‹ Bismarck et son tempsChapitre 46 sur 270 · Bismarck au comte Brassière Florence, 8 octobre ISTD · texte numérisé non relu

Bismarck au comte Brassière Florence, 8 octobre ISTD

i. Abeken A ea femme, 4 et 9 novembre 1S70. Ein acMichlet Ltben, p. lit, 4tS. G. Lorenz. Kaiser Wilkelm uitd die Begrûndung det Reieha. p. U7 et suiv .

S. Prince de Bismarck. Pensée* el Souvenin, t. Il, p. 148,

Ihcurs de la France, l'Angleterre s'émouvail de mpassion. Le cabinet de Saint-James sentait vague- 3ut serait bouleversé en Europe par les victoires de e et il était pris delà peur de l'inconnu. Dès le 6 seplies Favre avait sollicité la médiation de l'Angle- ■ la base de l'intégrité du lerriloire français » ; et partait le 12 septembre pour appuyer à Londres ■e. Mais c'était demander beaucoup de la réserve les deux Français le comprenaient, et, en même es Favre se décidait à une nouvelle démarche, une ïte à M. de Bismarck « pour interroger la Prusse conditions auxquelles elle prétendait nous sou-

ive était hardie, car il était, à craindre que lo gouprussien, enivré de ses victoires, n' « éconduisît ïement » le missionnaire pacifique et « abaissât ainsi de l'Europe la France républicaine ». Jules Favre ': donc le 9 septembre à lord Lyons, qui approuva le lord envoya sur-le-champ un courrier au quartierussien et demanda à son gouvernement d'appuyer e du ministre français. Bismarck montra le dédain du grand seigneur qui châtie les croquants : après se dilatoire, il demanda des garanties ; les troupes u de Strasbourg reconnaîtraient-elles les arrangeeplés par le gouvernement actuel ou celui qui lut il probablement ' ? Cette dernière phrase était le 1 jeu habile où il se complut pendant quatre mois : ir jusqu'à l'hearc de la signature définitive, il ! gouvernement du 4 septembre do reprendre les ns avec le pouvoir déchu. Malgré cette réponse

avre. Le Gouvttnemanl de la Défense nationale, l. I, p. 131. avre & M. Thiers, li septembre 1870.

DE SEDAN A VERSAILLES lis

hautaine, Jules Favre ne se rebuta pas, et demanda à tord Lyons de nouvelles démarches ; l'ambassadeur anglais s'y prêta de bonne grâce.

"Ex les soldats allemands envahissaient te territoire de ta France.

su

Au lendemain de Sedan, le roi Guillaume et Moltkc résolurent de marcher promplcment sur Paris. Bismarck n'était point de leur avis : il eût préféré négocier avec l'impératricerégente avant de nouveaux combats, et il redoutait une révolution qui rendrait impossibles ces négociations '. La journée du i septembre anéantit ses intenlJons. Les républicains osaient annoncer -une résistance à outrance. D'ailleurs toute l'armée allemande, des généraux aux simples soldats, réclamait à grands cris la prise de Paris, et selon Sheridan, >< chacun désirait plus descendre triomphalement les Champs-Elysées qu'obtenir un haut grade. » Le 4 septembre, le roi, son chancelier et l'état-major général s'arrêtèrent à Rcthel ; le lendemain, ils arrivèrent à Reims.

Pendant une dizaine de jours, les opérations militaires furent moins vives et moins sanglantes. Les Français se repliaient en hâte sur la capitale, où te corps de Vinoy, — dernier débris de l'armée impériale, — formait te noyau de la déiense; au Nord, au Sud, à l'Ouest se groupaient les nouvelles recrues de la patrie en danger. A Metz, Bazaine hésitait, aveuli depuis le 18 août ; le prince Frédéric-Charles con-

