‹ Bismarck et son tempsChapitre 55 sur 270 · I. Au» Ktùêtr Friedrich's Tagtbaek. i novembre · texte numérisé non relu

I. Au» Ktùêtr Friedrich's Tagtbaek. i novembre

!. Ce second entretien eut lieu le 2 novembre . I>ans les Mémoires el Soii- MNindeli.Thiere, p.8l, il est reporté au 3 novembre. CVsIl* une simple faute tfimpreBaion, ainsi qu'il cil Tacile de le constater va vérifiant les dates des 3 et * novembre, p. 89 et 9t.

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vivres, sinon point d'armistice. » Bismarck n'admettait pas qu'un tiers arbitre fût pris parmi les neutres ; il contestait le droit de prise, et il s'emporta contre toulas les « atrocités » commises par les soldats français. Le petit vieillard se leva, prêt à sortir.

« Je me suis appliqué, rétorqua-t-il vivement, & ne mettre aucune amertume dans nos pénibles discussions, et je m'étonne que vous exprimiez devant moi, sur l'armée française, un reproche que je ne saurais entendre. » Le chancelier se calma et la conversation reprit, allant des conditions de l'armistice au régime futur de la France, du ravitaillement au gouvernement des Bourbons, des princes d'Orléans ou de la République. Los deux tiommes n'étaient pas loin de s'entendre, à croire Bismarck tout au moins. « Nous sommes d'accord sur presque tous les points, disait-il ; mais le ravitaillement devant prolonger la résistance de Paris, les militaires n'en veulent point, et sans eux je ne' puis rien faire. » Et il demanda jusqu'au lendemain pour consulter le roi et donner une réponse définitive.

En quittant la rue de Provence, le fin homme d'État se méfiait ; il lui semblait que les Allemands n'avaient consenti à ouvrir la négociation que pour ne pas indisposer les neutres et sans avoir jamais eu l'intention d'accorder l'armistice, — cette hypothèse parait plus que vraisemblable, — et médiocre était son espoir d'aboutir à une suspension d'armes*. Bismarck s'y attendait moins encore. « 11 sera bien difTicile de tomber d'accord », disait-ilà ses collaborateurs'; et il écri-

1. Dans 8«s dépositions, Il a, pour des raisons poUliques, exagërË ses espérances d'armistice, qu'il a réduites â leur réalité dans ses Noies et Souveniri, p. m. Voyez 0, Kilntzel. Bùmarci und ThUrê, p. 53.

t. Busch. Tagebuckblauei; 1. 1, p. 3i3 cl 345. Bismarck ajoutait en se vantant qu'il avait sondé habilement le n^gorialeur, « ils n'ont plus que pour trois ou quatre semaines lie. vivres u ; il avait liouvé son maître en Anease, car ces trois semaines Turent trois mois.

valt dans l'intimité « qu'il n'avait jamais compté un instant sur l'annistice' ». Le roi s'opposait aux demandes essentielles de ses adversaires *. L'état-majop tenait à continuer les hostilités. Il n'y avait donc qu'à rompre des négociations en y mettant quelques formes.

Le lendemain, 3 novembre, dès que M. Thiers parut, Bismarck lui annonça que la Commune avait été proclamée à Paris : si la nouvelle était vraie, elle arrêtait net les négociations. M. Thiers envoya immédiatement à Paris son secrétaire, M. Cochery, qui revint le soir en annonçant qu'après la journée tumultueuse du 31 octobre, l'ordre paraissait rétabli dans la capitale. Le chancelier « sembla en être à peine satisfait ». Probablement avait-il compté sur une révolution parisienne pour terminer des pourparlers sans objet. Il déclara, alors, à son interlocuteur que les militaires ne pouvaient accorder le ravitaillement de Pai sans qu'on leur livrât un fort. « Nous aurions fait des sacri fices, ajouta-t-il ; maïs l'insurrection de Paris et l'abomi nable proclamation de Tours * nous ont fait perdre tout

M. Thiers comprit que c'en était fini de ces négociations ; le lendemain, il eut encore une entrevue avec Bismarck ; les conditions de paix furent examinées ; le chancelier laissa entrevoir la possibilité de maintenir Metz à la France, — ce ■ n'était là qu'une vaine parole, qu'il aurait retirée en s'excusant sur les exigences de l'état-major. Le soir. M, Thiers donna lecture d'une note où il avait résumé leurs entretiens. Après « un peu d'humeur », ils convinrent de déclarer

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