‹ Bismarck et son tempsChapitre 231 sur 270 · Lenz, ûetchichlw BUmarcka. p. ttS · texte numérisé non relu

Lenz, ûetchichlw BUmarcka. p. ttS

2, Sur ce point, les récitG île Windlhorst et de Bismarck à leurs amis sont concordants.

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peuMlre convaincu. Mais il n'a point retrouvé l'invincible d'anlan, et, mélancolique, il confie à ses amis : « Je viens du lit de mort politique d'un grand homme'. »

Windthorst parti, Bismarck se met à table avec ses intimes, quelques invités, son chef de cabinet, M. de Rottenburg; dédaigneux des papotages, le chancelier raconte qu'il a trouve Windthorst vieilli, et la visite se divulgue, que Windthorst eûtdésirée secrète dans l'intérêl même de Bismarcks DecelEe façon ou par un rapport direct, ïa nouvelle en parvient ù l'empereur. Il pense que Bismarck trame une' coalition dirigée contre lui-même, il a ses raisons de croire que le chancelier ne se laissera point renvoyer sans se défendre.

Dans l'après-midi de ce même jour, peu d'heures après le départ de M. Windthorst, M. de Lucanus, chef du cabinet civil de Guillaume II, se présente de la part de son mailre auprès du prince : « L'empereur invite le chanceher-à lui donner avis préalable des négociations politiques qu'il veut conduire avec des députés. — Je vous prie, réplique Bismarck, de déclarer à Sa Majesté que je ne laisserai personne disposer de ma porte'. «

Le lendemain, 15 mars, l'empereur en personne parait ù la Wilhelmstrasse à dix heures du malin et demande à parler au chancelier. Celui-ci ne se lève jamais qu'à midi el est encore au lit. On le prévient, il s'habille en hôte. Comme entre deux fines lames, l'assaut s'engage, vif el serré. L'empereur demande ce que signifient ces négociations avec M. Windthorst. Il ne s'agit point, objecte le ministre, de

I. M. Spahn. Vtber dasdeulsche Ctntr !. Cf, un article très documenté de la .

3. RËcit de Bismarck à Blum. Meine Brinnerungen an Btamarck. \

3. Cf, un article très documenté de la kolnitche Volkateilung, 7 n bre \m.

négociations, mais de conversations personnelles et con6dentielles. Le monarque ne s'arrête point à cette excuse et revendique son droit d'avoir connaissance des négociations de son chancelier avec les chefs des partis politiques. Bismarck Implique dans sa manière forte. — « C'est tout au plus s'il ne m'a pas jeté l'encrier au visage », raconta plus tard Guillaume è ses confidents'. « Je ne laisserai soumettre à aucun contrôle mes relations avec les députés », répond le ministre à l'empereur. «Même si je vous l'ordonne comme souverain », rétorque Guillaume avec irritation, El Bismarck de répondre : « Les ordres de mon empereur s'arrêtent à la porte du salon de ma femme. » Il ajoute qu'il n'est resté au service du jeune empereur que sur la demande du vieux Guillaume ; s'il ne plait plus, il est prêt à se retirer.

Après cette scène, ta rupture était certaine, et à bref délai. Guillaume avait compris que le chancelier lui enverrait sa démission sur-le-champ; Bismarck croyait, — ou feignait de croire, — qu'il n'était question encore que d'abroger l'ordre de 1852, et il travaillait au mémoire demandé par le monarque, en accumulant les arguments favorables au maintien de l'autorité du premier ministre. Mais il était sans illusion sur son propre sort, il mandait àla Chancellerie le fidèle Busch pour arranger et emballer ses papiers. « Je m'en vais, répétait-il avec mélancolie, le plus tôt sera le mieux. Cela n'est plus tolérable'. »

Le 11 mars, dans la matinée, le général de Hahncke, chef du cabinet militaire de Guillaume, se rend auprès de Bismarck : « L'empereur attend la démission du prince ; il est prêt il recevoir le chancelier pour ce faire à deux heures. — Mon état de santé, répond le prince, ne me permet pas de

1, Prince de Hohenlohe. DenkmûrdigkeiUn, t. II. p. WB.

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