I. Sheridan. Pertonat Mémoire, t. II, p. f If el suiv. Le général amËrîcain ne quitta pas Bismarck â ce moment. En Allemagne on croyait 6 la Bn de la guerre. Kobell. Kônig Ludwig 11. p. St. Cf. les Souvenirs du coIoDel von Uronsarl, insërâadans l'ouvrage da t'ëtat-mtOor JUo'lA« in Verut.au*, Milildr-Wockenblalt de 1902, t. 87, p. 29SD.

es positions, sûr du résultat depuis le 1" septembre, de l'armée allemande s'avançait à petites journées,

ses cadres appauvris par tant de batailles et si !s. Et Bismarck avait repris place au travail, 'hôtel de M. Dauphinot, où le chancelier s'était insî ses secrétaires, coulait un perpétuel défilé de gens,

prussiens, olficiers généraux, diplomates étrangers, Les de tous pays. « Maintenant que les armes

pendant quelques jours, écrivait Bismarck à sa les paperasses me montent jusque par-dessus la I faisait face à tout avec son habituelle activité, bou- ; moindres délaiU, nerveux, tendu, colère'. Seul civil c foule de généraux, il était plus isolé que jamais ; il couché, malade du chagrin que lui avait causé la ion fils à Sedan' ; Moltke entendait agir â sa guise, et, nisérable question, les deux hommes se heurtaient en

la grande indignation des militaires ^ Et Roon était âgé qu'il doutait même que son ami, « le grand magi- U terminer la guerre « sans dissonance d. u'il l'eût prévue, la révolution du i septembre avait Bismarck, Il croyait maintenant 6 la nécessité de ' la guerre, et le plus vivement possible*, car ii ne ec qui traiter. A cet égard, son opinion était faîte, it avec quiconque lui assurerait l'Alsace, la Lorsmande et quelques milliards de francs. On avait

. KeuciGll, Bismaeck et aa

6 M. de Blanckenburg, 6 septembre, 6 sa Temme S sepa. Dtnkwiirdigkeilen , t. W, p. 464 el Biiiv. t i. en femme, 13 septembre 1B70. DenkmUrdigkeilm, p. 196. rck â sa femme, 18 septembre 1870. Sheridan. Peitonat Memoirs y PHnce Kraft de Hohenlohe-IngcIDngen. Au» meinem teben,

pensé, au quartier-géaéral, ù faire du maintien perpétuel des Bonaparte en France une condition essentielle de la paix * ; et lui-même le désirait, mais sans impératir catégorique. Il se refusait à signer pour l'instant avec le gouvernement de la Défense nationale, parce qu'il ne le croyait pas solide et durable. Aussi repoussa-t-il ta demande d'audience de Jules Favre. « Avec qui pouvons-nous traitera Paris, disaitil au représentant du Times ; quelles garanties ces gens nous donnent-ib? Il nous est impossible de hasarder avec eux le bénéfice de notre labeur '. » Et il eu concluait à la nécessité d'assiéger Paris.

Dès lors, il posait les conditions de la paix, non à des négociateurs frauçEiis, mais au monde entier et les journaux de Berlin publiaient deux circulaires que le chancelier avait adressées à ses agents diplomatiques, le 13 septembre de Reims et le 16 de Mcaux'. Après avoir rejeté sur la France toute la responsabilité du conflit, il constatait que ta nation vaincue ne pardonnerait jamais sa défaite, môme si le vainqueur renonçait à toute annexion et à toute indemnité pour se contenter de ta gloire de ses armes. La guerre actuelle entraînerait donc une nouvelle guerre : la paix devait avoir pour but, disait-il, « de protéger la frontière de l'Allemagne, surtout au Sud jusqu'alors sans défense, contre les attaques de la France, de telle façon que nous reportions plus loin cette frontière et par là le lieu des attaques françaises, et que les forteresses, d'où la France nous menace, rentrent dans le sys-

1. La comtesse de Bismarck â son mari, septembre 1870, avec annotatkme du chancelier.

2. Bisraarck â Husa«lt. 11 septembre 4870. Russe)]. My dîarg. p. 961. Communique de l'autorilii prussienne au Journal V Indépendant rtmoii, 11 septembre. Récit de M. Wchrié, maire de Ryiins. dana le Figaro du It septembre 188£.

