Rapport officiel du prince Antoine BadcîwJII
blement par télégramme', le rapport de Werther sur son entrevue avec MM. deGramontelOIIivier;ilenavait été irrité non moins que son maître, et, sur l'heure, il avait lancé deux télégrammes, l'un à Abeken pour que le rapport ne fût pas communiqué au roi, l'autre à Werther même pour le mettre en congé et lui enjoindre d'informer le duc de Gramont, avant son départ, que le chancelier ne pouvait soumettre au souverain ta nouvelle demande de ta France. Puis il avait réfléclii sur ce nouvel incident et sur les résultats qu'on en pourrait obtenir. Le soir, Roon et Moltke revinrent dEner au ministère de la Wilhelmstrasse *. Tout en mangeant, raconte Bismarck, le chancelier leur exposait les nouvelles de la journée : ses entretiens avec le prince royal, les hommes d'État russe et anglais, le télégramme de Werther; la Prusse avait eu beau jeu dans cette partie, Bismarck avait groupé ses atouts, mais la condescendance du roi avait tout brouillé. Bismarck était donc décidé à se retirer. Furieux, les deux militaires
i. Car le service des postes etdes voies Terrëes, k celle époque, n'aurait pas permiB au rapport d'arriver en temps utile à Berlin. Bismarck raconta le lendemain â lord LoUus qu'il d avait eu connaissance du rapport de Wertlier que par un télégramme du roi. Loflus, Diplomatie reminiicencet, £• série, L 11, p. 280. Il résulte au contraire du récit d'Abcken que Bismarcli lui télégraphia spontanément de ne pas montrer au roi le rapport Werltier, Abekcn, Ein sMichtes Leàen. p. £Ti. Il semble également résulter des souvenirs de lord Loflus que Bismarck n'avait pas encore eu olScic Ile ment connaissance de renlrelicn de Werther et des miniatres Tranvais quand il reçut l'ambassadeur anglais, mais qu'il prévoyait seulement la demande de garanties dont on parlait depuis deu:i ou trois jours i. Paris et que lui avait rapporl&c ses agents ofHcieux.
3. Les récils de Bismarck sur ce dîner Tatal ont tellement varié, qu'on ne peut les reproduire que comme une légende. Lenz, Geschichle Biamareia, p. 350, La ramille du chancelier a longtemps produit une lettre qui établirait que Bismarck dîna ce soir du 13 juillel chez sa sœur. M-> d'Amim. 11. Kohi. DUmarck-Begesten, t. I, p. 396, le fameux dîner ne serait qu'un mythe. Mais, pour placer celte letlrc au 13 juilletl870,il faut admettre que Bismarck a passé une partie de le Journée avec Roon dans la propriété de celui-ci A GctergoU, â une heure de Berlin, ce qui parait inadmissible en raison des nombreuses réceptions du chancelier ce même jour et de SCS télégrammes au roi dans l'aprés-mldi. Il semble donc que la lettre doit être reporlt^e à une autre date, et le récit du dîner devient admissible.
LA DÉPÊCHE D'EMS. LA DËCLADATION DE GUERRE et
reprochaient avec une amertume voilée au ministre civil de les abandonner. Tous étaient abattus.
Its étaient encore à table, lorsqu'on apporta au chancelier un télégramme d'Abeken qui relatait les incidents du jour. Le conseiller intime reproduisait une lettre du roi, où étaient contés B l'indiscrète » insistance de l'ambassadeur français et le refus a assez sévère » de Guillaume; il ajoutait que le souverain avait résolu » de ne plus recevoir le comte Beiiedetti et lui avait fait dire simplement par un aide de camp » que le prince Antoine de Hohenzollem avait confirmi? officiellement son refus; « le roi n'avait plus rien à dire à l'ambassadeur rt. Guillaume laissait à son chancelier le soin d'apprécier si ces faits devaient être communiqués « tant à nos ambassadeurs qu'aux journaux ». Le ton était sec, avec une nuance d'agacement, mais dans La forme pAIe et polie que conserve le langage diplomatique. A peine le roi avait-il laissé percer son irritation dans deu.\ adjectifs ; pour le reste, il s'en tenait à son attitude antérieure'.
