Bismarck au flekhsta g. 2marslSB
*. Comte de Beust. Mémoirei, 1. Il, p. 5T7.
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duré quinze ana, el qui a profilé surtout à l'Allemagne. L'alliance des trois Empereurs existe encore, sur le papier tout ali moins, et n'aura sa fin qu'en 1887 '. Mais, depuis le Con^^s de Berlin, elle a perdu toute force, car la confiance n'est plus : les Russes se sont déclarés trahis par l'ami infidèle; un nouveau parti est né, qui dénonce l'ingratitude de l'Allemagne, recherche de nouvelles amitiés, et s'accroît sans cesse à la cour, dans les cercles politiques et militaires *. Le tzar Alexandre II est mort le 13 mars 1881, victime des nihilistes; son fils n'a point avec la cour de Berlin les mêmes relations de confiance ; ses amitiés sont à Copenhague ; ses aspirations vont versTOccident, Le vieux GortschakofT, successivement protecteur et adversaire de Bismarck, est en retraite; si son successeur, M. de Giers, parait » du cdté de l'Allemagne' », Ignglieil, au Conseil de l'Eknpire, SkobeleiT, dans l'armée, sont nellcment hostiles. Tout est prétexte à ressentiments entre les deux pays, les combats de douanes, les fortifications en Pologne, les concentrations de troupes russes sur la frontière '. Désormais les relations sont nerveuses entre les deux cours, affectueuses un jour, médiocres le lendemain, Bismarck, d'ailleurs, a devancé la rupture de l'ancienne alliance ; il avait à choisir entre la Russie et l'Autriche ; par le traité de 1879, il a préféré Vienne'; PélersbouiTÇ s'est tourné vers Paris.
Vers 1880, la France sortait lentement de ses travaux de
i. impofianl article des Hamburger Nachrichltn, dircclemeot inspira, sinon dicl« par Bismarck, 16 Janvier 1397. Bismarck Jakrbuch, t. V. p. Kî.
i. Millnacht. Erinnerungen an Bismarck. \eue Folge, p. 32,
3. L'empereur Guillaume a Bismarck, 9 mars 1884. Kaiter WilMta twid Bitmarck. p. 3i4.
k. Bismarck k l'empereur Guillaume, i'i décembre I88i. Le roi Louis II de Bavière à Bismarck, 2 septembre 18S3,
5. Pdster. DasdtuUcht Vaterland im XlXif Jakrhanderl, p. 605. KleinilatUngen, Bimnarck und Mftie WetI, t. Il, p. hH.
réorganisation ; un grand minisire, Jules Ferry, comprit qu'il lui fallait de nouveaux travaux et de nouvelles gloires ; sans perdre de vue « la ligne bleue des Vosges », il engagea son pays dans la politique coloniale; sa patrie l'appellera glorieusement le « Tunisien » et le « Tonkinois ». Bismarck ne manqua point de favoriser des entreprises qui absoiiiaient la France dans de lointaines expéditions et la détournaient de la ' frontière alsacienne. Dès le Congrès de Berlin, il encourage ses visées sur Tunis. En novembre 1880, le comte de Saint- Vallier se rend à Priedrichsruh pour préparer confidentiellement la campagne de Tunisie'; le traité du Bardo plaît au chancelier, et doublement, car il absorbe la France au loin el va brouiller l'Italie avec sa voisine*. Il espère que la France annexera le Maroc, « nous ne pouvons que nous en réjouir», disait-il^. Et l'expédition du Tonkin lui semble très convenable. A cette époque, 1884, les relations sont meilleures avec la France qu'elles n'ont été depuis 1870; dans toutes tes questions coloniales, Bismarck prête son appui au cabinet de Paris; il proclame hautement & la tribune du Reichstag a la pleine confiance des deux gouvernements dans la loyauté et la sincérité de leurs relations mutuelles * » ; des négociations 1res secrètes sont engagées pour une entente politique : « Ce ne sera pas encore un traité d'alliance, mais en tous cas un grand rapprochement », écrit le plus fin des diplomates allemands*.
Néanmoins les cœurs français restaient hostiles à l'Allemagne et n'abandonnaient rien deleurs espérances. Bismarck
I. Prince de Hohenlohe. Denkwardigkeilen, t. II, p. 307. i. Busch. Tagebuchbldtler, 3 mai 1S81.