‹ Bismarck et son tempsChapitre 40 sur 270 · Voyei tupra, t. 111, p · texte numérisé non relu

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Toire, liberté à l'autre sur le Rhin, et les Russes témoià voix basse, mais netle, qu'ils interviendraient si n cberchail noise à leur ami ' ; leurs ambassadeurs it de bons conseils à Vienne el à Copenhague, de ces sourd une menace, et promettaient à Berlin que nul erait.u La Russie, écrivait le roi Guillaume, anonseuïxprimé sa neutralité bienveillante, mais encore Irevoir davantage ^ »

rck avait espéré un autre appui, celui de l'Etat direcnléressé à la candidature Hohenzollem, l'Espagne', •main de la drélaration de guerre, il fit demander au IPrim quel contingent l'Espagne mettrait en ligne ^. [>artir en guerre, le gouvernement de Madrid ne pense retirer du combat ; ie 18 juillet, il avait annoncé errait auxprincesdeHohenzoliern, au roi Guillaume, rck un agent sptîcial pour retirer la candidature ', — il cette question était encore en jeu. Et lorsque e eut éclaté, l'Espagne s'empressa de proclamer sa é. Bismarck en fut indigné, et ne tarit point en broir le déshonneur des Espagnols, peuple abâtardi, e déloyauté'. Sa colère s'est prolongée jusqu'aux bis- Ilemands de notre temps '.

ent les deux États dont le cabinet français avait'

. fiuchtinan â loni Uranville, 23 juillet ISTO. Guillaume à la retnc, 19 juillet tS70. Oncken, Unser lleldeniaiaer, . A us KaUei- Friedrich* Tagebueh. 28 juillet 1870. Z supra, l. 111, p. 11.

es un propos de Bismarck a Angelo de Hiranda. Poschlnger.

-dc/te, t, I, p. S7.

ier de Loslende an duc de (jramonl, 18 juillet 1870.

)s de Bismarck devant Busch. 17 novembre 1870. Tagebuehbldt-

I. 4tt. Prince do Bismarck. Ventées et Souvenin, i. 11, p. 96 et

oren/. Kaiser W'Ukelm I und dit Begrûndung des Reicli*, p. 309.

escompté le secours, l'Autriche et l'Italie : à la veille mfime de la déclaration de guerre, il croyait encore à leur intervenliOD, et leur, retraite fut pour lui une double déception.

Plus la France s'avançait dans la voie belliqueuse, plus l'Autriche se Terroidissait. Le gouvernement de Vienne était partagé : L'empereur voulaif la paix, ill'avait dit le 14 juin au général Lebrun, la situation intérieure et extérieure de son peuple l'y contraignait '. M, de Beust, qui avait été très favorable à l'alliance française, et avait peut-être rêvé une revanche de Sadowa, était effrayé des dangers de la guerre pour la monarchie autrichienne, de l'attitude de la Russie, de l'opinion des Hongrois : avant la guerre, il donnait avec bon sens des conseils pacifîqucs, après la déclaration, il envoyait à Paris u non des assurances qui nous engageaient, mais seulement des déclarations amicales' », et il attendait les premières victoires pour prendre sa décision ; l'allure n'était pas héroïque, tenant moins de don Quichotte que de Sancho Pança ; mais elle réussit à l'Autriche. Le ministre-président en Hongrie, M. Andrassy, prenait une attitude nette et contraire : il déclarait fortenient au Parlement magyar qu'il n'y avait aucun accord entre les gouvernements de Paris et de Vienne, et l'on a pu conclure de ses paroles, de sa politique et de ses actes, qu'il s'était entendu secrètement avec Bismarck en assurant toute liberté à la Prusse sur le Rhin. L'archiduc Albert, le vainqueur de Custozza, préparait des plans de guerre, mais personne ne l'écoutait. Et, lorsque l'empereur réunit ses conseillers le 18 juillel, malgré Beust qui voulait quelques préparatifs, Andrassy l'emporta : le conseil royaisc prononça pour la neutralité pure et simple. Mécontent de

I. Uèoéral Lebrun. Souvenirs militaires {iiiS). p. 58. i. M. de BeuGl au comte Andrassy. !S avril 1ST4. Mimoires du comte de Beial, t. II. p. 3i5.

