‹ Bismarck et son tempsChapitre 52 sur 270 · DéposilioDS Soulié, Pozzo di Borgo. Yung · texte numérisé non relu

DéposilioDS Soulié, Pozzo di Borgo. Yung

i. Le comte de BeuBt au comte Chotek. Beusl. Mèmùim, t. Il, p. 391.

En ADglcicrre, on se désolait par avance âa bombardement de Paris, et od feîsait montre de a aeottnacntalité ' », mais l'action était remplacée par une sympathie, d'ailleurs sincère, et des « bons offices », d'ailleurs platoniques. L'Italie était heupense de Rome. La Russie mootrait quelque, mécontentement, n'ayant encore rien: reçu : le roi Guillaume recommandait à la reine d'écrire à la grande-duchesse Hélène ^ « pour miner les intrigues de GortschakoEF, qui oppose son vétO' à toute annexion' ». Et, toutenchassaatlesfeisansdeFerrièreSr Bismarck surveillait l'Europe.

Le 5 octobre, le cercle de fer était solidement fÎM^ ; Fiea ne s'opposait à l'installation de Guillaume à Versailles.

Dans un des pluspaisiblesquartters de Versailles, ruedc Provence, se dresse une maison h deux étages, aux larges fenêtres et péristyle élégant ; ce n'est pas un chAteau, mais c'est une demeure de large aisance. La porte franchie, on est frappé du charme du parc, avec ses vastes pelouses, ses hauts arbres et ses eaux courantes. Dans cet asile discret habitait une famille de vieille et haute bourgeoisie qui avait fui l'invasion. Les htisards de la répartition en firent le centre diplomatique de l'Europe pendant cinq mois. Le roi Guillaume habitait à la Préfecture, te prince royal aux Ombrages, près de la gare des Chantiers, Roon rue Colberf , près du château, Moilke rue Neuve, dans un hôtel qu'aurait

i. l'iiiice de Btamarck. Pentiea et Sauetnin, 1. Il, p. 135.

3. Princesse Ifflène dp Wnrlemberg, ^ouse du grand-duc Michel et belle-sœur du Izar,

3. Le roi Guillaume à la reine, 7 septembre 1870. Oncken. Vn»»r HKltUnkaistr, p. 21.1.

tizec.yGOOglf

DE SEDAN A VEBSAELLES 143

heJité k marquise de Pompadour ; Bémarck s'installa le 5 oclobre, dtats l'après-midi, 12 rue de Provence, dansThôtel Sesaé '.

La vie qu'il y mena fut E^tëe et pittoresque. Ses ccrapagnans n'ont pas manqué de décrire, jusqu'en leurs moindres détaîla, les efaeinbres oceopées par Bismarck et ses seerétaJres, l'inslalblion à la mode des camps, avec les boH^iee fichées d«BS les bouteilles, les armes trainîuit sur les actes diploraatiqites, et la robe de chambre passée sur l'unifonne nviitaire. lia ont dit les repas truculents, les propos de table, les savantes discusnons sur les pâtés de carpes, raccommodage des lierres et la confection des saucisses. Bismarck avait repris sa vie paradoxale de BeHin : levé tard, il rendait visite eu roi dans l'après-midi ou feisaH quelque pro~ menade à cheval dans le grand parc, aux avant-posCes. Le soir, il recevait, car c'était un perpétuel défilé de personnages variés, dijrfomatea de tous pays, princes allemands, délégués officieux de tous genres. Dans la nuit, il travaillait solitaire, 'fiévreux, ineapable de sommeil; parfois, pour se calmer, il descendait au jardin et dans les allées dorées par l'automne on voyut la tumie stature et la casquette blanche du chancelier sertir de l'ombre et apparaître au clair de lune, puis se prcMnener lentement'.

