‹ Bismarck et son tempsChapitre 45 sur 270 · Rolhan. lAlhmagne et lllalie, t. U, p · texte numérisé non relu

Rolhan. lAlhmagne et lllalie, t. U, p

!. Bolton King. Hifloire de runilé italienne, t. il, p. 389. Bourgeois cl Clermont. Rome et Napoléon III, p. 3IH et siiiv.

3. Uovone, Mimoiiti, p. 384. Corsi. tlalia 1870-1895, p, 19 et Buiv.

i. Durergter de llaiiranne. L'alliance «nglaite et la Ligue des neulrea pendant laguerrtdt 1870-1874. fleriie de» Deux Mondet dn 1" juin 1872.

S., Sorel. Bitioirt diplomalique de lagitêire fnmctHillemande, t 1, p. S4I)

ardeur le verbe : « Je suis neulre, tu es neutre, î6 neutres'. »

;e symphonie du silence, la Russie jouait une par- , Comme les autres concertants, elle prometlait de ervenir, si chacun restait coi ; mais, en outre, elle avancer, si les autres bougeaient. Le tzaret le roi ichangeaient par lettre les témoignages de la plus [fiance, et legrand'ddcde Saxe-Weimar, apparenté 'autre, leur servait de trait d'union ; le 29 août, un jse apportait au roi Guillaume et au grand-duc de

Varennes, des lettres où le tzar « se déclarait ir la chose allemande ' », tout en recommandant la France ; ce dernier conseil n'était que de forme, jrtschakofTqui redoutait un accroissement exagéré lancc prussienne, et, après un entretien avec le de Weimar, Bismarck était convaincu que « la e la Russie serait ferme et bienveillante ». ns le grand drame, les puissances européennes se ux rôles de figurants : chacune avait des sympainelles, mais aucune ne bronchait. Cette attitude :ju'étre favorable au vainqueur, car une inlervenserail naturellement produite qu'à son détriment, ueur n'était pas satisfait.

: était mécontent de ce que certaines nations osaient leurs sympathies, et quelques cabinets recom-

modération. Sur son ordre, Busch envoyait aux l'Allemagne des articles protestant par avance 2 intervention étrangère'; le chancelier avait de

i BeuBl. Mémoires. 1. li, p. 393.

s Tagebuch du grand-duc de Saxe-Weimar, publié en partie lùer Wilhelm und aie BegrSndung des Reicta, p. 623 et sulv. e l'Allemagne du Nord, S! août ; Nercure de Souabe, 1" sep.

DE SEDAN A VERSAILLES l!t

précieuses amitiés dans la presse anglaise, et le Times, le Dailif News exposaient la nécessité pour rAUemugne d'obtenir « dans l'Alsace une garantie contre la France » ; il entretenait ainsi outre-Manche ce qu'il appelait un « courant d'opi-. RÎon publique favorable à l'Allema^e » et son ambassadeur, M. de BemstorfT, déplorait amèrement auprès de lord Granville l'attitude malveillante du gouvernement anglais^

Sedan, la cbute de l'Empire, la naissance de la République De pouvaient qu'affermir les neutres dans leur neutralité '. A Paris, leurs représentants causaient spontanément - avec le nouveau ministre des Affaires étrangères, M. Jules Favre', mais ce n'était là que des conversations officieuses, et Bismarck se réjouissait de leur caractère naturellement pâle et effacé. V C'est pour nous un gros avantage, écrivait son confident le plus intime, que les puissances neutres n'aient plus personne à Paris avec qui traiter contre nous, personne au cou de qui jeter leurs sympathies françaises. Elles se taisent et restent jusqu'à présent tranquilles et muettes *. » Les malheurs de la France soulevaient en Angleterre, en Italie, en Autriche, d'inoffensives sympathies et de douces protestations. Le dur vainqueur s'en indignait. « Comment cela est-il possible, s'écriait avec indignation le roi Guillaume. La ligue des neutres va-t-elle redresser ses antennes'? »

Au delà des Alpes, les antennes — qui avoisinent des

I. Noie du comte de Beraalorlf k lord Granvllle, 30 août lB7d.

î. Ce fut une légende bonaparliale de prËtendrc que ta Révolution du i septembre interrompit des négociations qui devaient sauver la France. Le gouvernement impérial s'était heurté parloul a des refus polis mais cal^oriqiies.

