‹ Bismarck et son tempsChapitre 125 sur 270 · Le pape Pie IX au roiGoiUatime, 1 ao«l · texte numérisé non relu

Le pape Pie IX au roiGoiUatime, 1 ao«l

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à troubler par teare, coupables intrigues une paix confessîonaelle assurée en Prusse depuis des siècles... La religion de Jésu»-Clinst n'a ri^i à faire avec ces intrigues, continuait la lettre royale. . . J'émets l'espoir que Votre Sainteté, bien renseignée sfir la vraie situation des efaoses, emploiera son autorité pour m^lne Gn h cette agitation ' ».

La discorde était partout, dans les villages comme dans les villes, dans les Universités et jusqu'au sein de l'Ordre de Malte. Et, à ta colère de Bismarck, le parti conservateur se portait vers le parti catholique. « Les hobereaux du Landtag et du Reichstag, écrivait-il rageusement, au lieu de s'occuper de questions économiques, se lancent dans les problèmes de haute politique, et s'allient aux ultramonlains et aux Polonais pow combattre la Couronne *... Les mécontents, en noua frappant à coups de pierre, n'épargnent pas les clefs de voûte de notre édifice national et compromettent l'avenir du paye et du trAne '. » Il constatait avec dépit que la reine, jadis l'amie des libéraux, était devenue la protectrice avérée des évéques; le prince royal, bien que libéral, restait sur la réservgj mis à l'écart par l'autoritaire chancelier*; le roi avait des scrupules religieux, et Roon, le lîdète Roon, se dérobait.

Le vieux ministre de la Guerre avait soixante et onne ans; il était fatigué moina par les ans q je par une lutte journalière

1. Lo roi Guillaume au pape Pi« IX. 3 septembre )ST3. Biemarck arriva de Varzin 6 Berlin le 31 aodt et repartit pour Vanin le i septembre. Ud Conseil des minisires tul tenu le 3 septembre. Horsl Kohi. Birmai-ck-RegesiM, t. Il, p. 78, 79.

i. Bismarck b M. de Diest-Daber, 27 mai 1S73. Bitmarekbriif; p. 170.

3. Bismarck au général Eilwin de Mauteuffel, S novembre 1873. Dans celle lettre. Bismarck rerusail d'assister è. une Tête jubilaire en l'honneur da vieax mhiiMre OUo 4e Hanfeufiel, tfal appartemiil au part) des mécon. leols.

4. Ptiilippson. Dos Leben Kaittr Friedrieki III, p. £89 cl suiv.

contre ses amis de cœur et de pensée : au fond, il était avec les conservateurs cléricaux. En octobre 1873, il annonça à son « fidèle ami » qu'il « n'en pouvait plus » et qu'il demandait sa retraite '. Bismarck en fut peiné sincèrement; ainsi l'abandonnait k son tour celui qui l'avait appelé au combat, qui l'avait amené au pouvoir, qui lui avait permis de faire de g^ndes choses ; sa réponse exhala une mélancolie profonde : « En 1863, 66, 70, écrivait-il, nous avons, cher ami, combattu épaule contre épaule..., souvent je regarderai votre place au sopha du conseil et je me dirai : « J'avais un camarade'... »

En novembre, floon se retirait de toutes ses fonctions; le cabinet prussien était remanié ; l'infidèle Blanckenburg refusait encore d'y entrer; Bismarck en reprenait la Présidence ; Camphausen, ministre des Finances, était nommé vice-Présidenl du Conseil; le général de Kameke remplaçait Rooa k la guerre,

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Et le combat continuait.

A ce moment, la période électorale était engagée, les élections au Reichslag étaient fixées au 10 janvier 1874, et les deux parUs se livraient une bataille sans merci. Avec le prince de Bismarck, le comte Eulenbui^, M. Falk, le gouvernement ne manquait pas d'hommes énergiques, résolus à « faire » de bonnes élections et la pression administrative ne fut point omise. Mais le parti du centre était fortement organisé et il avait l'appui de cette trame souple et forte, qui va des

I.ROOD a Bismarck. 12 octobre 1S73. Aui Bismarcks Bi-itfweckstl. p.4i8. S. Bismarck à Roon, £0 novembre 1B73, Les deux derniers mots en citalion de la ballade d'Uhland, le Bon Camarade.

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évéchés aux presbylères, des confessionnaux aux foyers de famille, des associations pieuses aux sociétés de bienfaisance. Le résultat fut très net; les groupes qui n'avaient point pris un parti catégorique dans la lutte, s'effondrèrent, conservateurs modérés et pn^ressistes ; les deux groupes en combat s'accrurent, le parti national-libéral passa de 116 à 150 voix, le centre de 57 & 94 ; les 2 socialistes trouvèrent sept compagnons. Ces chiffres étaient significatifs : le conflit avait pénétré profondément dans l'opinion publique; le pays avait voté sur le Ktdhirkampf.

Au moment même de ces élections au Reichstag impérial, le Landtag prussien était engagé dans les débats de la loi sur le mariage civil, réforme naturelle, logique dans toute société civile, désirée depuis longtemps, mais qui parut comme une arme de combat : dans les époques de trouble, chaque pn^rès est taxé de révolutionnaire par les partisans de la réaction. Le projet de lot rencontrait è la cour, m6mc dans les milieux protestants, une vive opposition et le roi Guillaume résista longtemps avant de l'accepter : il écrivit deux lettres pour y faire obstacle, et Bismarck dut le mettre en demeure de choisir entre le mariage civil et un changement de ministère '. Les adversaires du cabinet comptaient exploiter un discours dujunker Otto de Bismarck, en 1849, cinglant de coups do fouet cléricaux le principe même du mariage civil*; le chancelier, prince de Bismarck, répondit en homme d'État : en politique est absurde celui qui ne change pas.

Par une jolie coïncidence, ce fut le vieux président de Gerlach, son protecteur de 1849, qui lui rappela ses fougueuses déclarations d'antan. Aussi le discours de Bismarck commen-

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