Phllippaon, Dm Uben Kaiter Friedrichi III, p. SI
4. Le prinre royal Frùdi-ric-Guillaume â Bismarck, 30 mai 1S70- H. Kohi. Bimnarck-Jaki-bueh, t. IV, p. 96.
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La première impression du roi Guillaume fut désagréable ; il élail vexé que son fils eût agi a derrière son dos ' », et ennuyé de la reprise d'une aHaire a qu'il avait considérée comme abandonnée o. U refusa de recevoir personnellement le prince Léopold, mais accepta que Bismarck se remit à la besogne ; Frédéric-Guillaume pria donc le chancelier de mander auprès de lui te candidat et de le presser de se prononcer définitivement.
Ainsi le rot, son fils, les princes de Hohenzollern et les hommes d'État espagnols, tous s'en rapportaient à la décision de Bismarck. U avait attendu cette heure décisive; en réalité, et le prince Antoine ne s'y méprenait pas*, le chancelier fédéral avait tout mené dans la coulisse, en attendant le moment d'agir brusquement au grand jour.
A cette époque, fin de mai 1870, deux événements, l'un inquiétant, l'autre favorable, déterminèrent Bismarck à accélérer son action. Une crise de politique intérieure entraînait la démission des deux hommes les plus calmes et perspicaces du cabinet Ollivier, le comte Daru et M. Buffet. Le duc de Gramont, qui prenait le portefeuille des AfTaîres étrangères, avait toutes les qualités extérieures du diplomate, un grand nom, une belle fortune, un aspect séduisant et de la dignité mondaine; mais, comme certain buste du bon fabuliste, l'intérieur ne répondait point h l'extérieur. « Combien de grands seigneurs sont bustes en ce point. » Très persuadé de soei propre génie, il se prenait volontiers pour M. de Talleyrand \ et il ne fut que le mauvais berger de la France ; tête légère, parole prompte, il croyait à ses affirmations comme à des
1. Déclaration de Bismarck A Versen, e juin iSTO. Wcrlhem, loc, cil . p. S3.
2. U prince Antoine à son fils CharlcB de Roumanie. 36 mai ISTO.
3. Ludovic HalÉvy. -Vo/e» et Souvenirs, p. 130. Malmesbury, Mémoirrx ifua ancien Uiniêire, p. 373-
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§s, et déniait ce qui lui déplaisait. Son arrivée au quai ay (H une impression f&cheuse en Europe; on ne le ait pas du «calibre' » d'un tel poste ; on lesavait hostile à isse, il l'avait montré, trop, et on redoutait qu'il entraînât ays dans quelque aventure par goût autrichien'. Bîs- { ne broncha pas, mais il agit.
même moment, une occasion se présentait pour lui ïttre de resserrer ses liens d'amitié avec la Russie. Le Uexandre tHait en villcgialure à Ems et reçut au comement de juin la visite de son oncle, le roi Guillaume ; irck était de l'entretien, ce qui donnait à la conversation Hure politique ; sans doute il y fut question de la canire HohenzoUern, de la possibilité d'un conflit avec la ;e, des affaires d'Orient'. Le chancelier fédi^ralput consl'ententc complète entre les deux cours du Nord. Et ceci ida.
3uis quelques jours, les événements se précipitaient ; à de mai ou au commencement de juin, Bismarck adresux princes de HohenzoUern un mémoire où il les enga- « instamment u à reprendre la négociation et conseillait ipold d'accepter la couronne d'Espagne n dans l'intérêt Allemagne'. » Prim télégraphiait pour renouveler sa nde ; le roi Guillaume, qui s'était entretenu de la question Bismarck fléchissait dans son opposition*. Pressé de toutes le prince Léopold se détermina enfin ; le 4 juin, il
jrci Loflus. Diplomatie rttninitcenee», 2* série, t. [[, p. S68. îlhan, L'Allemagne et l'Italie. 1870-1871, p. 301. Jthan b M. cle Gramont, 3il juin 1870. Albcrl Sorel, lliitoire diplomate la guerre francoatlemande, t. r, p. t7. 0. Lorenz, Kaiser Wilhelm le Begrandung des Reicks, p. Îi9.
us dem Leben KSnig Karts voit Riimdnieii. l. II, p. 93. } prince FrédôricGuillaumc à Bismarck, 30 mai 1870.
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LA CANDIDATURE UOtlCMZOLLERN déclara qu'il était prêt à porter la couronne d'Espa^ Bismarck résolut de hâter les choses. Le 8 juin, leçons Lothar Bûcher partait à nouveau pour Madrid ; il est p de penser qu'il apporteiit à Prim une lettre du cham fédéral, réponse tardive à la missive du 17 février'; Bisn y déclarait la candidature Hohenzollern «' une chose e lente, qu'il ne fallait pas abandonner et qui, àunmo doDDé, pouvait être opportune ». EIn même temps, Bi emportait une seconde lettre de Bismarck, destinée . « docteur » de l'entourage de Prim ; le grand trompeu montrait tout entier* : il prévoyait une « fermentation sagëre » en France et recommandait qu'on n'introduis! son propre nom « dans la relation de ces négociation! En vérité, ajoutait-il, je ne suis pas engagé offîciellemen n'ai pas aidé le roi de mes conseils en tant que Prés du Conseil des ministres, mais comme chargé des Afi étrangères, à titre d'homme de confiance... Je crois
i. Le rédacteur d'Ans dem Leben K6nig Karla von Rumânîen a pi cette date la lettre des princes Antoine et Léopold au roi Guillaumi fut écrite en réalité le 19 juin {Infi-a p. 31.) Voy. Sybel, Neue Mitth gen, p. S39. Uarcks, Kaiser WUhehn. p. t04. Mais il ne faut pas que le prince Léopoid donna, son acquiescement à cette date du 19 i ment. Dès le commencement de Juin, il .fil connaître son accepte mission de Bûcher et le discours de Prim aux Certes ne s'expliquer autrement. Dès le 30 mai. le prince royal de Prusse prévoyait celte e tation dana sa lettre à Bismarck.