lion trop formelle à son gré, Bcnst négocia encore à Florence, et, pendant quelques jours, ses estais projeta parcoururent les grands chemins '. vemement italien était dans un profond embarras ; n trois partis, — le roi et les généraux tenant pour ion en faveur de la France, certains ministres pour ililé par bienveillance envers la Prusse, d'autres iction vers les Etats pontificaux, — la cour de Finit quelques préparatifs, constatai! la pénurie de ses et le désarroi de son armée, et pensait à tirer énéficc sans danger. Elle avait profité en 1866 des irussieimes : bis repetita placent. Elle proclamait té officielle le 24 juillet, et une seule éventualité l'auliné à intervenir dans la grande guerre, la permisper A Rome ; mais, si le gouvernement autrichien celte évolution nécessaire, le cabinet français se lergiquement à y consentir ; Vilzthum d'Eckstàdt Vienne ft Florence, pour porter un projet de triple ; l'invasion des Italiens dans la Ville Etemelle était des Florentins ; Vimercati poursuivait Xapoléon ctz pour lui présenter l'acte à signer ; l'empereur convenu par le parti uUramontain, Graraont, Hmct un mot circulait, légendaire mais significatif: audrait les Prussiens à Paris que les Piétnontais à

I>i> BegrUndang. I. Yll. p. 336, d'après les mémoires inédils

d'Kckstûdl qui prit Kraiiilo pari a ces nëgocialions.

iter FririUiehs Tagebiic/i, 28 Juillet 1870. Govone. Mimoira.

relations dus cours de Paris et de Florence. Ouicciolî, Q«rH- 1, p. 2T7 Pl siiiv.: Corsi. Italia. IS70-I89S, p. 1 eisuiv.: Migra. omalici, p, S et siiiv.: Prince Napoléon. Let allianets de l'Bm- I el ]87(l. Revue ilei. lieux Mamlea liii 1" avril 18T7; Itoiirel hmloririue de l'olilii/ae étrangère, (. III. p. 730 et siiiv. : Itoup-

Pendant ces négociations, Bismarck jouait un double jeu : à Rome, il faisait montre de politesse et de bons procédés, recï>inmandant à son ambassadeur, Amim, de prouver hautement sa déférence envers le Vatican et les décisions du Concile ; il envoyait même auprès du pape, et d'accord avec le grand-nluc de Bade, un envoyé spécial, M. Gelzer, si bien que le Sainl-Père pouvait croire que son meilleur appui était h Berlin ' ; et ce n'était pas la moindre singularifé de ce temps, que la protestante Prusse manifestât en faveur du pape qu'abandonnait la catholique Autriche. Mais ce n'était que vaine apparence ; en même temps, Bismarck rouvrait d'anciennes relatitms * avec Garibaldi pour amener par ses conseils et son ai^nt les patriotes italiens fi tenter un coup de main sur Rome si le gouvernement de Florence s'alliait à la France*. Audébutde la guerre, les républicainsitaliens lui envoyaient des délégués auxquels il promettait son appui financier si le roi intervenait en faveur de la France'. La négociation n'eut point de suite : la bataille de Wœrlh et la série des défaites françaises arrêtèrent net les bonnes intentions du roi Victor-Emmanuel, « F..., s't?cria-t-il en apprenant le désastre de FrœschwiUer, je l'ai échappé belle '. "

geoU et Oemionl. Rome et SapoUon III (190T|. p. 343 et Buiv. On <loil remarquer, d'ailleurs, que l' intervention de l'Etulie sonle n'efll point suffi à modifier le cours des choses, carcclle-d ne pouvait mcllre en li^ne que eo 000 hommes et manquai! d'argent. Cf. à cet égard l'arlicU' de M. WelschiDger. Journal det Dibali, S iioOl 1006.

l. O. Lorenz. Kaiser Wilhelm unit ilie Begrandung des Reichs 1H66-7I, p 323.

î. Sapra, l. Il, p. 641. Cf. A. BoulliiT BismarcA et Maiiiiii. ]>. 25! et

3, Biigch. Tagebitehblailey. t. 1, p. 46 el la note.