Em. I) jntlle^ 1370, î h. 50 «pris midi.
Si U>ieiU m'fcrit : • Le cDiDte Bncdïlli m'i trtéti La nouTsIle du rouoncf-
Saùe iD*ai«rc Irts iDducrM*. da l'aulariier à Mliigrapliior HahmioLIsrii » êU ofllcidle-
|du dsniwT mim eonMolemenl ai Lea IlolieDiollem revo. TcmoniBnl impériïl frinjaii
■gcol. aUntdu qu'on ot dorait ni ao pourajl prendre do espagnol. Depuis, lamlji»-
igîe di Paru ri de Madrid, informé plui Ut que moi. il Ir Koi. la dcrnindo de 1 au-
•nail bien qus mon goaieneaiont «lait de nouToaulisrt de laHMriltIâgtapbierà Psri«.
caoM, • — Sa Uajnl?a denuii rsfu une lellre du iiriuce, que Sa MaJesléleRoi, ik tout
Cwnme Sa»«jMl6 aiail dit au comla BcnedoUi qu'elle jamais, •'eugag™! à ne plus
pnpoiition du ^'î^ Euknburg oî la mienne, do no plus sile. IloheiiioHen. dci-aienl
dtUi aiaU dijà eur de Pari», et qnKllo n'avait plu. rien 4 ramlmiadour franîaiïot lui
dire à l'ambasMileup. Sa Majeel^ la<»e k Voirc Eicelleuco a (ait dire par laide de
l> foin d« décider )l la nouTolte eiigence de BcnedoUi et camp do SETvice que Ba Ma -
lanfui qai lui ■ H* oppôiA ne deiTcnl pu éln auuilAI jeité n'avail plu! rien k com-
(•BDnmiqDAa luil k n» ambawadenn qui nog iournaui. muniqucr k l'ambusideur.
De celtfi correction, tous trois furent désolés; le roi avait manqué une belle occasion de se fflcher, de rompre hautement avec l'ambassadeur français, de se dire provoqué et d'amener la France à cette guerre que désiraient si vivement ses meilleurs conseillers; c'était un second OlmOtz '. « Atlérés », le regard morne, les deux généraux ruminaient de noires pensées et « en perdaient le boire et le manger ». L'homme d'esprit prorapt et délié s'élait vivement ressaisi, et son œil pénétrant fouillait le télégramme pour en extraire quelque expédient. Le roi avait rompu avec l'ambassadeur; sous une forme polie et détournée, il avait décliné toute . nouvelle visite, il lui avait signifié « qu'il n'avait plus rien à lui dire ». Présentée avec quelque habileté, cette réponse royale pouvaïtdevcnir une offense, le « drapeau rouge» brandi devant le « taureau gaulois n. Lancée par la voie des journaux,ainsique le permeltaitle souverain, elle pouvait produire une explosion des deux càtés du Rhin, soulever en Allemagne un éclat de patriotisme en révolte contre les exigences françaises, susciter en France une fusée de colère contre l'outrage adressé par le roi au représentant de la nation. C'était la guerre, voulue des deux peuples, mais commencée par la France. C'était l'expédient rêvé.
Bismarck se redresse : il demande 5 Moltkc s'il est avantageux pour la Prusse d'ouvrir promptcment les hostilités. La belle question : depuis quatre ans, le ministre de la Guerre ne prépare-t-îl pas l'armée de la Prusse, de la Confédération du \ord, de l'Allemagne entière, pour cette grande guerre contre l'ennemi héréditaire ? Le chef du grand état-major n'at-il pas dressé des |)lans, revus et corrigés sur les lieux mfmes? Les ofliciers n'ont-ils pas parcouru le terrain, scruté