2. H. de Uramont a eu connaissance de celte lettre, dont il a < quelques extraits dans son ouvrage sur la France et la Prusse avù guerre (187!) p. SI, et dans sa déposition lors de YEnquêle parlemen t. 111, p. 573. H. deChaudordy ena parié devant quelques intimes. Le; Ut France et la Prusse. (187*) p. ii86 ; enfin celte lettre a été conn Angleterre. Jerrold, Life of Napoléon III. l. IV. p. i56. Le prince d. marck dans ses Pensées et Souvenirs, t. 11. p. 96, s'est borné & critique laines expressions, qui ont pu être défigurées dans une double Iradu
3. Celte lettre a été publiée par un historien espagnol, très bien n gné sur tout ce qui concerne Prim, Pirala, Uisloria coniemporanea, p. 392, et traduite par M. Léonardon. Prim et la candidature Bohi lem, loc. cit., p. 30). Son authcnlicilé n'a jamais élé sérieusement lestée.
ivemement espagnol fera mieux de ne pubUer que re du général Prim et la réponse du prince. Nous 3 ainsi une position inexpugnable devant le public euro- Si l'on fait du bruit en France, nous demanderons avec ;ité : Que voulez-vous ?Voulez-vouB dicter les décisions lation espagnole et d'un particulier allemand ? « Ainsi rck esquissait en traits précis l'action qu'il devait avec éclat un mois plus tard.
lar Bûcher avait-il une mission plus secrète et plus încore ? Devait-il amener l'Espagne ft lier double partie la France ? Le choix même du délégué, homme de condu chancelier', son affirmation ultérieure que toute la aturc fut a un piège tendu par Bismarck à Napoléon ' », ICC des négociateurs, contraire aux traditions diploma-
r indignât ion (de Bismarck quand l'Espagne refusa de ir les Pyrénées, le cours même des événements pert de tout supposer.
i juin 1870, Prim annonçaitaux Cortès le refus de and de Portugal, des ducs d'Aoste et de Gènes, mais lit une allusion discrète à ses nouvelles démarches
d'un quatrième candidat, a On me permettra, dit-ÎI, )as prononcer son nom, ce serait un manque de tact, il il s'ensuivre des complications, et, au surplus, j'ai ! ma parole d'honneur à ce sujet^. » Sur les bancs de Lmbre nu! ne se méprit, il s'agissait de Léopold de ioUern. A ce moment', Prim avait reçu la lettre de
uitze. Die Thronkandidatur HoheniolUm und Graf Bùmarek,
icli. TagebucMlatler. I. 1[[, p. 33S, 331. m aux Cortès, 11 juin 1870.
6gne un CRrtaiu flotlemcnl dans ces dates ; il est permis d'ad- {ue Bûcher partit le 7 ou le 8 de Berlin, arriva le 10 ou le 11 & Salazar purlit peu de jours aprËs. et parvint a Sigmaringen le
LA CANDIDATURE UOIIENZOLLERN S)
fisanarck et les explicaliona de Bûcher : l'acceptation des BoheDzoUern était certaine ', ravi d'obtenir enfin solution h une question qui semblait insoluble, plus hardi que réfléchi, meilleur capilaineque diplomate, Pnm dépécha en Allemagne avec pleins pouvoirs le propre père de la candidature Hohenzollem, M. Salozar. Le députe espagnol partit le li juin, en compagnie, semble-t-il, de Bûcher'.
Le 19juin, tous deux arrivaient à Sigmaringen ; Salazar ne parlait pas l'allemand, non plus que les princes de Hohenlollem l'espagnol; le commandant de Versen, qui depuis cinq jours pressait de toutes ses forces sur l'hésitant Léopold, leur servit d'interprète'. L'acceptation du jeune prince était bien molle et dépourvue d'enthousiasme, car Salazar et Versen employèrent toute leur éloquence à la fortifier. Encore Léopold voulut-il un acquiescement en belle forme du roi Guillaume, chef de sa race, et le prince Antoine rédigea une épitre où Léopold ajouta qu'il n'accepterait la couronne d'Espagne que par esprit n de sacrifice, pour l'honneur de la famiUe et le bien de la patrie », sans quoi il ne se résoudrait « jamais » à pareille extrémité. Salazar et Bûcher se chargèrent de porter cette misnvc à Ems", où le roi commençait sa cure, et, non sans « de longs combats », ils obtinrent du roi un acquiescement écrit à la décision du prince Léopold ; le monarque redouta de surexciter l'Espagne par un refus qui la porterait vers ta République, et les considérations dynastiques et pei^ soooelles le déterminèrent moins que les intérêts du droit monarchique*. Tandis que Bûcher se rendait à Varzin pour