‹ Bismarck et son tempsChapitre 57 sur 270 · W. RuBsell. Ml/ diary during thé great uiar, p · texte numérisé non relu

W. RuBsell. Ml/ diary during thé great uiar, p

3. On peut croire que Ksmarck avait déjà fait sonder â cet égard la cour russe. Car il est dilTicile d'admettre qu'il ait télégraphié d trois heures à soD ainlMssadeur à Pétersbourg, qae celui-ci ait vu GoriachakofT, et que sa réponse soit arrivée a Versailles t> neuf heures.

la réunion d'une conCêrencepourstatuer sur les revendications de la Russie.

C'était un coup de maître' ; quelques jours auparavant, l'Angleterre et la Russie tentaient d'imposer à Bismarck leur médiation en faveur de la France; à l'heure actuelle, elles sollicitaient Bismarck de servir de médiateur. Bon prince, il renvoyait le délibéré devant un tribunal européen, mais encore voulait-il que la France n'y pût obtenir audience. Les préparatifs delà conférence traînèrent deux mois. Bismarck ne mettait nul hâte à les activer, car il gagnait un temps précieux aux armées allemandes. 11 compliquait ces négociations de vagues récriminations sur la violation par le Luxembourg* de sa propre neutralité. Il déconseillait au prince Charles de Roumanie de solliciter l'intervention des puissances si^ataires du traité de Paris, car la France eût été priée à l'égale de la Prusse' ; et surtout il tendait de savantes embûches pour empêcher le représentant * de la France de paraître à Londres : difficultés pour accorder un saufconduit à Jules Favre, insinuation que ce ministre ne pouvait quitter son poste de combat et d'honneur à Paris. En même temps, il multipliait les avis amicaux à Londres et les témoignages d'affection à Pétersbour^', avec tant de souci, une telle tension d'esprit qu'il en passait « de nombreuses nuits sans sommeil ». 11 réussit. Lorsqu'eAfin, le 17 janvier 1871, la Conférence se réunit à Londres, la France n'y était pas représentée, et Paris était près de succomber.

1. Sorcl. Histoire diplomalique de la guerre franeo-alleraande, t. Il, p. tUi.

!. Bismarck au gouvernement luxembourgeois, 3 décembre 1810.

3. Bism&rck à M. de Radowili, consul général en Roumanie, 9 décembre 1S70 : au prince Charles, 10 janvier 187). Aui dem Uben Kônig KarU non Aumdnien, (, II.

l. Le princp Henri VU de Beuss 6 Bismarck, janvier 1871. Au» Bitmarck's Briefwech»el, p. 436.

Le résultai final du débat lui importait peu ; prenant l'Alsace et la Liorraine, il admettait que la Russie se libérât sur la mer Noire. Dès que la France, épuisée, eut crié merci, il consentit à l'entrée du duc de Broglie dans la représealalion européenne, et le traité de Londres fut signé quinze jours après les préliminaires de la paix, dix jours après leur ratification. Ainsi avait voulu l'homme d'implacable génie : dans la discorde européenne, il avait trouvé un nouveau et sâr moyen d'écarter tout fâcheux de sa propre querelle ; pendant que les neutres se chamaillaient sur la navigation dans les Dardanelles, il écrasait la France.

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ghâI'Ithe vi LA RENAISSANCE DE L'EMPIRE ALLEHANO

S I. Les idées de chacun. — L'enthousîaéme dca premiers jours en Allemagne et le découra^m«nt ultérieur. — Les progressistes et le régime parlementaire. L'opportunisme natioDaMibéraL L'intransigeance du parti prussien. — Les princes fédérés du Nord. — Les monarques du Sud : Hesse et Bade; Bavière et Wurtemberg. — Bismarck el la politique des réalités progressives.

I 11. Les pREMiEHS JALONS, — Premières conversations avec les princes. Effet des premières victoires en Allemagne. Les réserves du Sud et les parlementaires du Nord. — L'initiative de Bade Le projet bavarois. Mission de Delbrùck en Saxe et en Bavière : conférences de Munich ; leur résultai. — Demande du grand-duc de Bade. — Concessions demandées aux unitaires.

g in, L'Allehauxe PAR LES fRiKCGS, — Projet de Congrèsdcs l'rînces. La force d'inertie du roi Louis 11 de Bavière. Action et réaction en Wurtembertî- Départ des ministres du Sud pour Versailles.

— Le travail de Bismarck, — L'acquiescement des Badois : arrivée du grand-duc Frédéric. — La résignation de la Hesse. — M. de Mittnacht et les concessions wurlembergeoisea. — M. de Bray et les espérances bavaroises; les deux Allemagne. Les inquiétudes du roi Louis. — La reculade du Wurtemberg; colère de Bismarck. —L'argument du failaccompli. Le traité du 13 novembreavec Bade et Hesse, — L'agitation bavaroise et les revirements du roi Louis. — Nouvelles négociations de Bismarck avec les ministres bavarois : le traité du 23 novembre.

— NéfTocintion à Berlin avec les ministres wurtembergeois : le traité du 23 novembre. L'Allemagne est faite.

S IV. L'assentiment des peuples. — Les parlementaires à Versailles. Les partis et leur mécontentement. Inquiétudes de Bismarck ; il ne peut quitter Versailles. — Le Beiclistag : rûle de Delbrùck. L'acquiescement du Bundesrath et du Heichatag. — Délégation parlementaire à Versailles. La réception du 18 décembre 1870.

— Lea Chambres de Carlsnibe et de DarmsUdt. Les Parlements de Wurtemberg et de Bavière.

g V. L'ExpBRBUR. — Les idées de Bismarck sur le titre impérial. Les premières victoires et l'opinion publique. Nécessité d'une offre par le mi de Bavière, Louis 11; mission du conte Holnstein à Versailles. — Lettre de Bismarck au roi Louis et retour de Holnstein en Bavière. — Héponse de Louis 11 et nouveau voyage d'Uolnelein à Versailles. Circulaire du roi de Bavière, Adhésion des cours allemandes. Acquiescement de l'Aulriclie. — Noël à Versailles. — Regrets du roi Guillaume. — Les discussions de protocole. — La cérémonie du U janvier 1S.71. — L'empire allemand.

L'enthousiasme simplifie tout ; qu'il a'eovole, les difficultés paraissent. Dans l'élan du départ, au bruit des premières victoires, toute l'Allemagne avait battu d'un même cœur, vibré d'une même émotion : l'unité germanique semblait faile. Au Reichstag, l'adresse d'adieu avait affirmé que « le peuple allemand trouverait enfin l'unité libre et pacifique, désirée par tous les peuples' ». Dans les provinces nouvellemenl acquises A la Prusse, l'orgueil du triomphe commun avait calmé les ressentiments du patriotisme local. Même dans les États du Sud, les susceptibilités fondaient dans la splendeur du succès. Le Conseil municipal de Munich votait le 19 août une adresse où était exprimé l'espoirque « la paix rende plus solide le lien noué par la guerre autour des peuples germaniques. L'Allemagne sortira. unie et puissante du glorieu-x combat ». Et la Gazette tCAugsbour g résumait les aspirations unanimes dans celte formule saisissante : « Strasbourg et Metz à nous ! Finie la ligne du Main ^ ! » Les victoires d'aoAt, le triomphe de Sedan, l'effondrement de l'Empire

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