A ses côtés travaillaient avec ardeur une demi-douzaine d'hommes- dévoués à leur maître : le vieil Abeken, quoique frappé d'une l^^re attaque, préparait jour et nuit les dépêches diplomatiques et ne se reposait qu'en cueillant, pour sa jeune femme, les violettes ou les perce-neige dont le parc

('. Keudell servait de chef du secrétarial, triait les u la correspondance et calmait parses mélodies au erfs du chancelier *. Hatzreldt était char^ plus spéjes relations avec les Français. Lotliar Bûcher s'oca question allemande. Chartes de Bismarck-Bohlen rdc du corps. Et Busch rédigeait les articles hai- ■oniques, produits normaux de la guerre. Parfois lerte secouait la maison, car, jusqu'à la prise de léme en novembre, la situation des Allemands à leur semblait peu sûre*. Bismarck parlait d'une )ssible, et la maison du roi préparait subitement . L'émoi ne durait pas. Schlestadt, Soissons, Neufaient pris ; la vallée de la Loire était envahie ; les itaient repoussés à la Malmaison et au Bour^t ; ulait,

ipes enfermées dans la vieille ville lorraine avaient vain de rompre le cercle qui les enserrait. Les et les vivres commençaient à manquer; des soldats s quand ils allaient déterrer des pommes de terre laient pour un morceau de pain. L'état-major alleinaissait parfaitement cette situation ' ; et, sans nbarder la place, attendait les effets inévitables de ornent. Le maréchal Bazaine résolut de réunir tous andants de corps pour couvrir de leur respon- 3S fautes qu'ils n'avaient point commises*. Le , ce conseil de guerre décida d'accepter une « con-

. Ein achtiehtea Lebtn, p. iiOetsuiv.

. Bhmarck et sa famille, p. S2I et sulv.

m's Denkviiirdiglieilen, t. II, p. *M. Duc Ernesl de Ck>bourg.

Lebeit. t. III. p. 639.

La gueirede 1870, p. 181.

Deligny. L'Armée de tteU, p. 48. D'Andlau. Meti, p. 287. miie du Rhin. p. 195 et euiv.

venlion militaire honorable »; si l'ennemi prétendait à des conditions incompatibles avec l'honneur et le devoir militaires, l'année française tenterait de se frayer un passage les armes à la main. Bazaine convainquit ses frères d'armes d'envoyer son premier aide de camp, le général Boyer, non à son adversaire direct, le chef des assiégeants, mais à Versailles. Il sollicita un sauf-conduit pour cet émissaire.

Le prince Frédéric-Charles refusa net le (1 octobre' ; il faut voir dans ce refus une forme de la rivalité des généraux et de Bismarck. Ils ne voulaient pas que ce civil intervint dans des n^^iations militaires. Le prince, ardent et autoritaire, eon« sidérait la capitulation de Metz comme chose sienne. Mais il ne put pas dissimuler cette démarche au roi : on en déhbéra à Versailles, et non sans orage ; Bismarck voulait accepter la proposition de Bazaine et s'entretenir lui-même avec le général Boyer, Roon et Moltke se refusaient à recevoir toute communication de Metz ^ ; le roi finit par se rallier à l'avis de son chancelier, et le prince Frédéric-Charles informa Bazaine le 12 octobre que les lignes allemandes s'ouvriraient pour le général Boyer'. Celui-ci partit de suite, porteur d'une note où Bazaine livrait toute sa pensée ' : la question militaire était jugée, l'armée allemande était victorieuse ; mais le roi de Prusse n'avait pas d'intérêt à l'anarchie du pays ; or l'armée de Metz pouvait « devenir le palladium de ta société menacée par l'attitude qu'a prise un parti violent. — Cette armée contribuerait à l'avènement d'un pouvoir régulier et légal, avec lequel les relations de toute nature poun-aient être reprises sans secousse et naturellement ». Tourner son armée contre

i. D'ADdIau. Meli, p. 301-303.

!. Aiu Kaiwr Friedrich'* Tagtbuch. 10-li octobre 1870.

3. Procès Bazaine. Rapport du général de Rivière. 3> partie, chap. iir,

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