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laume ? — Je sais cela, répartit Bismarck, par des lettres confidentielles que j'ai soin de recevoir de Pétersboupg à côté de la correspondance officielle'. » L'empereur exigea la production de ces lettres et leur lecture ne le convainquit point. Peut-être, pris de soupçons, pensa-t-il que Bismarck les lui remettait pour l'éloigner de Pétersboui^ et pour négocier seul avec la Russie".
Cette discussion n'éveilla point la méfiance de Bismarck. Il rentra dans ses terres, sans crainte pour son autorité'. Et c'était là le plus grave symptôme de son aiîaiblissement sénile, que son flair, si subtil à prévoir les dangers, demeurât en défaut, ne lui signalât pas les indices pourtant si nombreux d'un conflit décisif, et omît de lui révéler qu'entre h l'empereur et Bismarck c'était une question de pouvoir'».
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Dans la pensée de Bismarck, les lois en faveur des ouvriers devaient avoir un contrepoids nécessaire dans les mesures contre les démocrates. La loi de répression, votée en 1878 à la suite des attentats contre l'empereur, renouvelée à plusieurs reprises, venait à échéance en 1890. Le chancelier désirait son renouvellement définitif, et avec de sévères aggravations : le projet, déposé au Reichstag le 24 octobre 1889, comportait notamment pour les chefs démocrate et lesH agitateurs » l'expulsion de certaines villes ou régions, et, pour les journaux socialistes, la suspension perpétuelle
i Die Hambai-ger NackrichUn, 24juilleH89i et We Pos(, S9 juillet 18«. ï. Bismarck était défavorable au;t nombreux voyages de l'empereur, qui dûnnaîenia la personnedu souverain une importance exagérée à son gré. 3. Blum, Meim Erinnerimgen an Bi»marck, p. £78. *. Prince tie Hohenlohe. DenkwOrdigktittR. I. Il, p. 465.
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après deux avertissements. La commission du Reichstag n'accepta que la prorogation de l'ancienne loi et pour quelques années seulement. La discussion en deuxième lecture s'engageaà la Chambre le 22 janvier 1890;la coalition, — le Carlellde 188T, — se serait peut-être reformée, si le gouvernement avait fait quelques concessions ; car le parti national-libéral et les conservateurs bbres acceptaient le projet de loi, si l'on en retranchait l'article sur l'expulsion ', et le chef des vieux conservateurs, M. de Helldorff, déclaraîtque son parti, quoique hostile à cet amendement, voterait la loi qui le contiendrait, « si le gouvernement déclarait formellement qu'il accepterait la loi même aflaiblie, Ce n'est pas nous, ajoutait-il, qui gouvernons, mais le gouvernement, et nous adhérerons à son avis ». Le projet fut accepté dans ces conditions le 23 janvier, et le Reichstag fixa au 25 sa troisième et définitive lecture. Le 24 janvier, Bismarck revint à Berlin, avançant son retour de trois jours pour prendre part, disait-il, aux débats du Reichstag, Il avait d'autres raisons, et plus graves, de regagner la chancellerie impériale.
L'empereur Guillaume II ne dissimulait pas qu'il était hostile aux mesures d'exception : il prétendait combattre la démocratie antidynastique par des mesures de .protection sociale qui rallieraient aux HohenzoUem le grand parti des travailleurs. A l'occasion d'une grève des mineurs westphaliens, il avait déploré la rapidité de certaines fortunes et la profondeur de certaines misères'. 11 voulait soulager, non frapper, — coudre, sans déchirer. Bismarck n'ignorait pas cette tendance qu'il trouvait détestable. Il arrivait à Berlin, le 2i janvier 1890 vers deux heures de l'après-midi, tout bouillant de colère contre les démocrates et aussi contre les
i. Leni. Gtickichlt Biimqrci), p. 44S.
S. Maximilien Harden dans le Zvkunft, toc. cil.
Ti promissions parlementaires, et it réunit le Conseil des nistres pour lui communiquer sa vaillance. 11 fut fort étonné voir que ses collègues ne partageaient point son ardeur et ieiit disposés à accepter les adoucissements apportés par le ichsiag au projet de loi sur les menées démocrates. Z'esl une faute, dit-il tout net'; le gouvernement ne doit s acquiescera cetamoindrissemenldela loi; si le Reichstag vote néanmoins, nous pourrons plus tard demander de iivelles aggravations, que notre acquiescement actuel js rendrait impossibles. Bien mieux vaut-il proposer, à la icc de l'expulsion, l'interdiction de séjour*. Si je parle ce sens au Reichstag, j'obtiendrai certainement une grosse Jorité par la reformation du Cartell. » Les ministres ne marcrenl nul enthousiasme pour celle procédure : Bismarck les sentait plus en ses mains.
Mécontent, énervé de cette résistance, le prince se rendit inq heures et demie auprès de l'empereur. Il retrouva la me opposition mais bien plus forte, car, depuis près d'un is, Guillaume avait annoncé qu'il prendrait l'initiative de ivelles lois sociales, pour n'en point laisser le mérite aux tupcs parlementaires ; Bismarck se refusait à celte consion, parlait tout au contraire d'imposer à ce Reîchstag à son successeur la loi de répression ; si les nouveaux lutés la rejetaient, on les dissoudrait « pour marcher énepuemenl ». Il se croyait encore en 1863. L'entretien du narque et du chancelier ne dura qu'une demi-heure : à heures, Bismarck sortait du cabinet impérial en annonçant il avait demandé au souverain de confier le portefeuille
Bliim. Fllrit Bismarck und leîne Ztil. 1, VI, p. 377 et sulv.. d'aprës iclt qu'a fait Bismarck & l'auteur en 1893.
An Sielle der Auauieisung, die Verbannung. Ces deux n iticles dans la législation allemande.
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