‹ Bismarck et son tempsChapitre 130 sur 270 · Geriach. Aufxeichnungen, l. Il, p. Î5i · texte numérisé non relu

Geriach. Aufxeichnungen, l. Il, p. Î5i

LE KULTURKAMPP atl

tance, il écrivit une longue lettre à Varzin à son chancelier pour prendre son avis'.

Bismarck était médiocrement satisrait du projet de réforme administrative, peut-être parce qu'il ne l'avait point préparé : il n'aimait l'initiative des autres que sous son contrôle, 11 reprochait au projet d'Eulenburg d'amoindrir la situation des landrâthe, de faire des amtsvorsteher des employés subalternes et sans indépendance, de compliquer la hiérarchie des bureaucrates' : il avait pour le « rond-de-cuirisme » une vieille rancune 6e la vingtième année. A cette époque, d'ailleurs, il avait de graves raisons pour se retirer de la politique intérieure et se cantonner dans les affaires étrangères, il était à la veille de céder à Roon la présidence du cabinet prussien. II répondit donc à son souverain par des doléances sur sa propre santé, ajoutant pour toute réponse aux questions du roi : « Tout ce que le conseil décidera sera bien, pourvu qu'on ne rompe pas avec la Chambre des députés et que mes collègues restent unis'. » Et il écrivait dans le même sens à Roon, acceptant <i avec joie » qu'on brisfit la résistance des seigneurs, mais surtout « ne pouvant m'en mêler de Varzin*. »

Ce fut ta Chambre des députés qui trancha la question : elle adopta le projet de refonte administrative, sans lui apporter aucune modification, et à une telle majorité, — 288 voix contre 91, — que le gouvernement se trouvait en droit de briser la résistance des seigneurs. Une « founiée » de 24 nouveaux membres vint modifier la décision de la

1. Guillaume l« ù Bismarck, 9 novembre 1S72. Kaiser Wilkeîm I und Bàmarck, p. SiSet suiv.

S. Prince de Bismarck. Pensées et Souvenivs,i- U, p. 313 et suiv. 3, Bismarck û Guillaume, 13 novembre 187!. *. Bismarck à Roon, 12 novembre 187Ï. II. Kohi. Bismarckfrrieft, p. 473.

Chambre haute qui se résigna à voler le projet de réforme '. Le parti féodal avait peidu cette bataille, il n'en eut que plus d'ardeur dans le KuHuricampf.

Bismarck avait suivi de loin ces discussions, et sans y prendre part. Il mit plus d'intérêt à l'organisation du pays d'Empire. On l'a dit, la loi du 9 juin 1871 avait imposé à l'Alsace-Lorraine un régime provisoire, la dictature, qui devait prendre fin le 1" janvier 1873 par la mise «i vigueur de ta constitution allemande dans les pays annexés. Deux années paraissaient suffisantes pour rallier les populations d'Outre-Rbin à leur nouvelle patrie -: il n'en fut rien, le cœur a ses raisons sur lesquelles la loi ne peut rien. Une loi du 20 juin 1872 prolongea d'une année la durée de la dictature; quelques députés s'en émurent, et, au mois de mai 1873, M, Windthorst protestait à la tribune du Reichstag contre la dureté du régime en Alsace-Lorraîoe. Bismarck lui répondit par le proverbe français : « Pour faire une omelette, il faut casser des œuls. a — « Nous avons nécessairement, ajoutat-il, à combalire en Alsace maintes sympathies pour un passé deux fcHS séculaire qui a donné aux habitants maintes gloires, maints avantages ; nous avons à surmonter péniblement les «ympathies vraiment françaises du pays, et avant tout de faire en sorte qu'elles ne compromettent pas la sûreté matérielle de l'Allemagne. » 11 promit enfin le dépAt d'une loi qui réglerait la situation légale de l'Alsace-Lorraine '. Sa prontesse fut vite tenue: la loi du 13 juin 1873 donna au pays d'Empire le droit d'envoyer quinze députés au Reichstag '.

Les élections furent franchement anti-allemandes ; presque

i. Loin de nittrc aux Jun&ei-s, la refonte adminislralttc leur a donné dans les conseils de Kreii, d'aiiles cenlKS d'action. Dn députt libferal> Porkcnbeck avait prévu ce rtoullat.

2 Bismarck au Reichsiag, le et 17 mai 1873.

LE EULTURKAMI'F 3i3

tiMules doutés élaieut prolestalalres. Bismarck n'en lut pokA étonné : Il était assez patiiote pour -compreadre la fidélité des AlsBcieas k leur vieille patrie, assez clurvoyant pour apercevoir la plaie emcore sai^naDte au cœur des annexés. Dès leur«ntrée au Reidislag, les députés d'AIsace-LiOrraiiie demandèrent la suppression d'une des lois de dictature : on rit 4e leur accent étranger, de leur a gesticulation £-Bnçaise », on prononça la cl6ture pour arrêter leur protestation. Bismarck, — on lui « dès krs rendu cette justice', — ne.se joignit ni à ces nres indécents, ni h cette clôture ii&tive. Ses paroles furent fortes et dures. « Nous n'avons pas iaii l'eot- DexHMi pourrendre heureux les Alsaciens-Lorrains, dit-il ;^ous avons oonstrtût un rempart contre les irruptions que depuis deux cents ans a faites chez nous un peuple passionné et guerrier, . . ; nous avons dât briser la pointe de Wissembourg qoi fénétrwl profondéinent dans notre cbûr, — et précisément en oetie pointe alsacienne habile une poftulalion qui ne le cède en riea aux Gaulois comme passion guerrière et qui nous ItOBOre d'une haine vraiment «ordiale. Ces messieurs, ici présents, sont-ils tont à fait innocents du passé* ? »

L'annexion de l'Alsace-Lorraine contrugnait l'AUemagne è maintenir forte son armée, Bismarck l'avait prédit -en lévrier 4871. L'^tat-major voulait maintenir l'effecUf et le budget militaires «n dehors des lubies parlementaires. Au ««nmieiioement de l'année 1874, le gouvernement déposa au iïwchstt^ un'pKJet de loi qui fixait l'effectif à iOi 6S9 hommes «jusqu'à l'adoption d'uneautredisposition législative» >M(^tke vint en personne, comme dépulé autant que comme chef d'état-majcM- général, défendre cette proposition, qui avait pour but de ssorfiraire au Reichstag poor ime période

1, PfouHl. Le Prince de Bismarck {18771, 9- ***■

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