‹ Bismarck et son tempsChapitre 193 sur 270 · Lenz. Ottchichte Bismarcka, p · texte numérisé non relu

Lenz. Ottchichte Bismarcka, p

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ment regretté par son chef. Le prince de Hohenlohe, qui le remplace pendant quelques mots, a l'estime de Bismarck, non son intimité : ce sont deux tempéraments, deux âmes incompatibles. Hatzfeldt, qui prend ensuite l'Office, est sans autorité. Le chancelier parle avec colère des princes, qui ne luîsont point assez reconnaissants '. Un jeune homme seul a sa confiance, son fils Herbert, formé aux alTaires par des missions en Angleterre et en Russie, devenu conseiller intime, Excellence, et, dans la pensée secrète de son père, coadjuteur avec succession future '. Bismarck a^l dans la solitude de Varzin ou de Friedrichsruh ; ambassadeurs ou ministres y viennent pour deux jours, repartent avec ses vieux récils ou ses confidences voulues, jamais avec son intime pensée, qui reste impénétrable. iDe celte solitude, il a fait un système de gouvemement. « Je serai moins envahi par les diplomates étrangers, écrit-il un jour de départ à son vieux maître; j'augmenterai la distance entre moi et ces messieurs, qui cherchent à me voir sans nécessité absolue. ». Ses séjours & Berlin, pour les sessions législatives, étaient si pleins de séances aux Chambres, de discours retentissants, de conciliabules avec les groupes, de réceptions officielles et d'agapes parlementaires, qu'il lui était facile d'étuder les visites déplaisantes et les explications difficiles. Ses cures à Gastein ou à Kissïngen lantAt lui facilitaient des conférences prétextées par une rencontre aux bains et tantôt lui permettaient d'avancer l'excuse de « congé pour raisons de santé ». Il fut, dans son temps, l'homme le plus entouré, le plus visité, le plus sollicité, le plus pressé ; de sa naissance à sa mort, il vécut solitaire.

I. Blamarck bu comte de Salnl-Vallier, £0 novembre 1879. Birmarck Jahrbuch, t. IV, p. 236. Bismarck au ReicbBlag, 19 décembre ISSt. S. Prince de Hohenlotie-Schillingsrarsl. Denktoardigheiten, t. H p. 29S. 3. BuBch. Tagebuekblaiter, 1. 111, U Uvrier 1890.

U considérait à toute heure la carte de l'Europe,

L'Angleterre vivait dans un « splendide isolement >, absorbée par le développement de ses colonies; il fallait la ménager, profiter de ses difficultés avec la France en Ég^'pte, considérer « paisiblement ie choc des locomotives anglaises et françaises ' » ; et, si les voies britanniques et allemandes risquaient aussi de se heurter en Afrique, si John Bull « s'étennait de voir les rats de (erre du cousin aller, eux aussi, sur mcr^ », il était nécessaire d'user de quelques ménagemenU envers ce puissant voisin, de lui promettre amitié, même si ses notes diplomatiques prenaient « un ton plus tranchant et moins amicaP », et de proclamer que les rivalités de commerce n'étouffent point une vieille, affection de famille.

Les relations avec l'Autriche avaient pris depuis 1879 un caractère fraternel ; le successeur d'Andrassy, baron Haymerlé, avait gardé encore quelque indépendance envers l'Allemagne ; à sa mort, le comte Kalnoky développa jusqu'à l'intimité le pacte de 1879; et si quelque fâcheux, tel que M. de Beust, se souvenait de Sadowa, le chanceher l'écart tait avec une dprete si faroiiche et si contagieuse que même le Beichshund, Tjras, montrait les dents, t J'ai rencontré M. de Bismarck et son chien, racontait spirituellement le comte de Beust; l'animal m'a tourné le dos^ » Désormais les deux Empires sont liés d'un lien qui se resserre chaque année et dont l'avenir est un mystère ; de 1880 à 1890, l'Autriche est un satellite de l'Allemagne.

La Russie, au contraire, s'est détachée d'un accord qui a

1. Prince de Hoheiilohe. Denk<i:liriligkeiUii. I. Il, p. .')iU.

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