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4. Ce ne Tut 1â que le second projet, proposition déliaîtive de M. Thiers. lïî février). Il avait été précédé d'un premier syaléme, qui fut vivement criliqaé par le comte d'Arnim. On lira le dfriail de ces projets dans Sorel. Iliitoii-e diplomatique delà guerre franco-allemande, t. II. p. 348 et auiv.

des difiicultés qu'il éprouvait ft le convaincre'. Tous deux décidèrent de ne point accéder enlièrement aux propositions françaises et de conserver tout au moins un gage jusqu'au versement du dernier milliard.

Le i" mars, l'ambassadeur de France dînait à la chancellerie impériale A càté du prince. Au cours du repas, Bismarck se pencha vers lui et dit à mi-voix : « Je crois pouvoir vous annoncer que nous sommes d'accord, à un point près, avec M. Thiera, sur les conditions qu'il nous a proposées... Pour éviter les embarras ainsi que les dépenses qu'entraincraient des évacuations successives, nos troupes quitteront au commencement de juillet tout votre territoire, à l'exception de Belfort et de son canton que nous garderons jusqu'au parfait paiement du cinquième milliard... Ce n'est pas tout à feit chose terminée, mais j'ai tout lieu d'espérer que j'obtiendrai demain le consentement de l'empereur 'o. Et le lendemain, Bismarck télégraphiait en effet au général de MantcufTcl pour lui annoncer que l'empereur consentait à l'évacuation le t" juillet, sauf « de Belfort, qui devra rester occupé jusqu'à l'entier paiement, en raison de certaines craintes de désordres intérieurs qui existent en France, dans le public, les journaux et à l'Assemblée, pour le moment de notre départ' ».

Cette exception présentait de graves inconvénients, cor le bruit s'était répandu en France que les généraux allemands voulaient garder définitivement BelForl, clef de la frontière, et la dérogation exigée par le parti militaire de Berlin eût donné force à cette crainte. Dans un nouvel entretien, le 9 mars, M. dcGonlaut-Biron insistait auprès du chancelier sur

1. Vicomte de Gonlaut-Biron. Mon ambassade en Allemagne, p, itS et !57. S. Vicomte de Gontaul-Biroti. Mon ambassade en Allemagne, p. 239. 3. Bismarck au fi<^nÈral de ManleuRel, 2 mars IS73. Occupation el libération du lerriloire, I. Il, p. £59.

les avantages d'une évacuation totale; le prince de Bismarck se retranchait derrière les tergiversations du comte d'Arnim et la volontédeson souverain. « L'empereurGuillaume, disaitil, n'est ni financier, ni diplomate ; il est soldat ' . »

Pendantquelquesjours,lanégociation piétina. «On n'avance pas D, disait avec impatience Bismarck en ajoutant quelques imprécations à l'adressed'Arnim. Le gouvernement allemand trouvait trop brefs les délais d'évacuation el insistait pour conserver Belfort jusqu'au dernier paiement, tout en protestant de la façon la plus solennelle qu'il n'avait pas >< la moindre arrière-pensée sur cette place ^ » ; le gouvernement français maintenait sa volonté d'une libération totale, ou exigeait tout au moins qu'on fixât la date précise de l'évacuation de Belfort. Soudain, un coup de théâtre se produisit, qui h&ta la solution du débat. Le 1 1 mars, Bismarck reçut l'ambassadeur de France à la Chambre des seigneurs, où se déroulaient de vives discussions sur le Kulhtrkampf. Il était nerveux, surexcité par ses insomnies, toutefois maître de lui. 11 débuta, selon sa coutume, par de longues digressions, sonda la résistance de l'adversaire, puis brusquement lança ces mots : n Et bien ! voulez-vous substituer Toul ou Verdun à Belfort comme dernier point d'occupation?. » Et il ajouta en fixant le regard du Français : « Nous sommes presque d'accord, nous pourrions très bien signer ensemble et tout de suite*. » L'ambassadeur français dut se retrancher derrière la nécessité de nouvelles instructions.

Ce revirement s'était produit sous l'influence du général de Mantcuffel, on n'en peut douter en lisant les rapporta et télégrammes du comte de Saint- Vallier qui conversait chaque

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