Supra, t. ni, p. M7 et auiv
i. Cet article el tous ceux qui en ont été la suite ont Été recueillis dans \e Bismarck Jahi-buch, t. IV, p. 3Ï6 el auiv.
Dig-zec.yGOOJ^Ic
échéance en 1890. Le lendemain, le Reichsanseiger rappelait que la discrétion est pour ïes hommes d'État un devoir « sous leur responsabilité ». Le combat s'a^ravail, car derrière la controverse des deux journaux paraissait la lutte personnelle de l'empereur et de son ancien chancelier.
Pendant quelques jours, Berlin vécut dans l'émoi et ' l'anxiété : on parlait de mesures projetées contre l'tncorngible bavard; on rappelait le sort d'Amim, écrasé par Bismarck m^me pour une moindre faute. L'émotion se refléta au Reichslag, où le comte Hompesch interpella le chancelier impérial sur les a révélations récentes ». Souple et fin, le prince de Hohenlohe invoqua le secret d'Élat, le danger des indiscrétions, « les nuages de méfiance, soulevés d'abord dans quelques couches de la population allemande, heureusement dissipés à l'heure actuelle' ». Et le secrétaire d'Etat aux AfTaires étrangères, baron Marschall, parla longtemps pour De rien dire, ce qui est le commencement de la sagesse diplomatique. Puis dix-sept orateurs exprimèrent des opinions diverses, sans omettre les détails de leurs penstes, ni craindre des digressions qui entraînèrent l'intervention du comte Herbert de Bismarck. Et, après qu'on eut tour t tour exalté et conspué Bismarck, on s'arrêta, et chacun s'en fut chez soi. El tes journaux aussi se calmèrent, et parlèrent d'autres choses. Car Hohenlohe, profond connaisseur des curiosités humaines, savait que tout lasse et tout passe.
Le superbe athlète n'était plus qu'un vieillard. Autour de lui tout était changé ; ses compagnons de lutte étaient dis-
lu Reichslag. 16 novembre 1396, H, Kohi.
parus les uns après les autres, Roon le premier, puis Guillaume, Moltke enfin ; de ses collaborateurs, les meilleurs étaient partis, Abeken, DelbrUck, Lothar Bûcher; l'enfant ingrat, Bœtllcher, et le successeur du comte Herbert, Marschall, étaient tombés h leur tour du pouvoir; plusieurs a^nts de Bismarck, Lutzow, Tausch, avaient été englobés dans des procès retentissants. La brouille était renouvelée entre Termite du Sachscnwald et Guillaume II qui n'était plus revenu à Friedrîchsruh. Bismarck n'était plus que l'homme de l'avant- veille.
Ce n'était plus qu'un vieillard. Sa haute taille s'était voûtée, le masque énergique du visage s'était déjeté, comme grimé parla vieillesse; seul, le regard demeurait élincelant et fier. Il n'était pas retourné ù Varzin depuis la mort de la princesse, et les paysans poméraniens parlent encore tout bas, comme d'un dieu, de ce grand cavalier qui chevauchait dans les bois dorés parl'automne et que brusquement ils n'ont plus revu ' . Au printemps de 1898, on rencontrait encore parfois sous leschênesdcFriedricbsruhun très vieil homme, fort pôle, vêtu de noir comme un clergyman anglais, et qui fixait les passants d'un œil dur. El les passants s'inchnaient avec respect ft son apparition. Ces dernières promenades lui furent bientôt impossibles; le toile junker, le cavalier de Sadowa et de Sedan ne sortît plus qu'en voiture et ne marcha que dans son château.
L'intelligence était restée vive et forte, en révolte contre la décrépitude du corps. II avait conservé toute sa puissance d'indignation et de colère, furieu.x conliï la politique de ses successeurs, les traitant de gens sans prévision, se contentant de vivre au jour le jour, et ne sachant où ils allaient '. La poli-
1. Paul MttUcr. CAcs Bhmarck û»ns la GraïuU Bévue, d'avril 1905.