‹ Bismarck et son tempsChapitre 242 sur 270 · Linian. Fartl Bismarck nach seiiier Enllassung, ]i · texte numérisé non relu

Linian. Fartl Bismarck nach seiiier Enllassung, ]i

• LES DERNrÈBES ANNIÏES 619

tique! c'était sa dernière, sa seule préoccupation, et peu de jours avant sa mort, s'entrctenant avec le docteur Schweninger des événements du jour, il s'écriait en portant ses deux mains à la tète : a Ne pourrais-je donc encore une fois entrer dans la porcherie et leur dire où cela mène. Mais vous savez, Schweninger, ma trompette ne donne plus de son, elle est trouée. » Parfois ses pensées étaient douloureuses, car elles lui retraçaient une histoire de sang et de deuils. « Je me sens l'âme triste, avait-ildit jadis. Jen'ai jamais, dans ma longue vie, rendu personne heureux, ni mes amis, ni ma famille, ni moi-même !,.. J'ai fait du mal, beaucoup de : mal ! . . C'est moi qui suis la cause de trois grandes guerres ; c'est moi qui ait, sur les champs de bataille, fait tuer ' 80 000 hommes qui, aujourd'hui encore, sont pleures par leurs mères, leurs frères, leurs sœurs, leurs veuves !... Mais tout cela, c'est affaire entre moi seul et Dieu! Je n'en ai jamais retiré aucune joie et je m'en sens aujourd'hui l'Ame troublée', » Et ces réflexions lugubres lui revenaient ft la veille d'une mort qu'avec sa forte lucidité il prévoyait prochaine. Lassé d'honneurs, repu de la vie, il éprouvait une immense fatigue. « Il n'y aura plus pour moi qu'un jour heureux, disait-il à Lenbach, celui où je ne me réveillerai plus'. » A la fin de juillet, sa faiblesse devint grande. Le 28, il s'assit pour la dernière fois à cette table de famille où il avait trouvé ses dernières joies. Le 30, il lut dans la matinée le journal qui redélait ses pensées, les Hamburger Nachrichten, il causa de politique et s'entretint notamment des relations de l'Allemagne avec la Russie. Mais, vers midi, il fut pris d'étoufFements ; les poumons, atteints d'œdème, ne lui donnaient plus d'air, il perdit connaissance et la Mort

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