‹ Bismarck et son tempsChapitre 219 sur 270 · TROIS EMPEREURS EN UNE ANNÉE S · texte numérisé non relu

TROIS EMPEREURS EN UNE ANNÉE S

sent l'improvisatton, taché de ces écarts de langage qui marquaient chez lui ratTaiblissement de l'Age» mais plein encore de dialectique et de'volonté. 11 conteste aux chefs socialistes de représenter les ouvriers. « Avec la démocratie, dit-il, nous vivions sur le pied de guerre, el elle attaquera, -;— absolument comme les Français, — dès qu'elle se sentira assez forte pour cela... Depuis un quart de siècle ces messieurs votent contre nous, u Puis il attaque ses anciens alliés de l'extrême droite, les a hyper-conservateurs », «Comment pouvez-vous, leur criet-il, donner tant de place à La colère individuelle, au dépit, à l'intérêt local, en présence d'une question qui touche, comme celle-ci, la totalité del'Empire dans ses dernières profondeurs ». Il conteste les critiques dirigées contre le projet par les représentants de la propriété rurale. Et, pour terminer, il adresse un énergique appel aux conservateurs, aux nationaux et au centre, « c'est-à-dire aux partis qui veulent maintenir et soutenir l'Empire. C'est uniquement avec eux que j'ai à m'expliquer, avec les autres j'ai à combattre, c'est autre chose' ».

Cet appel fut écouté ; la coalition de 1887, le Cartell ', se reforma et la loi fut votée par 183 voix contre 163.

Ce furent les derniers mots prononcés par Bismarck dans une assemblée parlementaire : député pendant quatre années, ministre vingt-six ans, il avait parlé sur les sujets les plus variés avec souplesse, avec vigueur, avec autorité. Ladernière page de ses discours est tournée. Sa carrière législative est terminée.

Nul alors ne s'en doutait, surtout lui-même. Déjà il se préoccupait des élections de 1890. Le Cartell de i887 n'avait assuré au chancelier qu'une faible majorité, une vingtaine de

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