‹ Bismarck et son tempsChapitre 61 sur 270 · Abeken, Ein schtichUs Leben. p · texte numérisé non relu

Abeken, Ein schtichUs Leben. p

S. Delbriii-k. Lebenserinnerungen. l. II. p. 407 et suiv. Ilasael. Aus dem Leben de» Kanig» Albert von Saehten, l. II, p. 498.

LA RENAISSANCE DE L'EHPIRE ALLEMAND ITU

fait tout brouiller » ; d'ailleurs la situation des partis était obscure el la majorité incertaine ', Il engaf^it donc son chef à provoquer l'initiative des gouvernements : l'accueil du roi de Saxe était d'un favorable présage. Ces idées étaient trop naturelles h Bbmarck pour qu'il ne s'y ralliât point.

A ce moment, le cabinet munichois, ébranlé par la double poussée de la Saxe et de Bade, émit sa timide proposition. Bismarck résolut de la prendre pour base de négociations et envoya son fidèle lieutenant à Munich. Il lui donna pour instruclion de moins parler qu'écouter, et de moins proposer que recevoir les propositionsd'aulrui. Le 21 septembre, Delbrûck arriva à Munich, il y était bîent6t rejoint par M. de Mittnâcht, premier ministre du Wurtemberg : ainsi s'engagèrent les premières délibérations entre les représentants des trois rois du futur Empire'. Le premier geste des Bavarois fut un mouve* ment d'efTroi : le comte Bray déclara que le gouvernement se refusait à entrer dans la Confédération du Nord. Sans s'émouvoir, DelbrUck demanda au ministre bavarois quel était donc son projet, car on ne pouvait se borner à critiquer, il fallait délibérer sur un texte. Mis en demeure de se décider, le comte Bray proposa comme basede discussion — le texte même de la constitution fédérale du Nord. C'était où voulait l'amener son habile partenaire : il était dès lors certain qu'on arriverait par voie de concessions à adapter ce texte nu nouvel État ; tout n'était qu'une question de temps et de tact.

Les exigences des Bavarois étaient grandes el ils s'elTorcèrentde retrancher, article après article, dans la ConsUlu-

1. W, Busch. Die Kampfe um Reichaverfatmng and Kaisertum 1870-1871. p. 31. Ces! le meilleur travail sur ces négociations et il enaétëtrËs largement tiré prolil.

i. Ces négociations ont été rapportées par les trois principaux dëli'gués, DelbrQck. Lebenierinnervngen, p. 115 et suiv. Bray. Denlmardi'jktiltu, p. 110 el Buiv. Hlllnacht. Erinnerungen un Bitmarck, p. 20, 14.

1867 toutes les atteintes à l'indépendance des gouents alliés; en leur ensemble, ces revendications lisaient le prof^ramme présenté le 12 septembre par le Iray au roi Louis ; Mittnacht approuvait, tout en restant e prudente réserve. Delbrttck résistait, sans céder aoint ni résister catégoriquement, car il n'avait pas

de décider, mais simplement mission de scruter. II >nvaincu que les Bavarois et les Wurtembergeois raient les grandes lignes de la constitution fédérale; usqueries » même du roi Louis, dont il eut audience ', Tuaient dans sa pensée ; et, lorsqu'il quitta Munich, le embre, il écrivait fortement : « L'union allemande est

arck ne s'attendait point à un tel succès, a Favorables i3 de Delbrûck à la surprise de Bismarck », écrivait e royal de Prusse à la date du 30 septembre '. Le chan- ^t avec son habituelle promptitude, et, te 2 octobre, il htait à son représentant à Carlsruhe d'engagerlegou* ent badois à renouveler sa demande d'entrée dans la ration du Nord^; le grand-duc, tout dévoué à lapolirussienne, formula le jour même le vœu sollicité par ïk, et qui pouvait provoquer d'analogues démarches mets bavarois et wurtembct^eois. Ainsi les particudu Sud seraient amenés à conciliation ; il fallait engaunitaires à quelque concession, pour réaliser ce jeu où , Bismarck.

lef des libéraux unitaires n'était autre que le prince e Prusse. Le chancelier s'attaqua immédiatement &

se von Kobell. KBnig Ludwig llund Filrsl Bitmarck im Jahre 1810,

Kaiêer Friedricki Tagebuch, 30 septembre 1870.

orenî. Kaiser Wilketm und die BegrUndung des Reichs, p. 343.

lui. Dans une série d'entretiens, ii Ferrières et à Versailles, il lui exposa les rélicences de la Bavière et du Wurtembei^ et la nécessité de n'y point résister catégoriquement. Le kronprinz n'y contredit pas. Ainsi les deux partis extrêmes, jusqu'alors inconciUables, semblaient se rapprocher. Mais pour les accorder, il fallut une haute lutte. Elle se déroula dans les négociations de Versailles.

Le roi Guillaume et son chancelier étaient décidés à faire l'Allemagne par les princes, quitte à solliciter ensuite l'approbation des peuples. Une procédure leur paraissait simple et rapide, la réunion des Princes en Congrès, suivie de la convocation d'un Reichstag allemand. A la lin d'octobre, Bismarck croyait encore à la prochaine i-éunion de ces deux assemblées à Versailles', et, comme le roi Louis semblait hostile à ce projet, il proposait à deux reprises une entrevue préalable à Fontainebleau des deux rois de Prusse et de Bavière, pour déterminer les termes du pacte, que les moindres seigneurs puis le peuple auraient à ratifiera

Mais le roi Louis opposait à ces demandes la force d'inertie de ses rêves. Isolé du monde, il s'occupait moins de l'unité allemande que de l'infaillibilité du pape', et ne voulait point quitter le charme mélancolique de ses chftteaux. En vain, le roi Guillaume lui faisait-il les offres les plus séduisantes, lui promettant une résidence de poète à Fontainebleau ou à Trianon; inutilement, ses propres mînisl^s et son chef de

t. Biamarck A aa feinme, aS-!9 octobre 1870.

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