4. l'rinoe de Bismarck. Pensée* el Souvenirs, l- H, p. 12'l- Le 31 ooflt tSTO, il écrivait au démocrate italien Cucchi, qu'il reconnallrail imniédiaiemenl laprigedc Rome et s'opposerait à toute intervention de l'Autriche en faveur dp ta papauté. Blum. Fllral Bismarck und seine Zeil. t. IV. p. im.

h. RoHian. L'Allemagne el l'Italie I. Il, p. SO.

la (în de juillet, Bismarck considéra comme chancelante utralité do l'Autriche et de l'Italie, douteuse l'amitié Angleterre, digne d'affermissement l'abstention de la Bel- D, de la Russie et de la Hollande, et il tira de son portele un papier qui somnolait depuis quatre ans : c'était le st d'aliiance entre la Prusse et la- France, au détriment I Belgique, — l'acte que M. Benedelti lui avait si imprudent remis au mois d'août 1866 '. Le 25 juillet, le es, largement ouvert aux communiqués de la Wilhelmise, publiait le texte de cette proposition, et les jours suisle chancelier fédéral montrait l'original à tous venants, ds ambassadeurs ou petits souverains ; il faisait mieux ; ordonnait la reproduction par la photographie, pour Tenir à tous les cabinets, et les épreuves couraient la viile, le idre rédacteur aux affaires étrangères s'en offrait un exeme *. Cette publication, les commentaires dont l'accompagna iarck% produisirent en Europe un effet «immense* » ; la ie anglaise s'indigna, les petits États tremblèrent *, et les ilations de l'Allemagne du Sud s'unirent avec plus d'ensiasmc encore à leur protecteur du Nord, nsi les menées de Bismarck avait surexcité le patriotisme 'russe, bé les royaumes du Sud à la maison de Hohenrn, écarté toute intervention étrangère. L'Allemagne l la voie libre pour le combat : trois armées marchaient ta frontière', la première, conduite par le général de

iupra. l. Il, p. t'ii.

lusch. Tagebuchblaller, t. 1, p. 54.

îiamarck 6 Bernslord. 28 juillel, aux représentants de la Confédérale l'Allemagne du Nord, iDjuiltel tSTO. Hshn. Farat Bismarck, I. Il,

îorel. Histoire iliplonatique de la guerre franco-allemande, (. I,

Qiscailles. Charlei Rogier. t. IV, p. 316.

La giwi-e franco-allemande de 1870-71, par le Graod iJlal-Major

D,9t,zea.yGOOg[f

DE BEKLIM A SEDAN

Steinmetz, remoDtaU la vallée de la Moselle ; la seco commandée par le prince Frédéric-Charles, se dirigeait s Saar ; et, dans la troisième, le prince royal de Prusse uni Bavarois et Prussiens, Badois et Wurtembergeois, — i t'avait demandé Bismarck, — dans une même marche au '. du Rhin; le roi Guillaume avait le commandement supri Moltke, lèvres serrées, œil fixe, dirigeait tout d'un son génie.

Le 25 juillet !870', le lieutenant badois von Win franchissait la frontière et tombait sur un territoire qui i plus français*.

Le 31 juillet 1870, à six heures du soir, un long train tait de Berlin dans la direction de l'Ouest : il conduisi leur nouvelle fortune Guillaume, Roon, Moltke et Bisma Les employés de la gare avaient eu le choix heureui ironique, ils avaient attribué au chancelier le wagon de roi Georges ,'* ainsi Bismarck traversa-l-il le Hanovre dan: meubles mêmes de l'ancien souverain. Le voyage fut «marche triomphale», coupée de longs arrêts à Iraver campagne, d'acclamations dans les villes, d'envois d'inst lions variées et de réceptions de nouvelles contradictoires 2 août au matin, le roi et ses conseillers s'arrêtaient \

prussien, p. *T cl suiv. Mollke. La guerre de 1870. p. S. Uùnéral Boi La manisuvre de Saint-Prival, p. 62 et suiv.

I, Charles Malo. Le premier combat et la première victime de la gi franco-allemande. Journal des Débats du !3 juillet ISDi.

i. Bismarck avait cru que les Français — « la bande de brigani écrivait-il, — entreraient (lÈs le Ï4 Juillet sur le territoire aliemaDd. marck à son frère, Ï3 juillet 1870- Bitmarckbriefe, p. t6î.

