‹ Bismarck et son tempsChapitre 141 sur 270 · Bismarckau comte d'Arnim, 1! novembre ISTi · texte numérisé non relu

Bismarckau comte d'Arnim, 1! novembre ISTi

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la conduile à suivre dans les affaires inlérieuresde la France. « Je 5UÎ5 convaincu, écrivait-il, que nul Français n'aurait eu l'idée de nous rendre les bienfaits de la monarchie, si Dieu i>ous avait amigés des misères d'une anarchie républicaine... l'ne république française trouvera biendi^icilement des alliés. Celte conviction me rend impossible d'engager le roi à encourager le parti monarchique, qui de plus affermirait contre nous l'élément ultramontain, notre ennemi', » Mais, malgré ces instructions, Harrj- d'Amim conspirait fort et haut.

Furieux, Bismarck s'adressait à l'empereur Guillaume ; au (.-ommencement de 1673, il envoyait à son maître uir long mémoire où il accumulait les griefs ù l'encontre du fâcheux diplomate '; maislecomte d'Amim avait de puissants appuis; l'empereur lui-même n'entrait point dans les machiavéliques calculs de son chancelier et se montrait sympathique aux espérances légitimistes. Une année devait s'écouler avant que Bismarck obtint le rappel du comte d'Arnim. Dès lors il l'écarla de toutes les négociatitms, qui se traitèrent directement fi Berlin.

Les deu.f gouvernements, allemand et français, avaient un même intérêt à la prompte et définitive exécution du traité de Francfort, l'un pour entrer en possession des derniers milliards, l'autre pour obtenir la libération entière de son [erntoire. Deux milliards étaient encore dus, et quatre départements occupés par l'armée allemande. Diverses dilScultés soulevées lors de l'évacuation de la Marne et de la Haute- Marne suggérè[-ent à M. Tliiers la pensée d'4rf>tenir la libération défniitive de la France par un paiement anticipé des

1. Bisinarck au comte d'Arnim, SO décembre IBTt. Cf. Prince de Hohenlohc-SchiUingsfûrsl, DenkwUrdigkeilen, l. Il, p. 118.

2. Bismarck k l'empereur Golllaumc, ii avril 1873, Jïawr WHMm 1 und Bismarck, p. Î3" l'I suiv.

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sommes cxi^bles ; mais il était singulièrement malaisé de réunir en trots mois deux mille millions de francs ; le génie linancier de M. Ttiiers y parvint, et, après de longs entretiens aiec les agents du Trésor', sûr de sa richesse, le 4 février 4873 il proposa au comte d'Arnim la rédaction d'un nouveau traité, qui assurerait immédiatement te paiement de la rançon et l'évacuation du territoire français*. L'ambassadeur transmit celle ofTre à son chef; ce fut la seule intervention du comte d'Arnim, son rôle politique était terminé; désormais il ne fiil qu'un ambassadeur in partibus; rappelé de Paris, il fut envoyé en 1874 à Constanlinople, mais il n'eut point le temps de s'installer en Turquie, et il échangea son moelleux fauteuil diplomatique pour te banc rugueux de la police correctionnelle*.

M. Thi^rs avait proposé au gouvernement allemand d'opérer en une seule fois le retrait des troupes allemandes, en retardant l'évacuation de deux départements et en avanç^ant la libération des deux autres'. Bismarck nV-lait point défavorable à cette offre, sauf à exiger les garanties pour le paiement du dernier milliard, mais il rencontrait une résistance imprévue auprès de l'empereur. « 11 faut régler chaque chose en son temps », avait dit le vieux souverain peu de temps auparavant à l'ambassadeur de France qui l'avait sondé sur la question des garanties; Guillaume se montrait nettement hostile b. l'évacuation totale du territoire français avant le paiement intégral de l'indemnité de guerre, et Bismarck se plaignait

1. M. Tbiers au vicomte de (jonlaul-Biron, 1" février 1873, Occupation el HhtratioK du territoire, t. II. p. 193. î. M. Tbiers au vicomte de Gonlaul Biron, 9 TËvricr 1B73.

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