Allgtmeine Zeilung du 5mailS8S
Koi BISMARCK
contre les procédés élecloraux du ministre de l'Intérieur, en invalidant l'élection de son propre frère, M. de Puttkamcr- Plaulli, entachée d'ingérence administrative. Et le roi autorisait une fête d'étudiants, que le ministre avait interdite à Berlin. Bismarck était revenu fort inquiet de Varzin, où il avait passé une douzaine de jours à la fin de mai; ce conflit entre le monarque et le ministre de son propre choix donnait à son avenir personnel une noire incertitude ; les conciliabules se multipliaient, Puttkamer envoyait au souverain un mémoire pour justitier sa conduite et le ministère tentait une diversion. Mais Frédéric 111 ne se laissa point détourner de' sa voie droite : h l'insu de son chancelier, il adressa à Puttkaimer une lettre, de ton très sec, où il déclarait' insuffisantes les explications du ministre. C'étEiil un blâme direct et une invite h la retraite : le 8 Juin, Puttkamer envoya sa démission.
Biumarck était atteint : te bldme, adressé par le souverain au ministre de l'Intérieur, frappait le Président du Conseil, le mailre autoritaire qui avait accepté les procédés condamnés, les avait inspirés, en avait profité. II n'était homme ni à se le dissimuler ni à s'y dérober : il se rendit de suite auprès de Puttkamer pour lui exprimer « son amitié et sa reconnaissance », et, le 11 juin, il donna à la chancellerie impériale en l'honneur du ministre démissionnaire un diner qui ressem* blait à une protestation et à un défi. La lutte commençait entre Frédéric et Bismarck ; la grande faucheuse y mit une fin brutale.
IjC 8 juin, le jour même où Puttkamer recevait la lettre décisive, l'empereur s'affaiblissait, comme une ilamme en son déclin. Deux jours après, il était si mal que les médecins l'avertirent de la gravité de son élat. Nulle plainte, cette simple phrase, crayonnée sur un papier : n Je regrette de ne point aller mieux, » Et il continua son travail habituel. Le 14,
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