3, Abeken a sa femme, 1" août 1870. Abeken, Etn ichtichles L< ti, 373.

quelques jours à Mayence : le chancelier s'ÎDstalta daos la

maison d'un riche négociant ',

Les derniers jours de Berlin avaient élé pour Bismarck tout de tension nerveuse : du matin au soir, — et presque du soir au matin, — il avait reçu princes et ambassadeurs, minisires ou journalistes, il avait transmis ses ordres ou ses insinuations dans toutes les directions, il avait travaillé son pays et l'Europe, comme un boulanger travaille la pâte où il répand son ferment. En même temps, cet homme en partie double, chef d'Etat et père de famille, avait préparé ses Hls à combattre, fait ses adieux aux siens, communié en famille'. Puis il était parti, casque en lètc, sanglé, en héros, prêta ta liitle ; autour de lui étaient ses meilleurs collaborateurs : Abeken, le confident des intimes pensées, qui minutait exactement les idées du chef; Keudell, Thommc de confiance, prêta loul souffrir de son dieu; Charles de Bîsmarck-Boblen, le cousin dévoué et le garde du corps; le comte de Hatzfeldt, longtemps secrétaire d'ambassade à Paris et rompu aux finesses de la langue française ; Busch, le journaliste disert et apte Sdtiveioppertoute thèse dont son maître lui indiquait le sens'; mais soudain la vie intense de la Wilhelmslrasse s'arrêtait, le travail diplomatique disparaissait, les soldats seuls dominaient.

Bismarck en fut étonné, déçu, furieux ; pendant la cam-

1. L'exislence personnelle de Bismarck pendant la campagne de France c-Hl connue, heure par heure, par ses lettres a sa femme, cellt^s du ro) it la reine, les souvenirs ou récits de Busch, Abeken, Keudell, et los travaux de Horat-Kohl, Poschinger; il importe de n'en retracer ici que ce qui lient à l'histoire et non aux faits divers. On n'a point d'avantage l'inluniioii U'esposer dans cet ouvrage l'histoire des opérations militaires.

3. Il avait même convlfi ses collaborateurs à communier avec lui,

:t rejoignit le chancelier

D,9t,ze..yGOOg[e ■

Dt^ BEIBLIN À SliinAN

paf^^e de Bobèmc, il avait assisté aux conseils de guei parfois convaincu le roi à sa pensée ; Moltke et son major en avaient conservé rancuuc, et avaient décidé i dure ce « civil » des délibérations militaires ' ; dès le pn voyage, à Cologne, Bismarck surprit une conversation < généraux où il crut percevoir même l'abandon du fidèle Ro dans les distributions de logements, il remarqua un parti de le mettre à l'écart ", un respect servile des « spccta princiers », largement installés, alors qu'il ne lui était asi qu'une « maison étroite a ' ; vexé, il épanctm sa mau humeur à haute voix et ne manqua point de critiquer vivacité les « fautes » qu'il remarquait dans le cours opérations; les militaires relevèrent ces observations et suivit entre le chancelier et les généraux un conflit qui d< aigu à Versailles.

La correspondance intime s'en ressentait, non moins des conditions mêmes de la guerre ; elle prenait ce ton cial, qu'rllc eut pendant toute la campagne, de dureté i toyable que mitigé seulement une profonde tendresse sa femme et ses entants ; le vieux tempérament des marck, brutal etbelliqueux, se retrouve dans Olto, le tolle^ ker d'anlan . 11 déclare que la guerre est l'état normal et i rel de l'homme * : jamais il n'a vécu en aussi parfaite si L'ennemi est une horde d'tt incendiatres », de a brigand

3. l'rincc de Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. 11. p. lit et siiJv.

3. Bismarck â Roon, 10 aortl 1870. Poschinger. Uismai-ck-i'orlet' II, p. isaelsuiv.

t. Bismarck à sa Temmc. % août 1870. Leilits de Bitmarck à sa fi pttidaal la guerre de 1870, Iraduclion tichrUcler et Bruck Gilbert, p. -

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