3. Joies Pavre. Le Gouvernenttnl de la Défeiue Nationale, t. I, p. iOi et

4. Abeken à sa femme, 9 septembre 1870. Ein schUcMea Leben, p. 410.

5. Le roi Guillaume é la reine, 7 septembre 1870. Oncken. Unaer Htlden. kaieer, p. 31 G.

es prenantes, — se dirigeaient vers Home. L'effondc l'Empire avait étouffé les derniers scrupules du florentin. Le minislre de la Guerre, Govone, très ique à la France, s'était senti « fatigué ' » et se retira embre ; à la Chambre, toute la gauche menaçait de nnersi le gouvernementne profitait des circonstances mer Rome comme capitale à l'Italie. Le ministre des

étrangères, Visconti-Venosta , hésitait encore, et l'occuper les États pontificaux, sauf Rome*. 11 fut par l'opinion publique. Personne ne défendait plus le I Paris, Jules Favre déclarait au chevalier Nigra l'avait ni le pouvoir ni la volonté d'entraver l'action juvemement », et qu'il ne 's'opposerait à rien; l'Italie iller à Rome sous sa propre, responsabilité*. Bismarek ) aise de voir le cabinet florentin se tourner vers le ir intervenir: dèsledébulde la guerre, il avait espéré i cette volte-face'. Le comte d'Amim, ambassadeur le auprès du Saint-Père, jouait au médiateur, mais limuler qu'il agissait spontanément, « et comme pour pie' ». En réalité, le gouvernement prussien laissait ur agir librement de son cAté. Le cabinet florentin le ainsi et marcha promptcment; le 20 septembre, les taliens entraient dans la Ville Eternelle.

après le désastre de son pouvoir temporel, le pape ipéra pas de rallier Bismarck à sa défense. Le chan- ! s'étai[-il pas montré, en juillet, pieusement dévoué

ne. Mémoires, p. 389.

nsi:cniti-Venosta aux agents diplomatiques do l'Italie, 7 sep-

vre. Home et ta Ripiihlique française, p. 7.

e de Bismarck. Penséa el Souvenire, I. II, p. i2î, Busch. Taye-

. llalia 1870-1895, p. «G.

à l'Eglise' ? Au commencement d'octobre, le cardinal Antonelli prévoyïdt l'abandon de Rome par Pie IX et demanda au comte d'Amim èi le Saint-Père pouvait compter sur l'appui de la Prusse pour lui assurer son départ libre et digne'; Bismarck promit son appui et engagea immédiatement des négociations avec le cabinet de Florence pour « assurer en toutes circonstances la liberté et la dignité du pape » ; il se défendait fort de s'immiscer par là dans la politique intérieure de l'Italie, et n'agissait que pour respecter les convictions des catholiques allemands'. Le Vatican se crut encouragé, et, en novembre, l'arehevèque de Posen, M*' Ledochowski, vint à Versailles solliciter une protestation de la Prusse contre l'événement du 20 septembre, car, disaît-il, le pouvoir temporel du pape est garanti par le traité de Vienne. Le roi voulait refuser cat^oriqupment, Bismarck préféra répondre évasivcmeot, pour ménager les susceptibilités des ultramontains bavarcMS*. Les négociations traînèrent encore plusieurs semaines ; le subtil chancelier essaya de soutirer du clergé français une pression sur les catholiques de leur pays, pour qu'ils acceptassent la paix à son gré. M^' de Bonnechose ne voulut point se prêter à ce trafic. A ta fin de décembre, il était encore question d'une nouvelle visite de cardinaux de curie à Versailles, le projet tomba à son tour. Le Vatican sentit qu'il était joué, et conserva sa rancune pour l'exhaler à l'heure propice. Bl»narck place à cet instant le début du Kulturkampf; peut-être n'a-t-il point tort.

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