‹ Bismarck et son tempsChapitre 218 sur 270 · TROIS EMPEREURS EN VUE ANNÉE S · texte numérisé non relu

TROIS EMPEREURS EN VUE ANNÉE S

la "Weitlesse et l'invalidîté'. Dans Bon ttiscotirs da trAne, le ai novembre 1887, le vieux Bouverain recommandait au Reiofastag d'acoorder aux travailleurs allemandB ce nouveau soulagement à leurs misères; les événementsde 1886 ne permirent point de répfflidreàce vœu, mais le jeune monm^ue eut à cœur d'exécuter cette dernière volonté du grand empereur, et, Bursononire, les messages des 25 juin et ^novembre 1868 annoacdrent en ces tannes le développement de la législation sociale : « Je ne me livre pas, était-il dit dans le second, à l'espérance de bannir -du monde par des mesures l^slatives les détresses du jour et la misère humaine, mais je n'en considère pas mmns comme une obligation du pouvoir de l'État d'agR" «elon ses forces f>diir adoucir les souffrances économiqueB actuelles «l d'afHrmer par des institutions organiques que tîamoardu prochain, issu du cbristàanisme.'est un devoir . peur l'ensemble de l'État. » Dès la fin de novembre, le gouvernement 'déposait au Reichstag le projet de loi « -concernant t'sasumnce pour les owriers contreles risques -de la vieillesse et éti l'inralrâHé n.

Tout onvner ou employé louchant un salaire inférieur à 2.000 marks «Bt obligatoirement assuré contre l'incapacité de travail ou la "vieillesse, cette assBranee pourra être étendue aux petits patrons par décision du Conseil ledéral; les charges des pensions «ont supportées à la fois par les ouvriers et les patrons qui versent «n commun ies primes d'assurance et par l'État qui accroît les pensions par ime 'allocafion supplémentaire; les primes varient de 14 à 30 pfennigs par semaine: elles sont versées par les patrons qui peuvent en retenir *la

1. Vnirsur la loi du 21 julo 1889, le lexlc ella notice de M. lîruner dans V/hatuairt de Législation étrangère, ISBO, p. 132 ^el suiv. G»d. Lé saàalismt d'Klal dam VBmpire allemand. Revue det Deux.Hondt» du i" avril tm>, p- 9W et 8utv.

moitié au compte des ouvriers ; elles sont constatées par des timbres apposés sur des carnets à souches; la (i^sUon des assurances estconfîée à des établissements constitués spécialement à cet effet, oi^nisés et surveillés par l'État, mais où les intéressés ont une part d'activité et de responsabilité; la pension d'invalidité varie suivant les salaires et le nombre des cotisations versées^ elle s'élève de 114 à 415 marks; la pension de vieillesse est au minimum de 106 marks ets'élève progressivement aux cotisations versées.

Ce projet réalisait un progrès considérable sur te néant législatif de la veille, une étape décisive dans la vie ouvrière. Il fut néanmoins accueilli sans enthousiasme; la droite était eiïrayée par les charges qui résulteraient pour l'État et pour les patrons des pensions à créer; le parti socialiste critiquait la modicité de ces pensions et le fardeau qui en incombait aux ouvriers. Les efforts de M. de BOtticher pour en obtenir du Reichstag le vote prompt et intégral eussent échoué si Bismarck n'y avait joint l'autorité de sa parole. Le 29 mars 1 889, il intervient pour affirmera l'Assemblée qu'aucune divergence ne s'était produite au Conseil fédéral, que lui-même en particulier a n'est pas froid pour ce projet. — Al'Age avancé où je suis, ajoute-t-il avec quelque mélancolie, je puis encore faire une chose, mais non pas tout ce que j'ai fait précédemment. Mon premier devoir est de diriger ta politique extérieure... Dans les questions discutées aujourd'hui je suis plus que remplacé par mon collègue, M. de Bôtticher. . . , mais il m'est permis de revendiquer pour moi la paternité première dé toute la politique sociale ».

Dans les débats de la loi, les critiques se firent nombreuses, venant surtout des parties extrêmes; il devenait douteux que le projet pût être adopté dans la session de 1889. Bismarck reprend la parole, le 8 mai, dans un discours qui

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