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Bismarck A sa femme, 8 octobre I8T

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cl une froideur décourageante ; on lui avait prodigué partout des bonnes paroles et des conseils à la résignation ; après quarante jours de voyage, de raisonnements sensés, de démonstrations lumineuses, il était arrivé à ce médiocre résultat, le mot de « médiation » murmuré par l'Autriche *, {les « représentations » pacifiques adressées par l'Angleterre aux deux belligérants ', et un sauf-conduit demandé pour lui par la Russie'. A Tours, on eût désiré obtenir l'armistice par l'entreprise du cabinet anglais ; M. Thiers préféra suivre les conseils russes et traiter personnellement avec Bismarck. 11 télégraphia h GortschakoiT pour obtenir un sauf-conduit pour Paris, et comme Bismarck lardait, — attendant la capitulation de Metz, — M. Thiers résolut de s'adresser directement au chancelier. Bismarck prétendit n'accorder un saufconduit que pour Versailles'. Il lui importait de converser avec le voyageur avant de lui permettre l'entrée dans Paris. Doucement poussé par les cabinets de Londres et de Pétersboui^, il se décida enfin à envoyer un sauf-conduit pour toutes les hgnes allemandes.

M. Thiers traversa Versailles le 30 octobre, le jour même où les soldats français étaient refoulés au Bourget. Il ne fit au chancelier qu'une visite de quelques minutes, pour ne le point froisser, et il a résumé ses courtes paroles dans cette jolie phrase : « Je ne puis vous parler que pour vous dire que je ne puis vous parler '. » Quelques mots

I. Le comlc de Beust b ses ambassadeurs b. Elerlin el Pëterabourg, 1Ï0U3 octobre 1870.

i. Lord Granville jk lord Lyons b Tours, lord Loflus b Berlin, Bismarck il Versailles, iO octobre 1870.

3. Le tsar Alexandre au roi Guillaume, 3 octobre 1S70. GorlschakofT b Bismarck, Ï2 octobre 1870.

i. 5ur les négociations à ce sujet. Sorel. Histoire diplomaliqut de la 'I lierre franco-allemande, l. Il, p, 4Set suiv.

5. Les négociations de M. Thiers et de Bismarck ont été relatées par le

encore furent échangés sur la difficulté des communications avec Paris, les dangers auxquels elles exposaient les pariementaires, et M. Thiers gagna la capitale sans encombre.

Le soir même, il apprenait ai^ membres du gouvernement de ta Défense nationale la capitulation de Metz : ce fut pour eux un coup terrible ', car les défenseurs de Paris devaient en être aussi découragés que leurs adversaires enflammés pour le combat. Sur le conseil de M. Thiers, les membres du gouvernement résolurent de solliciter un armistice qui permit les élections, avec ravitaillement proportionnel h sa durée et avec liberlédu votedans toute la France.Le lendemain, A deux heures, M. Thiers repartit pour apporter & Bismarck cette proposition ; à ce moment, Paris était en insurrection : c'était la journée du 31 octobre.

Le l" novembre, à midi, M. Thiers entrait à l'hôtel de la rue de Provence. Bismarck l'attendait. Entre les deux hommes, il n'y avait point d'inégalité personnelle, car ils avaient même expérience des hommes et des choses, et la finesse de l'un valait l'éner^e de l'autre. Mais l'un représentait un pays envahi, un gouvernement nouveau et en deux tronçons, des armées en déroute ou en formation ; 1 autre s'appuyait sur un gouvernement vigoureux et 500 000 hommes de bonne troupe ; il avait toute la force de ses précédents succès et des victoires de ses armées. La différence des situations faussait entre eux les conditions de la lutte.

