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direction ptditique de la Prusse. Les hommes chaDgeDt fré- ([uemmeal au ministère, car Bi.sroarck s'en lasse et les renvoie; rares sont les hommes qui ont suivi leur pleine carrière à ses c6tés : Abekeii, le bon serviteur, Lothar Bûcher, l'homme de confiance, Keudell, l'ami dévoué; ceux-là sont les fidèlai, qui acceptent successivement caresses et bourrades. Les autres se révoltent ou déplaisent. M. de Thile, le collaboraleur des grands travaux, s'est retiré en 1872 après une scène violente. DelbrQck, qui a dirigé pendant dix ans l'économie politique de la Prusse, qui o organisé l'administration de l'Empire, qui paraît le successeur éventuel du chancelier, Delbrtlck se démet en avril 1875 de ses fonctions de président de la chancellerie impériale; Bismarck en donne publiquement pour motif <t un excès de travail imposé pendant dix années », mais nul n'ignore qu'autres sont les causes véritables de celte retraite, un désaccord sur le régime écono- - mique, l'indépendance de DelbrUck, la crainte de Bismarck quen la machine de la chancellerie devienne trop puissante' ». Au commencement de 1878, le ministre de l'Intérieur, comie Ëulenburg, l'homme à forte poigne du grand conflit, est trouvé trop fatigué, usé « par les excès de sa jeunesse », ajoute son bon collègue avec indulgence, et il est bientôt suivi dans sa retraite par Camphausen, le grand ûnancicr qui a comblé le déficit prussien en 186d, qui maintenant ose résister à son chef sur une question de chemins de fer. L'année suivante, Falk, l'auteur des lots de mai, est sacrifié, tombé sur la route deCanossa, et les deux autres ministres libéraux, Hobrccht et Friedenthal, disparaissent avec lui. En 1881, le comie Botho Ëulenburg quitte à son tour le ministère de l'Intérieur. La mort ajoute à celle liste, en 1879, le nom du
i. MiUnacbt, Errnnerungtn an Biamarek. p. 56.
comte de BqIow, secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Les successeurs de ces disparus prennent leurs places sans fracas : une fois, cependant, on crut à un changement de régime, la crise traîna pendant près d'une année.
Les élections au Reichstag, en janvier 1877, avaient marqué un nouveau progrès du parti démocrate'. Le vieil empereur tenait le socialisme pour son ennemi personnel, et il se croyait envoyé par Dieu pour le combattre : il résolut de revenir à la pure orthodoxie, d'abandonner le kuUurkampf et ses séductions, de résister même à Bismarck et il en eut bientôt l'occasion. Un conflit existait depuis quelques mois à l'état latent entre le chancelier et le chef de l'amirauté, SloschjÇombatde personnes autant que lutte d'administrations rivales : Stosch avait réclamé pour le développement de la marine des crédits que le chanceheravait refusé de solliciter du Reichstag. Le débat n'avait point quitté les ombres du mystère olHcicl, lorsque soudain Bismarck l'exposa devant le Reichstag tout au long et avec quelque impertinence envers le chef de l'amirauté*. Irrité, Stosch demanda des explications au chancelier impérial, exigea une rectification à la tribune, et comme elle lui était refusée, donna sa démission le 12 mars 1877. Sûr de son autorité intangible, Bismarck raconta l'incident il ses hôtes pendant une soirée parlementaire le 17 mars, et déclara qu'il n'accorderait aucune satisfaction au chef de l'amirauté. Il semblait donc que la démission de Stosch était définitive, lorsqu'à la stupéfaction générale l'empereur Guillaume refusa celte démission le 25 mars. Cefutunmouvementd'émoi pour les hommes de cour, de joie pour les adversaires du chancelier, de colère pour Bismarck : le 27, il adressa