Supra, l. m, p
î. Bismarck au mi Louis 11 lie BaviËre, k aoat IS19.
D,9t,ze..yGOOg[e
sa finesse de tactique ;paiflementaire, WindthoFst avait sauvegardé l'indépendance de son parti, pour obliger -sans cesse le chanceLiei' .à de nouvelles . concessions : aussi obtint-il, dans les années suivantes, l'abrogation de la plupart des lois du KuUurkanipf.
Le vote des droits fiscaux cl douaniers marqua, d'autre part, une évolution dans l'agriculture et l'industrie de l'.Allemagoe. Ce revipement produisit nécessairement quelques troubles el amena une péciode de transition difficile ' : mais il serait puéril de nier l'essor prodigieux de l'industrie allemande de 1880 à 1890. El si, en 1891, après la chute du premier chancelier, le gouvernement allemand modifia de nouveau son régime douanier, il restait encore fidèle à la théorie de Bismarck,, que la direction économique doit être donnée au jour le jour, et suivant les besoins du moment.
Le combat de 1879 devait être suivi d'autres luttes : Bismarck .les avait aononaées au ileichstag dans ses paroles mômesde , remerciements..]! les prévoyait.aussilongues que sa vie. « Un brave cheval, disait-til humomtiquement, meurt sous le harnais'. » — Sauf ai le harnais luiestenleivé. Le'nou.veau régime douanier avait si profondément modifié Jes finances de l'Empire, que les budgets des États conrédérés,en étaient profondément atteints ; ils devaient, ,en effet, recevoir les e«cé- -dents de l'Empire, et il était .nécessaire de réglementer l'emploi de ces versements pour alléger les impôts existants. En Prusse, deux lois organisèrent ce système un peu comfiliqué, et elles fournirent l'occasion â Bismarck d'esquisser ,ii nouveau son programme économique : toi^urs davantage, il cherchait à supprimer les impàts directs, recettes dos États
1. J. Btondel. I.'esiormdaslriel el commercial du^uple'iilltmandip.i^â. %. Iiismarch à la Chambro )iriissieniic. i réveier I3BI.
Dig-zec.yGOOJ^If
POLITIQUE D'AFFAlBliri «l
individuels, pour lesiremplacer par les impôts indirecU, prélevés 'par l'Empire' ; ainsi la réforme de 1879 .paraissait autant nationale qu'économique.
Le chancelier cherchait à développer encore celle réforme et à accroître les recettes impériales. Cela ne se fit point sans heurt, même avec le fidèle Bundesrath, et Bismarck renouvela sa démbsion toujours refusée par l'empereur. En 1881, il demanda au Reichstag d'élever les impôts sur la bière et les droits de timbre. « Chez nous autres Allemands, disait-il avec bonne humeur, il n'y a rien qui lue le temps comme de boire de la bière'. » Mais les impôts de consommation n'étaient point pour lui des mesures suffisantes, il méditait mieux : les monopoles d'Etat. 11 avait souvent fait allusion dans ses discours parlementaires au monopole du tabac, mais l'accueil des députés était tel qu'il ne laissait aucun doute sur leur refus. Cependant le message impérial à l'ouverture du Reichslag; le 17 novembre 1881, annonça que a pour permettre aux gouvernements d'abolir des impôts directs écrasants et d'exonérer les communes des charges d'assistance et d'école. .., on proposerait le monopole du tabac ». Au printemps, le chancelier déposa au Reichstag un projet de loi très étudié, fortement motivé, qui organisait ce monopole. Dans les débats de l'assemblée, il paya largement de sa personne, multipliant les arguments, citant l'exemple de l'étranger et surtout de la France, démontrant les avantages qui résulteraient de ces nouvelles receltes impériales pour les finances des divers Etats; ses efforts furent vains; le 14 juin 1882, le monopole fut repoussé par 276 voix contre 43.
Après le monopole du tabac, Bismarck avait déjA rêvé le
'1 . BiamanA ftls 'Chambre dw députés pruulens,4 TAvtier WSt. fi lu Chambre des Beigilcurs, 16 et 17 février 1881. 2. Bismarck au Reichstag, 38 mars 1881..
Diglizec.yGOO^lc^
monopole de l'alcool, du sucre. La chute de l'un enlraîna la disparitioD des autres. Le ch&sseur au marais politique avait soudain manqué de buttes où poser ses pieds.
Autant que l'industne, le commerce allemand avait profité des victoires nationales. Pendant les premières années de l'Empire, la politique de libre-échange facilita les impoi-talions et développa naturellement le commerce intérieur et extérieur de l'Allemagne. Les années de dt^pression, Tadoption d'une politique de porte fermée ne pouvaient que lui être nuisibles ; Bismarck comprit que « le trafic allemand, la production allemande et te débouché de ses produits ' » dépendaient en partie du nouveau régime douanier, et qu'il était nécessaire de leur rendre par des mesures de protection ce qu'ils pouvaient perdre par la fermeture des barrières de douane. Pour mieux agir en faveur du trafîc allemand*, îl prit en 1880 le portefeuille du Commeree et de l'Industrie. Il apportait ici comme en toutes choses un sens d'homme d'affaires. « Mon esprit est dirigé uniquement vers la pratique », disait-il à cette époque'. Mais il ne perdait point de vue son but dernier, le développement de l'Empire et des institutions impériales. De là, un double ensemble de mesures économiques : la nationalisation des voies de transport, la protection du commerce extérieur.
Les premiers chemins de feravaient été construits dans les
1. Le chancelier de l'Bmpire au Conseil redirai, IS mars iSK.
3. El aussi pour préparer la nouvelle lé|;islation sociale. In/ra, p. 49S. Cf. Itismarck â l'empereur Guillaume, 10 septembre 1880. Kaiser Wilhelntl und Bitmarck, p. 3UI .