‹ Bismarck et son tempsChapitre 39 sur 270 · Ueiget, KSnvj Luilicis 11 von Bayent, p. 61 ptsuîv · texte numérisé non relu

Ueiget, KSnvj Luilicis 11 von Bayent, p. 61 ptsuîv

t. MohI, Ltitnt-Erinaeranyen, l. Il, p. 840.

En arnvaol à Berg, le roi hésitait encore sur le parti à prendre, inclinant plutôt à une solution pacifique ; son cher de cabinet, Eisenhart, le retourna daas la nuit ; puis, pendant que Louis dormait, Eisenhart allait à Munich, prenait l'avis despartisans delà Prusse, revenait en hàtcà Bei^ et surprenait le roiau lit pour lui exposer Témotion publique, le danger à'y résister. Alors soudain Louis s'écrie : « Bis dat, gui cilo dat, rédigez mon ordre de mobilisation et communiquez-le à la presse'. » Le sort était jeté pour la maison de Wittelsbach.

Pour les adversaires de la Prusse, les « patriotes » bavarois, cet ordre de mobilisation ne signifiait pas nécessairement la marche de bataille, mais pouvait préparer simplement une neutralité armée. A la Chambre, le parti catholique s'elTorça d'amoindrir l'acte du roi. Le 18 juillet, le cabinet déposa une demande de crédits nécessaires pour la mobilisation et l'entretien de l'armée sur le pied de guerre pendant le reste de l'année 1870. La première impression des députés fut défavorable et la commission, élue pour en délibérer, contînt une majorité hostile au projet ministériel. Le lendemain, M. JOrg lut un rapport qui déniait le casus fœderis et réclamait la neutralité armée. Mais, depuis quelques jours, il s'était créé dans le pays un de ces mouvements publics qui entraînent tout : le roi avait été salué le 17 à son entrée Ô Munich par des cris d'enthousiasme qui approuvaient bruyamment sa décision de mobiliser ; pendant les délibérations de la Chambre, une émotion régnait dans les rues qui se communiquait à ta salle des séances; le comte Bray et le ministre de la Guerre, Prankh, seconformant à l'ordre de,leur roi, déclaraient que la Bavière était contrainte à la guerre par ses traités, et nepouvait

1. Louise von Kobell. Kinig Lvdwig 11 und Fiirsl Biimarck, p. 3 et suîv.

manquer à sa parole ; le professeur Sepp, .patriote exclusi- Tfiste de la veille, se proclama converti, « comme le prophète, venu pourmaudireet qui bënit». Et, enlevée d'enthousiasme, la seconde Chambre vota les crédits à une forte majorité ; la Chambre haute les adopta le lendemain sans débat'.

En apprenant ces décisions, le roi Guillaume adressa à Louis de Bavière un télégramme de chaleureux remerciement : H Votre attitude, vraiment allemande, a électrisé votre peuple, lui écrivait-il. Toute l'Allemagne marche ensemble, comme jamais encore. » Et quand le prince royal de Prusse arriva le 27 juillet pour prendre le commandement des soldats bavarois, il trouva à Munich un « accueil enthousiaste* ».

Le gouvernement de Wurtemberg avait ordonné, comme ses trois voisins, ta mobilisation de ses traupes le 16 juillet, puis it avait attendu, avec prudence, l'inspiration qui lui viendrait de Bavière. M. de Vambtlier, ministre- président, était un homme prompt ft se retourner; autrichien avant Sadowa, il iilflil devenu ami fidèle de la Prusse en 1866, mais son amiquand l'opinion publique s'était montrée militaire de la Prusse; en juillet 1870, il t le vent ; il se rendit prestement h Munich, ment général et revint nationaliste à Sluttm grand zèle à la Chambre, et, le 2i juillet, ielat que de difficulté les crédits de guerre : s'était prononcée en Wurtemberg avec :n Bavière pour la marche avec la Prusse".

idure dans Hahn. Flirtl BUtnarck, t. \\, p. 63 et udieig II und Filrst Bismarck, p. 9 et suiv. Grar •g, Dejiliu-ardiffkeifen aus aeinem Lcben (1901), ]>. liS

■icbs Tagebuch, ÏSjuillet 1870.

rangtn an Bitmarek, p- 10 el suiv. M. de Millnaclit

gtempB minislrc en Wurtemberg.

tizec.yGoOglf

Ainsi toute rAUemagne était unie contre la France. Encore fallait-il que personne de l'étranger n'intervînt dans le combat. Ce fut l'œuvre de Bismarck.

