‹ Bismarck et son tempsChapitre 151 sur 270 · Philippson. Daa Leben Kaiser Friedriclis III, p · texte numérisé non relu

Philippson. Daa Leben Kaiser Friedriclis III, p

â. Bismarck au Reiclislag, 10 mors 1877. Discours, t. VIT, p. 46.

sa démission de toules ses fonctions au vieux monarque.

Pendant dix jours, Témotion fut vibrante, l'inquiétude générale, les ambitions en conllit. On grossissait l'incident, on lui cherchait des causes profondes et mystérieuses', desintngues de camarilla, la haine d'une « grande dame » qui ressemblait comme une sœur à l'impératrice Augusta, les noires menées des Jésuites, et aussi l'influence de l'étranger, une ruse de la subtile Albion qui cherchait à atteindre la Russie en frappant l'Allemagne, et naturellement la faute de la France, de l'ennemi héréditaire, qui tentait de troubler la paix heureuse de l'Empire triomphant. Déjà on s'agitait pour trouver un remplaçant au grand tombé, on murmurait le nom de son meilleur ennemi parmi ses amis, Schleinitz, ministre de la maison du roi ; d'aucuns glissaient même le nom de Stosch' ; Bismarck prévoyait que sa démission serait refusée, mais s'attendait tout au moins à une longue retraite, préparait le travail de ses représentants. El les intrigues, les papotages, les racontars allaient bon train.

Le 7 avril, Guillaume coupa nel cet imbroglio en refusant la démission de Bismarck; de sa grande écriture, il écrivit en marge de la lettre du chancelier un énergique : « Jamais. » 11 fut fidèle à cet engagement et Bismarck se sentit fort d'une confiance rajeunie; mais il était écœuré des basses intrigues, mécontent des défections faites d'ingratitude, lasd'un pouvoir contesté. 11 résolut de tout abandonner pendant dix mois; il confia la direction des Affaires étrangères à M. de Biilow, le soin de la politique intérieure de l'Empire à M. de Hofmann, président de la chancellerie impériale. Et, le 16 avril 1877, il partit pour un « long congé ».

i. Voyez les exlraila des Journaux dans Hahn. Fars/ Biamarck, l. II, p. 850 : Blum, FUrst Biamarck unit «tne Zeil, t. V, p. 357. S. Millnachl. Erinnerangen an Biimarck, p. 60.

iOi BISMARCK

11 passa d'abord quelques semaines à Friedricbsruh,8e rendît pour une cure à Kissingeu, revint à Friedricbsrub et à Scbonhausen, puis, après quelques entretiens avec l'empereur et le prince héritier, il s'installa avec déUce à Yarzin qu'il ne quitta plus avant le 14 février 1878. 11 y mena la vie à sa convenance, de travail, de famille et de campagne'. Son groupe de famille avait avancé dans le chemin de la vie : le 28 juillet 1872, il avait célébré sans bruit ses noces d'ai^nt % que son maître avait soulignées d'une lettre affectueuse jusqu'à la tendresse ^ La faulx implacable avait frappé autouf de l^i, et les anciens étaient disparus. Les jeunes avaient grandi : M'" de Bismarck avait eu la douleur en 1875 de perdre son liaiicé, le comte Wendd'Eulenburg; en 1878, elle épousa le comte Cuno de Rantzauen qui Bismarck trouva un nouvel enfant. Ses (ils étaient devenus des hommes, l'aîné travaillait aux Affaires étrangères, servait de secrétaire à son père, devenait déjà un petit personnage. Et, pendant les mois d'été, Bismarck errait â cheval ou h pied, dans ses champs et dans ses forêts, accompagné de ses deux molosses, les Reicfishiinde, qui complétaient cette figure de splendeur et presque de

En pleine nature, seul avec ses pensées, U réfléchissait sur sa situation politique. La crise d'avril 1877 lui était un avertissement, car si l'Allemagne entière avait vibré de crainte au bruit de son départ, si de toutes parts étaient armées des protestations d'amour, à Berlin il s'était senti isolé : ses collaborateurs n'étaient que des premiers commis ; le meilleur, DctbrQck, parti du ministère; le plus ferme, Eulenbui^,

1. Tiedemann. Peraônliche Erinnerungen an den FUrslen Biêmarci, p. 43 et auiv.

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