‹ Bismarck et son tempsChapitre 44 sur 270 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

% I. L'EiifiapB BT LBs DÉsASTDBs FBANÇM». — L'Italie : le regard vers Rome. — L'Angleterre et la ligue des neutres. L'Autriche, La cordialité de la Russie envers ta Prusse. — Mécontentement de Biemarck : articles de journaux. — Conséquences de Sedan : H. Jules Favre au quai d'Orsay. L'opinion publique en Italie, (tome capitale. Le Pape et Bismarck. La rancune du Vatican. — La sympathie de l'Angleterre. Lord Lyons demande à Bismarck une entrevue pour Jules Pavre

g II. BmMS, Hbacx biPerre^res. — Marchcdes armées allemandes. Les négociations de Reims. Avec qui traiter? L'Alsace-Lorraiae, les circulaires des 13 et 16 septembre. — Séjour à UeauK. Mission de sir Edward Malet. — L'investissement de Paris. Départ de Heaux et entrevue de Montry : Bismarck et Jules Favre. — Installation à Ferrières : reprise des négociations avec Jules Farre. — Régnier : son voyage à Hastings et son entretien avec Bismarck, — Troisième conversation de Bismarck avec Jules Favre : les propositions d'armistice et leur refus par le gouvernement de la Défense nationale. — Second entretien avec Régnier : son envoi à Metz. Bazaine. Départ de Bourbaki : son voyage en Angleterre. — Retour de Régnier A Ferrières : ses dernières intrigues. — Progrès des armées allemaadea : prudence de l'Europe. Départ de Ferrières.

g III. CuDTB DE Metz et investissement de Paris. — Installation à Versailles : l'hôtel Jessé. Une vie pittoresque. — Situation de l'armée de Meti! : demande de sauf-conduit pour le général Boyer. Refus du prince Frédéric' Charles et intervention de Bismarck. — Mission du général Boyer à Versailles, Les propositions de Bismarck. — Retour de Boyer à Metz, son voyage en Angleterre ; négociations de l'ex-impératrice. — Capitulation do Metx. —Mission de M. Th. Gautier à Versailles. — Négociations de Bismarck avec le gouvernement républicain, M. Burnside. le comte de Chambord, M. Rameau, Les journaux prussiens de Vereailles, La politique intérieure de la Prusse et ses relations

extérieures. — Voyage de M. Thiers; son passage à Veraailies, son arrivée à Paris. — Négocialions de M. Thiera et Bismarck : leur rupture.

% IV. Le prix de la nbutrauté russe. — Attitude de la Russie pendant la guerre. Circulaire Gorlschakoff du 19-31 octobre 1870. Irritation générale en Europe. M. Odoltussell à Versailles. Biamarck propose la réunion dune conrérence. Les retards à sa convocation. I.a conférence de Londres.

La France a souvent. fait de la politique de sentiment; il ne lui a jamais été répliqué que par de la politique d'intérêts. Les gouvernements amis de l'Empire attendaient lo résultat des premiers combats ; victorieux, le gouvernemeDt français eût joui de leur intervention ; vaincu, il ne put que constater leur retraite ; les affaires sont les affaires.

Le cabinet de Florence restait sur la réserve ; les soldats français avaient quitté Rome; la Ville Etemelle semblait vouée à une nouvelle destinée, et te gouvernement de Paris luimême abandonnait le Vatican. Le 20 août, le prince Napoléon arrivait à Florence pour échanger le pouvoir temporel des papes contre un secours italien en France ' ; mais Victor- Emmanuel préférait recevoir sans rien donner; il allégua qu'il ne pouvait agir sans consulter l'empereur d'Autriche, la proposition française fut envoyée au cabinet de Vienne, qui prit longuement le temps de la réflexion, autant par sagesse nnturelie que pour attendre les événements. Le gouvernement italien n'était d'ailleurs pas pressé ; il était engagé dans d'autres voies, et, dès le 10 août, il avait accédé « chaleureusement » à la proposition faite par le cabinet anglais, de « ne point abandonner la neutralité sans une entente préalable' ».

1. Prince NapotèoD. La Ailiance» de VEmpire, lac. cil., p. 499. t. Loiû Gmnville à lord Lyons. 10 et 16 août 1970.

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De fait, sa situation était embarrasBante ; il avait obtenu une province de. chacune des belligérantes : la Lombardie de la France, la Vénétîe de la Prusse ; il espérait obtenir Rome de leur confliL A prendre parti dans la querelle, il risquait d'irriter la Prusse et de perdre la ligne du Mincio'. Bismarck avait travaillé, d'ailleurs, et très habilement, l'opinion publique, les journaux, les hommes politiques. Quelques « irrédentistes » rêvaient déjà de reprendre Nice et la Savoie. FoK bien renseigné, le cabinet florentin prévit la chute de Napoléon III, et, dès le 12 août décida par avance d'en profiter' ; il fît faire volte-face à ses troupes et les tourna vers Rome^; certaines natiwis ont d'Iieureuses destinées ; le peuple italien devait former son unité dans les victoires des autres.

L'idée anglaise, — l' « entente préalable », — répondait trop aux déairs des divers gouvcrnemenfa européens pour ne point faire fortune; elle fut l'origine de ce qu'on appela un peu pompeusement la Ligue des Neutres, Le cabinet de Londres avait été froissé de l'échec de ses tentatives pacifiques, en juillet * ; il ne lui messeyait pas de prendre sa revanche par une attitude boudeuse, qui n'empêchait pas le commerce anglais de profiter de la guerre voisine. Le gouvernement autrichien, qui avait paru hésiter en juillet, ne doutait plus en août après les batailles de Wœrth et de Freeschviller ; où il avait été question d'albance, on ne parlait plus que de sympathie ; M. de Beust se faisait tout petit, très « inofTensif », il acceptait avec joie les propositions de l'Angleterre * et conju-

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