Le 19 juillet, il avait communiqué à ses représentants la déclaration de guerre remise par M. Le Sourd et annoncé que toute la « nation allemande » se lèverait pour se soustraire « à une humiliation qu'elle ne pouvait supporter' » ; la guerre était le seul faitde la France, Bismarck n'y était pour rien, — ô beauté des mots. Et de suite il s'efforçait de limiter la guerre aux frontières franco-allemandes. Ces frontières touchaient trois États neutres : pour le Luxemboui^, la convention de 1867 sulTisait A éviter une invasion, d'ailleurs impossible. La Suisse, où que fussent ses sympathies, manifestait sa ferme volonté de respecter et de faire respecter sa neutralité; par une dépêche & son représentant en Suisse, général de Rôder, le 21 juillet, Bismarck assurait au gouvernement fédérai que la neutrabté de la Suisse serait observée « conformément aux traités ». Il devait en être de même delà Belgique; le gouvernement anglais s'agitait avec inquiétude, et, sans confiance dans le traité de 1839, demandait une nouvelle garantie des belligérants. Les cabinets de Paris et de Berlin promettaient de respecter le territoire belge' ; cet engagement oral ne suffisait pas au cabinet de Saint-James qui signait de nouveaux traités, le 5 août avec la Prusse, le 11 avec la France, pour assurer l'inviolabilité de la Belgique.

Satisfait de ces engagements, le gouvernement anglais maintint le principe de sa neutralité, qu'il avait proclamée dès le 19 juillet ; Bismarck s'occupa activement à arrêter la

1. Bismarck aux re|irésentarils de la Con fédéra lion du Nord. Halin. Filnl Bhmarck, 1. Il, ]i. 59 el suiv.

S, Bismarck h Loniis, 8Î juillet 1870. Iloral Kohi, Bi»t»arck Regtsten b

contrebaode de guerre ; comme la (lotie française élait moîtresse de la mer, la Prusse ne pouvait empêcher l'entrée eit France du charbon et des munitions ; le chancelier fédéral demanda au cabinet de Saint-James de s'opposer à ce commerce ; lord Granville lui répondit par un refua poli, mais catégorique '.

Neutre aussi demeurait le Danemark, & r^ret, le cœur marri de manquer si belle occasion de récupérer son territoire perdu, mais par voie de saine prudence ; Bismarck lui demanda avec une précision catégorique de proclamer sa neutralité, sans quoi les troupes prussiennes envahiraient le Julbnd. Le roi Christian étfût pris entre deux tentations, car le gouvernement français lui adressait les plus séduisantes propositions : sur le conseil de l'Angleterre et de la Russie, il prit le parti de l'abstention et proclama le 25 juillet la neutraUté de son Etat.

La Russie avait annoncé de même sa neutralité, mais il y a neutralité et neutralité ; ^ le gouvernement de Pétershour^ ne guerroyait point par ses sotdab, il ne demeurait pas inacLÎ f et s'employait énergiquemeot en faveur de la Prusse. La cour de Berlin obtenait un troisième et splendide résultat de s;i politique amicale envers la Russie ; l'obéissance aux ordres du tzar en !850, la neutralité bienveillante pendant la guerre de Crimée, l'intimité de Bbmarck avec l'empereur Alexandre' et ses conseillers pendant son ambassade à Pétcrsbourg, la convention de février 1863 avaient noué entre les deux Étal.s un lien d'intimité qui permit à la Prusse d'écraser le Danemark en 1864, l'Autriche en 1866, la France en 1870. Tou( récemment, avec le tzar et son chancelier Bismarck avait ii nouveau contracté un pacte d'échange S liberté aux uns sui'

1. Bybcl. Die BegrUndung des deutschen !ieic}is. I. Vil, p. A'6 et siiiv.

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