mesures rigoureuses prises envers la religitm du Christ* a. Bismarck vînt de Vai^in à Berlin pour rédiger la réponse : elle rejetait la responsabilité du conllit sur les catholiques f>riissicns tt qui se sont organisés en parti politique et cherchent
t. Wiermann. Geschichle de) KuUurlcampfea, p. )02 et suiv,
2. Cour royale des affaires cccléaiHSliques, arrtl du IS avril ISTI.