premier k quatre reprises diFtérenles ; Rapport aux puissances, 9 novembre i870. Dipotition devant la commission d'enquile sur les actes du gou- Btmtnunl de la Défense naliottale, p. ii-il. Id., mr les événements du IS mara, p. 15-8!. Sote et Souvenirs, ffésocialiont pour un armistice. p. BI-106, (publiés en 1904). M. Georg KOntzcl, qui a passé ces documents a une criUque très aivkte {Thiers und Birmarck. Bonn, 1005). conclut que ces Soles et Souteiiiri, quoique rédigea postérieurement, eonstiluenl li' pins sâr et le plus complet de ces documents. C'est à ce récit que nous nous attachons en le rectiQant néanmoins sur quelques points. I. Jules Favre. Le gouvememenl de la Défense nationale, l. I, p. 317.

onversation s'engagea, immédiate et rapide, comme l'as- ; deux fines lames. M. Tliiers exposa qu'il avait reçu du naement de Paris les pouvoirs nécessaires pour conl'armistice conseillé par.les puissances neutres, et ayant )bjet principal la convocation d'une Assemblée natioifec laquelle on pût traiter de la paix. Tout en eonlesinterventton des neutres, Bismarck accepta le principe misticc, mais à condition que les soldats allemands issent un des forts dominant Paris, est inadmissible, car ce serait donner Paris », s'écria iers et sur un tel ton que le chancelier n'insista pas et attit sur la vanité des élections ; il reprit l'argument ervait aux républicains et parla delà pos^bilité d'une ration impénale.

''ous savez, dit-il, que l'empereur Napoléon a oppelé i de lui les maréchaux et d'autres chefs de l'armée, nos niers'. Ceux-ci se sont rendus à son appel; l'impéra- 'est jointe à eux, et ils délibèrent en ce moment. Nos ou trois cent mille prisonniers pourraient leur compoe armée, ils appelleraient le Sénat et le Corps législatif tareraient non avenu le gouvernement qui siège à l'Hôlel Ile ».

te argumentation dans les nuages n'était point faîte pour tenancer un homme de la finesse de M. Thiers, et la rsation reprit sur la question de l'armistice. Le délégué lis demandait un ravitaillement de vingt-cinq jours, le re prussien alléguait la difficulté des approvisionnements objections des généraux prussiens. Bismarck prétenxclure des élections l'Alsace et la Lorraine allemande.

irts [a uliiilc de Mutz, les man'^chaux Ba/aine. Le Bœuf el Canrobcrl . e(i^ envoyés â Casse) li la demande de Napoléon III. On ciivisagi'R inion comnic n un petit Cobleniz », el Nupoliion soHicila liii-mfme pari. Papiei-3 inédits.

• Ah! quant à cela, non, non, répondit M. Thîers. L'armistice n'eat pas le traité de paix ; jamais nous ne laisserons, dans un armistice, préjuger une question de territoire. » Le chancelier, frappé de la vivacité de )a réponse, proposa un moyen terme, de choisir dans les deux provinces des notables sans recourir à la formalité de la convocation, pour y prévenir toute agitation électorale. M. ïhiers y consentit et la conversation dévia sur les conditions de la paix. M. àç Bismarck exposa tout net que l'Alsace et Metz étaient indispensables à l'Allemagne, et il voulut traiter la question par l'argument historique ; mais il avait un rude adversaire, qui riposta par l'histoire de la formation prussienne, et le chanceBer se rabattit sur les raisons de nécessité : les garanties que diHinerait à l'Allemagne l'acquisition des nouveaux territoires, ks exigences de l'opinion publique outre-Rhin. A ces aliments de la force, M. Thiers n'avait rienà répondre.

Les deux hiHnmes se séparèrent, Bismarck s'engageant t\ soumettre ces pourparlers au roi el à son conseil, M. Thiers promettant de rédiger un projet d'armistice, pour servir de base à de nouvelles négociations. Guillaume et ses conseillers en délibérèrent le lendemain matin ' ; sans admettre toutes les conditions de M. Thiers, ils en acceptèrent au moins la discussion. La conversation reprit dans l'après-midi entre le comte de Bismarck et M. Thiers^ Celui-ci donna lecture de son projet de convention ; chaque article en fut discuté et placeurs avec vivacité. Le chancelier ne voulait donner des vivres que si on lui livrait un fort.

« -Non, rétorquait le dél<5gué français, point de fort et dos

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