ITolocole du ITjuiD 1878. llahn. 'oc. cil., p
t. Cumming, The secret hUlory oflke trtati/ of Berlin. Nineleenlk Cenfurj/ de juillet I90j. p. 83 cOuiv., d'aprËsteB rëciladelord Ho wlon, sécréta iru de Beaconsfîeld.
LE CONGRÈS DE BEltUN ii}
Et, en soQ abseoce, ce fui une congratulation générale. Comme Caratheodory-Pacha faisait timidement « quelques réserves », Bismarck Iç rabroua de vigoureuse manière, lui déclarant « qu'il n'était pas dans l'intérêt de la Sublime Porte de créer des difficultés... et de ralentir les travaux de la haute assemblée' ». Et la nation bulgare fut coupée en
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Cet heureux résultat assurait le succès du Congrès. Une aeconde question vint bientôt en discussion, non moins brûlante, mais admirablement préparée, le sort de la Bosnie et de l'Herzégovine. Dans la coulisse, on machina la pièce avec un art exquis : Bismarck en fut le merveilleux metteur en scène, hs comte Andrassy, insistant sur les intérêts de l'Autriche dans ces deiix provinces, réclama pour elles à l'avenir a un pouvoir fort et impartial ». Lord Salîsbury, qui lui succéda en paroles, déclara que ni la Turquie ni un régime slave ne pouvaient assurer la paix aux deux provinces, et proposa « que la Bosnie et l'Herzégovine fussent occupées et administrées par l'Autriche-Hongrie ». Et, incontinent, Bismarck bénit ce mariage diplomatique, ajoutant, par manière d'homélie, qu'accepter la proposition anglaise était un « devoir général a. Les représentants de la France, de l'Italie et de la Russie, n'avaient qu'à approuver, et ceux de la Turquie h prolester. Tout fut réglé en une heure'. Ce fut un coup de maître pour Bismarck : car la Russie était mise en échec dans la péninsule des Balkans, et l'Autriche, épargnée en 1866 après ses défaites, comblée en 1871 pour n'avoir point combattu, devait à son bienfaiteur la dette d'une alliance de remerciement; attirée désormais vers l'Orient, elle se détournait à jamais de l'Allemagne.
1. Protocole de la sËaneeduSi juin IB7S. t. rro(oco1c de la séuncedu £8jiiin 1878.
Le sort des petites nations, Grèce, Serbie, Nfonlénégro, Roumanie, fut réglé d'identique façon : leurs délégués étaient admis dans la salit; de la haute assemblée; modestes, ils présentaient leurs doléances ou leurs revendications; on les mettait à la porte avec les formes d'une exquise politesse, et on les agrandissait ou les transformait au gré des potentats, sans tenir compte de leurs cris der détresse'. Les affaires d'Asie, qui étaient multiples, furent réglées par un compromis en aparté, de façon que le Congrès n'eut qu'à se réjouir de la facilité de l'entente. Et ta question, très périlleuse, de l'indemnité de guerre fut éludée avec un dédain superbe par Bismarck' : « L'Assemblée, dit-il, ne peut être garante de la solvabilité de la Porte. » C'était là une question d'ai^nt, à traiter directement entre tes intéressés.
Les dernières séances furentde piétinement « Troisambassadeurs dormaient aujourd'hui du sommeil du juste », constatait malicieusement le prince de Hohenlohe '. El Bismarck s'en impatientait avec une nervosité maladive. L'intérêt était hors de la salle du Congrès. En apparence, il était dans les fêles qui se succédaient, nombreuses, brillantes, aux ambassades, au Château, ft Potsdam : Bismarck n'y paraissait point, mais ses informations étaient sûres, il ne perdait aucun mot des entretiens. Et dans ces conversations gisait l'intérêt réel, car on y traitait ce qui ne pouvait apparaître au grand jour 1 le gouvernement anglais y annonçait le traité qui lui assurait la possession de Chypre*; M. W'addington préparait pour la France la conquête de la Tunisie.
I. Baron <]<> Wi(te, Qumxe ans d'histoire, d'après les Mémoire CliarlL'B de Roumanie, p. 381 el sulv.
S. Comle de Moûj. Le Congrès de Berlin, loc. cil., p. 79. 3. Prince Clovls de Hohenlohe. DenkwUrdigkeilm, I. II. p. 2U. ^. Convention du 4 juin 1S78.
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Les représentants de !a France avaient eu au Congrès une attitude réservée, prudente ; leur inlervonlion sans parti pris avait été souvent décisive à cause même de son impartialité. On avait remarqué les égards, presque les coquetteries de Bismarck envers eux. Depuis quelque temps, d'ailleurs, une détente s'esquissaît dans les relations franco-allemandes. Au printemps une entrevue avait été préparée entre Bismarck et Gambetla par le comte Hencke! de Donnersmarck, partisan fidèle du chancelier, ami empressé du grand patriote ' ; le projet avait échoué ; Gambette s'était excusé sur les incidents de la vie parlementaire ; mais l'échec ne semblait pas définitif, Bismarck en parlait négligemment au représentant du Times, comme pour provoquer une nouvelle tentative*. Le chancelier constatait le relèvement de la France et l'impossibilité d'y porter obstacle. 11 pensait à la détourner des Vosges vers les colonies, comme il avait détourné l'Autriche vers l'Orient, ii Pendant que les Français seront occupés à Tunis, disait-il plus tard, ils ne regarderont pas du c6té de la frontière du Bhin ^ » Il ne lui déplaisait point, d'ailleurs, de voir se lever dans la Méditerranée, entre l'itafie et la France, une difficulté qui brouillerait ces deux puissances et amènerait à lui !a première. Il approuva donc et peut-être facilita les conversations entre lord Salisbury et M, Wad-
1. Voyez la correspondance de Bismarck cl du comte Hcnckel, 1877- 1R7B. Aus Bismarck Briefwecbael, [>. 493 cl suiv.
1. M. de QJowitz raconte dans ses Memoirs. p. 167 et suiv,. qu'il en enlreUnt Gambclla àka son retour ; mais te voyage échoua dëllniti ventent, Gambetta n'ayant point accepté qu'il ne Tût pas question de l'Alsacc-Lurraine dans sa conversation avec Bismarck, Dans deux lettres au Times, en août 1907. M. F. Laur a exposé, d'après les confidences de M" Léon, que Gambetla aurait eu, au cours de l'été de 1878, un long entrelien â Varzin avec Bismarck. Mais M, Laur ne donne aucune preuve à l'appui de celte révélation, et les documenta antérieurs semblent contraires û son récit. Les amis des deux Intéressés ont prolesté dans le Temps el Ie^ Hambarger Nachi-ic/iltn contre le récil de M, Laur.