ï. Hahn. Fttrtt BUmarck. t. II. p. 155 el suiv. Ces circulaires ont été publiËes dans le Slaatiarchiv du S3 septembre mTO.

tème défeDsif de l'Allemagne,.. Nous nous défendons de toute immixlion dans les affaires intérieures de la France. 11 nous est indUTérent quel gouveraemenl la nation française se veut donner. Pour l'heure, le gouvernement de l'empereur Napoléon est le seul que nous reconnaissions formellement. Nos conditions de paix sont tout à fait indépendantes de cette question du gouvernement, elles sont dictées par la nature des choses et la loi de la nécessité contre un voisin violent et belliqueux. Tant que la France restera en possession de Strasbourg el de Metz, son organisation offensive sera plus forte que notre défensive sur tout le sud de l'Allemagne et sur la rive gauche du Rhin. Strasbourg est entre les mains de la France une porte de sortie toujours ouverte sur l'Allemagne du Sud. E>an@ les mains de l'Allemagne, au contraire, Strasbourg et Metz acquièrent un caractère défensif »,

A l'heure où le cabinet anglais s'entremettait en faveur de la paix, Bismarck posait ainsi, comme en public, les conditions de cette paix. Strasbourg el Metz seraient des remparts allemands, et nul ne devait l'ignorer.

Cependant le flot des soldats allemands venait battre jusqu'aux murs de Paris. Le quartier général s'ébranlait à son tour, et, te H septembre, quittaitReims pour descendre la vallée de la Marne ; il s'installait le soir à Château-Thierry ; le lendemain, il reprenait la route de Paris et se fixait pour quatre jours à Meaux. Le soir même, un jeune homme élancé, à chevelure noire, élégant el fin ', se présentait soudain à la maison occupée par Bismarck, rue Tronchon. C'était sir Edward Malet, secrétaire de l'ambassade d'Angleterre à Paris, qui apportait au chancelier fédéral une nouvelle lettre de lord Lyons.

i. Busch. Tagebuchblatler. l. i, p. 196.

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La veille, 14 septembre, Jules Favre avait rédigé udc courte note en réponse au refus premier de Bismarck ; il y proposait la signature d'un armistice, la délibération d'un traité de paix, la réunion d'une Assemblée nationale pour le ratjfier '. Le cabinet de Londres, auquel ce projet fut soumis, le trouva « excellent » et consentit à envoyer de Paris au camp prussien un secrétaire de son ambassade pour préparer une entrevue de Jules Favre et Bismarck, en « approuvant fortement » cette conversation personnelle des deux ministres. Sir Edward Malet était parti le lendemain de Paris et tombé à l'improviste au quartier du roi Guillaume à Meaux V

Le chancelier le reçut avec affabilité, en dissimulant son dépit de cette visite fâcheuse, le pria à diner, fit déboucher son meilleur kirschwasser, et montra son amabilité de bon dogue qui rentre ses crocs. 11 lui attesta « son entière disposition de traiter avec toute personne que désignerait le gouvernement français' ». Le jeune diplomate, ravi de ce succès, rentra le 16 au soir à Paris, et le lendemain, au moment de partir pour Tours, lord Lyons informa M. Jules Favre que le chancelier l'attendait. Le ministre français résolut de partir le lendemain.

Après avoir refusé de recevoir Jules Favre, Bismarck désirait maintenant le voir « pour apprendre è le connaître * » ; il l'attendit à Meaux lé 17 et le 18 ; nul ne parut. Le 19, le quartier général s'ébranla : ce jour même, l'investissement de Paris se complétait, la capitale était séparée du pays pour quatre mois par un cercle de fer. Le roi résolut de se porter

1. Jules Favre. Le Gouvernement de la Défente Nationale, 1. 1, p. 148.

t. ■ Bismarck Était indigne conire les avaol-postea qui l'avaient laissé passer >. écrivait Roon i sa femme le 17 septembre. Roon. Denkwardigkeiten, t. 11. p. 47S.

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