Prince de Holientohe. DenkwUrdigkeiten. l. II. p. 35i
DIX ANNÉES DE POLITIQUE EXTÉRIEintË 513
prévoyait un rapprochemeDt des gouvernements de Paris et d« Pétersbourg, qui menacerait l'Allemagne. L'alliance avec l'Aulriche n'était plus suffisante pour garantir l'Empire germunique ; il devenait nécessaire d'y joindre une troisième puissance : l'Italie s'olfrit.
Lentement, la cour de Rome s'était rapprochée de l'Allemagne : les voyages de Victor-Emmanuel à Berlin en 1872, de Guillaume à Rome en 1875, marquèrent les premières étapes de cette évolution. Ea 1878, le roi Humbert arrivait au pouvoir avec des idées nouvelles, trop jeune pour avoir vécu la guerre de 1839, admirateur de la grandeur et de la culture allemandes; en août 1879, Cairoli venait 6 Gastein pour sonder le chancelier impérial ; mais Bismarck se méfiait de l'amitié italienne, parlait avec un souverain mépris de « ces corbeaux qui se nourrissent de charognes et attendent autour des champs de bataille qu'on leur laisse quelque chose à manger' ».
Cependant les réfonnes, tes vaillants elîorts de l'Italie en faisaient une puissance digne d'intérêt, et, en 1881, l'afTaire de Tunisie la séparait de la France : dès le Congrès de Berlin, les diplomates italiens avaient été avisés « de l'existence de certains accords secrets et intimes au sujet de la Tunisie * » ; le traité du Bardo surprit et indigna le peuple italien, qui considérait Tunis comme une dépendance naturelle de la Sicile; les regrettables incidents de Marseille déterminèrent la brouille définitive ; dès iors commencèrent, dans les rapports des deux sœurs latines, les « années troubles ' » ; les hommes d'État de Rome se tournèrent résolument vers l'Aile-