‹ Bismarck et son tempsChapitre 17 sur 270 · Rapport Lyons, du Sjuillet · texte numérisé non relu

Rapport Lyons, du Sjuillet

t. Le roi Guillaume à la reine de Prnsse, Sjuillet 1870. Celte importante correspondance a été publiée par M. Onckcn, Uitser Meldeukaiter {1897), p. 183 et suiv.. avec l'autorisation de l'tmpereur Guillaume II-

LA CANDIDATURE IIOHENZOLLERN 39

comptèrent « sur une attitude de neutralité armée, telle, qu'une partie des forces allemandes pût se trouver immobilisée ' », Sur ces paroles rassurantes, on arrêta le texte de la déclaration ministérielle'.

A deux heures et demie, l'animation était grande au Palais- Bouriran et le sentiment patriotique vivement surexcité lorsque le duc de Gramont donna lecture du document qui ressemblait plus fk un cri de guerre qu'aux explications d'un diplomate. « Nous ne croyons pas, y élait-il dit, que le respect des droits d'un peuple voisin nous oblige à souKrir qu'une puissance étrangère, en plaçant un de ses princes sur le trône de Charles-Quint, puisse déranger à notre détriment l'équilibre actuel des forces en Europe et mettre en péril les intérêts et l'bonneur de la France. Cette éventualité, nous en avont le ferme espoir, ne se réalisera pas... S'il en était autrement, forts de votre appui, messieurs, et de celui de la nation, nous saunons remplir notre devoir sans hésitation et sans faiblesse. » Cette fanfare belliqueuse fut accueillie par les applaudissements enthousiastes des bonapartistes ultra ; le centre était dans la consternation et un de ses membres les plus respectés, M. Josseau, interrogeait anxieusement le maréchal Le Bœuf et le duc de Gramont : « C'est donc la guerre ?» la gauche protesUiit contre des phrases tout ensemble si menaçantes et si impérieuses, et M. Picard, M. Jules Favre, M. Crémieux, M. Arago réclamaient la communicalion des pièces diploinatîques ; M. Thiers, entré sur les dernières paroles du ministre, s'écriait : « Mais c'est une folie ». Et

1. Déposition du maréchal Le Bœuf. Enquête parkmtnlaii'e, 1. 1, p. H- S. Les plus vives discussions se sont élevées entre les niinistrus sur la TÉUaclion de cette pièce et son remaniement au dernier moment. Une note mise en vente en 1903 (journal LEclair du 17 décembre ISOî, le Temps du IS décembre), comme consliluanl l'original de la dûclaralion, ne peut être accueillie qu'avec une grande réserve,

lie OUivier étonné du succès, inquiet aussi, écrivait A ■eur : « On efit dit que c'était une déclaration de

]*alai9-Bourbon, la vibration s'était étendue ù Paris, ù se entière. Dès la veille, certains journaux, en annon-

nouvellc de la candidature HohenzoUern, avaient i à grands cris une action immédiate ; f Quoi ! on pert à ia Prusse d'installer un proconsul sur notre frontière,' crit M. Ed. About dans le Soir. Mais nous sommes luit millions de prisonniers si la nouvelle n'est pas

Il faut absolument qu'elle soit faussa. Elle le sera si ut; mais le gouvernement est-il encore capable de ? » Après la déclaration ministérielle, les journaux )fricieux ne se crurent plus tenus à une réserve que le nemenl n'avait point gardée. Seuls, le Temps et le l des Débats détonnaient par une modération qu'on le pusillanime'; Tensemble delà presse et des joiimadu Pays à la Liberté, de Granier de Cassagnac à leGirardin, rivalisaient de violentes déclamations. Sur ilevards et les places publiques, les journaux étaient ec avidité et commentés avec passion. La Bourse, nombrables dépendances qui vont des banques >mptoirs, étaient la proie des spéculateurs do tous

linistère entier était entraîné par cette allure. Les avérants ne lui manquaient pourtant point de l'étranger. Le ncment anglais se montrait sympathique, mais enga- 1 la froide sagesse : le chef du Forcign Office recont que « le secret avec lequel les négociations avaient

prÈa Uiraudoau. La Vérilé suf la campagne rfe 1870, p. 27. CoiMlitulionnel. qui passait pour recevoir les inspirations du 1er, garda pendant plusieurs Jours une attitude reservêe.

LA candidature: iiomenzollern été conduites, avait donné une juste cause d'olîense ' » lord Lyons engageait le bouillant ministre du quai d'Oi un c&lme que celui-ci ne voulait pas revêtir. « Je suis de vous dire sans réticence, répondait le duc de Gramor conseils du lord, que l'avènement du prince de Hohenzi au trône d'Espagne, c'est la guerre *. » Le cabinet autri avait débuté en appuyant très énergiquement à Berli réclamai tons de la France*; maîsils'cfTaroucha de ladéi tion belliqueuse du 6 juillet, redouta d'être entraîné plu que ne le permettait l'état intérieur du pays, et se rctr; sur une prudente réserve'. En Russie, le Izar et le | Gorscbakoffmanifeslaientunesympalhie intéressée, et, le le général Flenry parlait d'outrage fait à la France, ils r daient par l'humiliation imposée i\ la Russie en 1856. serait nécessaire, insinuait le ministre, que le cabine Tuileries nous donnât sur le terrain d'Orient des gages d esprit conciliant*. » Et l'Italie prêchait la paix, de peur entraînée dans la guerre.

Malgré ces conseils de prudence, le duc de Gramoni çait en avant, sans rien entendre. Il était engagé à >! dans des négociations qui pouvaient aboutir, et, si Pri répondait à ses demandes que par des lamentation « comment sortir de là* », — l'ambassadeur de F perçut que le gouvernement provisoire « désirait

I. Lord GranvilJc k lotû Luflus. S juillel 18T0. Tous ces dociimeni le Livre bleu intilulù Correipondence reipecling llie négociations p aary lo the loor bttween France anii Prussia.

S. Lord Lyons à lord Granville, 7 juillet,

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