BiLBch. TagebntkiUtUr, t. II, p
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teur attristé par Les angoisses delà patrie. L'un avait la pan^ sèebe et autoritaire, sûre de l'expérience de vîftg;i négociations beurenses, appuyée sur les succès de ses années. L'autre avant le vert>e abondant et riebe, il parlait d'humanitéet de justice, alors qu'on ne lui répondait que par le droit ia pins fort, il représentait un gouvernement de quinze jouirs, un pays en désarroi, des années en déroute. Il pouvait douter de la France, mais il eut ta en elle et ce fat son honneur.
Pour d^bérer tranquillement, ils montèrent au ehUeau de la Haute-Maison, petit manoir situé sur une coUioe. Tout en mavcbant, Bismarck perdait « des exploits des fraDc»-tircurs, dont les environs sont infestés ; ce ne sont pas des soldats, ajontsit-H, nous les traifoos eomoM des assassins. — Ce soal, répondit Jules Favre, des Français qoi déAsodent leur territoire, leurs maisons, leurs foyers. — .Vous ne pouvons cobtnaître, repartit le chancelier, que les soldats sooatis à une discipline régulière, les autres sont hors la loi. » M. i. Favre rappela les édits prussiens de 1813- et la sainte croisede préchée contre les Français, a En efTet, répliqua Bismarck, mais nos arbres ont conserré la trace des habitants que vos généraux y ont pendus. » Et il simula de nouvelles craintes d'une attaque subite des francs-tireurs. Jules Favre s'assura qu'il n'y avait que des soldats prussiens'.
Us étaient arrivés au cbAteau; ils s'assirent dans une salle basse et Jules Favre prit la parole. « J'ai cru, dit-il, qu'avant d'engager une lutte définitive sous les mors de Paria, il était imposable de ne pas tenter une transaction honorable, préve-
1. JalM FavK a dicte immèdiatBmeiit à an secrétaire la relalion de ses enUetiena avec Bismarck (récit publié dans sod ouvrage sur le Goui-eniemtitt à» ta DéfaitMa Naliotuiit. t t. p. 162 et suiv.). Il en a fait ensuit); un rappMt (dticiel A sea collëgnes ijui a ëU inaéré an Joanal Officitl du 19 aeplembre. H. de Bismarck a recUAé certains points de déiail dans une circulaire du 27 septembre, tlahn. Far$t Bismarck. I. II. p. Vil tt suiv.
nanl d'incalculables malheurs, et j'ai voulu connaître à cet égard les intentions de Votre Excellence. Notre situation bien qu'irrégulière, est parfaitement nette. Nous n'avons pas renversé le gouvernement de l'empereur. Il est tombé de luimême, et, en prenant le pouvoir, nous n'avons fait qu'obéir à une loi de suprême nécessité. C'est à la nation qu'il appartient de prononcer elle-même sur la forme de gouvernement qu'elle entend se donner et sur les conditions de la paix. C'est pour cela que nous l'avons convoquée. Je viens vous demander si vous voulez qu'elle soit interrogée, ou si c'est à elle que vous faites la guerre avec le dessein de la détruire, ou de lui imposer un gouvernement.
— Nous ne demandons que la paix, répondit le chancelier. Ce n'est pas l'Allemagne qui l'a troublée. Vous nous avez déclaré la guerre sans motifs, dans l'unique dessein de nous prendre une portion de notre territoire. En cela, vous avez été fidèles à votre passé. Depuis Louis XIV, vous n'avez cessé de vous agrandir ft nos dépens. Vous ne renoncerez jamais à cette politique. L'Allemagne n'a pas cherché cette occasion, elle en profitera pour garantir sa sécurité par une cession de territoire. Strasboui^ est une menace perpétuelle contre nous. C'est la clef de notre maison et nous la voulons.
— Alors c'est l'Alsace et la Lorraine, s'écria Jutes Favre.
— Je n'ai pas parlé de toute la Lorraine', répliqua Bismarck ; mais quant à l'Alsace, je suis très net. Nous la regardons comme absolument indispensable à notre défense ».
La conversation se prolongea un instant sur ces conditions éventuelles. Bismarck s'était déridé, il allait « presque jusqu'à la bonhomie s, sans perdre d'ailleurs aucun de ses avan-
I. It semble résulter, non du réeil de Jules Favre, mais de la circulaire de Bismarck, que celui-ci indiqua dès lors, comme passible d'annexion,
les arrondissements de Sarrebourg, Châlean-Salins, Sarreguetnines, HeEz cl Thionville.
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tages u d'homme d'affaires », mais avec celle franchi d'astuce, celte rondeur habile où il excellait à dissi diplomate retors sous tes formes d'une bienveillanl lité.
K Peu nous importe voire forme de gouvernemeni rait-il au ministre français. Si nous croyions Napoh favorable à nos intérêts, nous vous le ramènerions. nous voulons, c'est noire sécurité.
