Unruli. EriTinerungtn. p
2. Cbiffres de H. Blura. Iliamarck und seine Zeil, t. V, p. 335.
3. PrinceClovis de Hohenlohe. Denkieardigkeilen, t. I[, p. 255. i. Uahn. Fanl Bitmarek, l. ni, p. iU.
uedu gouvernement; le projet était donc en grand danger, opmé du péril, Bismarck accourt de Gasteîn pour défendre
personne le texte d'autorité.
Le 1*7 septembre, il prononce un premier discours, hàlif, cousu, mordant ; c'est autant une défense qu'une attaque, r Bebel, le leader socialiste, a reproché au chancelier ses mées ténébreuses avec des démocrates de marque et laissé tendre qu'il a joué le parti socialistR. Bismarck se défend :oups de dents, durs et profonds : chacun a sa morsure, salle sur ses ambitions, Bicht£r sur ses formules de rhéto-. |ue, Bebel sur ses utopies. El le chancelier finit par ces )ls : « On nous crie que nous sommes avertis. Avertis de oi donc ? D'avoir à prendre garde au poignard des nihilistes à la carabine de Nobiling. Assurément, Messieurs, si nous vous exister sous une telle tyrannie, sous la tyrannie d'une ciété de bandits, toute existence alors perd son prix, et spère que le Beichstag accordera à l'empereur, protection ur sa personne, pour ses sujets prussiens et pour ses comtriotes allemands. nCe discours n'a qu'un résultat, le renvoi
projet à la commission.
Pendant quelques semaines, l'agitation est vive dans les lieux parlementaires; dans le parti libéral, les plus iconlents persistent à voler contre le gouvernement, pour nverser Bismarck et obtenir un cabinet à la mode anglaise ; chancelier annonce déjà des mesures d'autorité, une noulle disssolution , un ré^me à coups de décret. Mais il fléchit, suppute et décompte : il ne peut avoir une confiance solue que dans les 115 conservateurs; ses négociations ec Borne sont peu avancées, les 94 catholiques lui seront stiles; l'opposition des 7*7 progressistes, démocrates et otestataires est certaine ; il faut donc se concilier les '7 libéraux : la politique devient une opération d'arithmé-
de: gaucbe a droite lu
tjquc. El, de suite, le visage de Bismarck, sévère jusqu'alors pour les libéraux, leur adresse de doux sourires. Bennigsen redevient un ami, presque un collaborateur, car le gouvernement « ne peut s'appuyer que sur le parti national-libéral » ; au nom du chancelier, le prince de Hohenlohe ' se glisse de l'un à l'autre, aimable, insinuant, persuasif, rompu à toutes les difficultés parlementaires par une longue expérience, habile à vaincre toutes les susceptibiUtés par sa connaissance profonde et sceptique du cœur humain. C'est l'homme de la situation : une dernière fois, il renoue te lien qui unissait les libéraux et Bismarck, et tout à l'avantage de celui-ci.
Le 9 octobre, Bismarck monte de nouveau à la tribune du Reichstag pour soutenir le projet de loi contre les socialistes. Dans ce discours, beaucoup plus travaillé que le précédent, il ne se borne pas à des attaques personnelles ou à des cri- . tiques négatives. « Je favoriserai, dit-il en son début, -tout effort qui tend positivement à l'amélioration du sort des ouvriers, ainsi que toute association ayant pour but d'améliorer la situation des ouvriers, d'assurer aux ouvriers une plus large part des gains de l'industrie, et d'abréger dans la mesure du possible le temps du travail. » Mais ces associations ne doivent avoir pour but que le travail et le progrès ; il dénie ces deux quahtés à ses adversaires, qui, à l'en croire, se bornent « à la négation et à la destruction ». Or, on ne le peut contester, les associations socialistes ont fait dans le pays de nombreuses recrues parmi les mécontents, les ouvriers des grandes villes. Le mal est devenu bien pire encore depuis que la législation sur la presse, en supprimant le cautionnement et le timbre, a permis h toute personne
1. Alors ambassadeur b Paris, le prince de ilohenlohe venait b Berliji pour loutes les négocialions péri em en (a ires et diplomatiques. It prit une part décisive h cette crise d'oclobre 1S78. Prince Clovis de llolenlolic. DenkicOrdiglteilen. I. Il, p. S55 et guÎv.
« d'aborder rentrepriae avec un capital de 100 marks ; quant à l'instrucUon, elle n'est pas du tout nécessaire ». Un double devoir s'impose donc au gouvernement, de réprimer les excès socialistes et d'améliorer par de bonnes lois la siluatipn des ouvriers. Telle est la conclusion de Bismarck, c'est la théorie du socialisme d'autorité, que déjfi il développait h la Chambre en 1849', à laquelle il restera fidèle jusqu'à son dernier souffle.
Ce discours et surtout les menées habiles de Hohenlohe entraînent le parti national-libéral. Le ]9 octobre, la loi est votée par 221 voix contre 149 : les deux partis conservateurs et les libéraux s'étaient unis contre les catholiques, les démocrates et les protestataires. La loi fut de suite appliquée : en un mois, le gouvernement frappa d'interdit 135 associations, 35 journaux, lOO livres et brochures,
Ijes conservateurs étaient dans la joie et le vieil empereur exprimait leur pensée en proclamant que la nouvelle loi « maintiendrait l'État allemand et la Prusse sur leurs bases juridiques et présentes' ». Le parti national-libéral avait accepté un passage au joug humiliant et destructeur de toute indépendance^. En reniant ses principes et capitulant sous la pression de Bismarck, il avait renoncé à toutfi influence ; la dissension ne tarda point à éclater parmi ses membres ; deux groupes naquirent de ses débris j l'un, porté vers la droite, resta fidèle à Bismarck ; l'autre, entraîné vers la gaucho, voisin des progressistes', forma sous la conduite de Forkenbei^, Stauffenberg et Lasker le groupe
J. Supiv, I. I, p. 214.
i. Guillaume à Bismarck, G novembre 1878. Kaiser Wilhelm I und Bismarck, p. 280.