‹ Bismarck et son tempsChapitre 160 sur 270 · Bismarck en roi Louia [I de Bavière, 5 Juillet 1S · texte numérisé non relu

Bismarck en roi Louia [I de Bavière, 5 Juillet 1S

2. ■■rince de Bismarck. Ptniées et Souvenirs, I. 11, p. E&5, STS,

.yGoOgIf

LE CONGRÈS DE UERLIN 4}l

àetn&ade, b pjusieura reprises, et fmalement par la voie de l'ambaflsade russe à Berlin. Il fallait se résoudre h rt^pondre. Uisluarck manda à Varan le général de Schweinitj;, son ambassadeurà Péterabourg, et lui remit des instructionad'tmesobtile douceur. « Notre premier devoir, y élaît-il écrit en substance, consiste à maintenir l'amitié entr-e les grandes monarchies qui, en faee de la révolution, ont plus h perdre qu'à gagner en se combattant elles-méme-s ; si, & notre grande douleur, il ne nous est pas possible d'empôcher la lutte entre la Russie et l'Autricbe, nous pourrons sans doute supporter que nos amis perdent ou gagnent des batailles, mais Jkon que l'un ou l'autre soit si grièvement blessé et accablé que sa position de grande puissance indépendante, ayant voix dans le concert européen, puisse être compromise. » C'était Ifl; P9«r le ppéfifint^ iip rpfna fnrmpl H'iippiij, pI., pmir l'iiv<anlr, tmt- Mfnni-ji ifinterventioD. Le gouvernement russe le comprit ainsi et résolut de se rappnocher du cabinet autnchien .

A ta fin de l'année 1876, alors que la marche des événem^its conduisait avec lenteur mais certitude à la guerre lurco-russe, une double occasion s'offrit à Bismarck d'afCrmer sa politique de neutredilé bienveillante envers ses deux voisins. Une Cflntérence intematiûiialc devait se réunir à Coustgatinof^e pmipti^pter, aann grand espoi r, de réformer Ijempire ottoman et maintenir la paix. Le marquis de Salisbury, délégué par le gouvernement anglais à cette conférence, passait à Berlin et sondait là chancelier allemand sur ses inlenlioDS en Orient. Bismarck se dépensa en amabilités, mais, comme son empereur, refusa poliment de lier partie avec l'Angleterre. Peu de jours après, il prolît» d'une interpellation relative au commerce avec la Russie pour exposer au Rejchstag sa conduite dans les alTaires d'Orient : « On nout;

reproche, dit-il, d'être trop enclins à la paix et de ne point faire l'usage qu'il faudrait de la puissance qui est entre nos mains. Provisoirement, Messieurs, le moment de faire usage de cette puissance n'est pas venu, — et plaise à Dieu qu'il ne vienne point pour nous... La politique que nous faisons doit être faite en consultant notre propre inii^rfl^ et nous ne nous laisserons déterminer, par aucune offre, à faire une politique autre que celle-là... Je ne conseillerai donc pas upe participation active de l'Allemagne dans ces affaires, car je n'y vois pas en somme pour l'Allemagne un intérêt qui vaille seulement. — excusez la njdesse de l'expression, — les os d'un fusiller poméranien'. ^Une politique ni russe, ni anglaise, ni autrichienne, mais allemande, tel est le thème de cet énergiqup discours ; et l'intérêt allemand du jour, c'est la neutralitéi^

Cependant les diplomates s'agitaient à la conférence de Constantinople; ils formulaient la liste des réformes nécessaires, que refusait la Porte avec le souple mépris des Orientaux envers les RoumJs; les ambassadeurs quittaient Constantinople à grand fracasfet la Russie accumulait les troupes sur ses frontières. méridionales. Avant de partir en guerre, la cour de Pélersbourg tenait à s'entendre avec sa rivale de Vienne, et, le t5 janvier t877, un arrangement intervenait entre les deux Etats pour assurer à la Russie la neutralité ^5 l'Autriche moyennant certaines conditions, participation des grandes puissancesà l'œuvre de paix, intégrité de la Roumanie^ respect de Constantinople, indépendance de la Roumanie et occupation éventuelle des provinces occidentales de Ja Turquie par les soldats autrichiens. On a soutenu, non sans apparence de ràîion, que Bisinarck n'avait point été

Page 1