— C'est notre destruction que vous voulez, n Jules Favre, car pour avoir la paix, il faudra que i ciez notre gouvernement. Vous en serez responsabi l'Europe, qui probablement trouvera bon de ne pas le et vous entrerez dans une période d'agitation et i dont nul ne peut prévoir la iin. Je vous propose ui simple de sortir de cette impasse ; laissez- vous convoi Assemblée. Vous traiterez avec elle; ai vous êtes ' politiques, vous lui imposerez des conditions accept vous aurez une paix solide.
— Pour cela, répliqua le chancelier, un armisli nécessaire, et nous n'en voulons à aucun prix ».
Bismarck devait rejoindre son roi en se séparant, les deux hommes
bcHsée de Tournan, au milieu à i et d'arbres rares, s'élève un ro
baron de Rothschild, chef de la smarck le connaissait bien, y ayai it l'indiquer au roi comme un lieu s il y séjourna pendant quinze joui
li. C'est par erreur que M. Busch, Tagebt |ue Bismarck avail chassé â Ferhéres li , Bismarck étail à Prancrorl.
que l'armÉe allemande se cantonDait en iitvestissanl Paris.
La oonversaUon reprît le 90Îr mOme entre Bismarck H •Jules Favre. Après quelques digressions de politique générale, — rivalité des deux nations, nature du caractère français, développement de la candidature HobenzoUcm, — t'entredien se fixa sur la nécessité de l'annistice; c'ctaU l'objet essentiel du voyage de Jules Favre, car la suspension des hostilités était indispensable au Gouversenient provisoire pour réunir les électeurs, et le ministre français plaida sa cause avec toute la force de son patriotisme. Il se beur^ sans cesse au refus du chancelier féd^^l qui déclarait l'armigtice « «ssentiellement défavorable à nos opérations militaires et par là même précieux pour vous », Et, comme <Hi parlait de Metz, le Prussien l^iça ce trait : « Il n'est pas hors de propos de vous faire observer que Bazaioe ne vous appartient pas. J'ai de fortes raisons de croire qu'il demeure fidèle à l'empereur et par là même qu'il refuserait de voua obéir. » Il fJBisail allusion aux négociations suivies peu auparavant entre le prince Frédéric-Charles et le maréchal Bazaîne. La conversation prit fin sur cette (lèche barb^ée. Les deux hommes convinrent de se retrouver le lendemain, lorsque le chancelier aurait consulté son roi et les généraux.
Le 20 septembre, tout au matin, un homme se présentait au château et sollicitait audience du chancelier : un CMneillcr, Hatzfeldt, le reçut rapidement ; l'homme pria le diplomate d'infornier son ohef qu' « il arrivait d'Hestings. » Bismarck causait à ce moment avec le roi ; avisé par une note de sou collaborateur, il fit immédiatement dire qu'il recevrait cet homme : c'était Régnier.
Au bord de la Seine, entre Melun et Corbeil, dans une mnison agréable, vivait alors une façon d'hurluberiu, raté de la médecine et du droit, sans scrupules comme sans cons-
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cicDce '. A lire des romans historiques, il avait conçu un mode orif^al de dénouer les grands drames des peuples, un scénario qui visait à jouer Vitrolles et qui n'étnil que de Vidocq. Il résolul de rejoindre en Angleterre l'impératrice Eugénie ; peut-être avail-il eu déjà quelques intelligences au quartier général des Prussiens'; il se présenta è Hastings oii l'ancienne souveraine résidait avec son fils ; il écrivit lettres sur lettres; il y proposait de servir d'intermédiaire entre la régence déchue et le gouvernement prussien ; on ne le congédia pas d'emblée ; il obtint audience de M™ Lebreton, sœtir du général Bourbaki et dame d'honneur de l'impératrice, deM. Filon, précepteur du jenne prince, enfin de l'ex-souveraine ; on le Ofmgédia sans trop le comprendre, car il était verbeux et baEouilleur « Je n'ai aucune confiance en vous, lui disait Eugénie, du reste oe serait un crime d'entraver la défensedu paj-s*. » Il obtint que le prince impérial écrivît an bas d'une photographie dllastings quelques lignes pour son père et sa sâgnature. Ce fut le seul viatique de l'aventurier ; ayant appris que M. Jules Favre serait reçu par le chancelier fédéral, il pnrtit précipitamment pour le devancer.
Bismarck le reçut sur-le-champ; ce n'était pourtant qu'un médiocre personnage, mais l'habile ministre ne négligeait rien qui pât lui être utile ; tel un banquier opulent et soigneux ramasse à terre une épingle. Malgré lajournéedu 4 septembre, le chancelier n'avait point abandonné toute intention de traiter avec Napoléon ou Eugénie ; il en avait parlé à diverses personnes & Reims, il avait reçu « de faux ramiers de la
1 . tiur les ongines de ce personDa^e, voyez dans les DébaU du procès Baiaine (éd. Ghio, 18T4] le rÉquisitoire du g6n«ral SérË de Riviârcs, p. 3U. el la teUre de Rî-goier, p. 79.
2. Sorel. Raioire diplomatique de la guerre Iranco-allemande. l. I. p. 3t7.