TROIS EMPEREURS EN UHE ANNÉE E
OU d'Eldorado ' ». Bismarck résista à ces deux tendances, et démontra que l'empire colonial de l'Allems^e ne s'établirait que par un travail lent et persévérant. « On a représenté, dit>il, que toutes nos entreprises ont échoué et fait fiasco. Le caractère national allemand n'est pas si facile. Dieu merci, à effrayer que, par des faux pas isolés, des erreurs ou des sacrifices, il se laisse détourner des entreprises coloniales une fois engagées... Rappetez-vousThisloire des colonies hollandaises. Combien elles sont devenues grandes ! Quels hauts et bas elles ont eus... Ainsi vous voyez que la ténacité germanique ne finit pas moins par arriver à bonne Ru... Nous ne ferons pas comme fit, dans le conte, l'homme qui voulait parcourir le pays, et qui, une fois hors du village, ayant trouvé du froid et du vent, revint sur ses pas et retourna se blottir chez sa mère '■ »
Au début de sa session, et sur la proposition de Windthorst, le Reichstag avait, par le vote d'une motion spéciale, « exprimé la conviction que pour gagner l'Afrique à la civilisation chrétienne, il serait nécessaire de combattre la traite des nègres et la chasse aux esclaves », et il avait provoqué le gouvernement impérial à lui proposer des mesures dans ce but- Bismarck s'empressa de répondre à ce noble désir, et, le 22janvter1889, il déposa au Reichstag un projet de lot destiné « à réprimer le commerce des esclaves et à protéger les intérêts allemands dans l'Afrique orientale » ; une somme de 2 millions de marks était mise à cet effet & la disposition du gouvernement; un commissaire impénal était chargé de surveiller les actes de la Société de commerce qui exploitait l'Afrique orientale. Le projet vint de suite en délibération ; après de nombreux discours, du comte Herbert de Bismarck, secrc-
I. H. Bambvrger au Heîuhstag, 15 janvier IS89. i. Bismarck au Rcichslag, 15 janvier 1889.
laire d'Etat aux Affaires éLraDgèecs, da oapitaine Wissmann, désigné comme futur oommisBidre en Afrique oôentale, de M. Bambei^er, iprogreasiste, hostile à l'extension des oolonies allemandes, de M. Windlhorst, favorable au projet a parihopreur de l'esolavage u, Bismarck pritilaiparole pour rappeler à l'Aeseniblée comment l'Alleniagne avait été -cuneoée à conquérir descolooies. «Je n'ai pas été, idit-â, dès l'origine un homme <oolonial ; j'ai eu de lé^times héaitaboBS. et oe n'est que la presàon de l'opinion publique, la pi>eseion de la majorité qui m'a décidé à capituler et à me aubcrdonner. » Il -as dissimula point que de cette politique nouvelle étaient résultés quelqties diiEcullés BV6C l'Angleterre et cerlainsiAéboires pour les Boaiétés décolonisation. Le société de l'Afinque orientale, apéoialement, a fait de mauvaises aâieùres « parce qu'elle s'est attirée la colère des chasseurs d'esclaves. Ce qui 'est exécré là-bas, c'est le chrétien, le prartaetenr des «esoUrves, Oâlui qui -empêche un conmerce iUioite ». EL, après avoifcité quelques abominables faits de Ivaite, Jechancelier ajouta : « Devons-nous ou non tolérer de pareilles choses, 'tme fois-que iHuis «ommes établis là->baa, — les tolérer, parce que financiéavment leur répresaon ne nous rappoKc rien ' » ? L'opinion du Aeichstag était conquise par avance : elle adopta plus tarai le projet de loi .sans y -apporter de modificalioss essentielles.
Dans son message dulTnoventbre l>88i, — œuvre de Bismarck, — l'empereur Guillaume 1°' avait indiqué ^rois étapes & la nouvelle législation de protection «ooiale; l'assurance des ouvriers contre la maladie, les aceidents, et ia vinlleese. Des lois promulguées de 1883 à ISSSavaient franchi lee.deux premiers échelons; restait la dernière phase, la lutte contre