Aui KiùHr Friedrich» Tagebuch, 9 octobre
cabinet l'eng^ageaient-ils à se rendre en France ', préparaientils le wagon royal prêt à l'emporter en voyage triomphal. Le roi se dérobait et murmiirail comme excuse qu'il n'accepterait son déplacement que moyennant compensation : la Bavière avait cédé & l'Est quelques territoires à la Prusse en 1866, il lui était dû un agrandissement à l'Ouest.
Le roi de Wurtemberg hésitait, pris entre les influences contradictoires. Dans l'enivrement des victoires allemandes, son peuple devenait unitaire, et il se créait en faveur de l'Empire allemand un mouvement d'opinion dont il eût été imprudent de ne pas tenir compte". Parmi ses conseillers, plusieurs, Miltnacht, Suckow, étaient gagnés b la cause nationale et s'efforçaient seulement de conservera leur petite pairie un semblant d'indépendance : suivantla jolieexpressîon des Chinois, ils voulaient «sauver la face ». Mais dans l'entourage immédiat du roi Charles, existait un paKi de réaction qui voulait sauver le corps entier de l'Etat, l'indépendance totale de la monarchie. A la fin de septembre, h cet instant décisif, le roi était abandonné à cette dernière influence ; Mittnacht était à Munich auprès de DelbrQck ; Suckow était en mission au quartier général du roi Guillaume et négociait avec Bismarck sur la renaissance de l'Allemagne ' : sous la pression des particularistes, Charles de Wurtemberg se renfermait dans une attitude de mauvaise humeur. Il avait grand'peur de paraître « sous la coupe n du roi Louis, et pourtant agissait à son instar : il refusait de se rendre personnellement en France.
i. L. von KubeU. KOnig Ludmig II und FUrH BisMarck im Jaiire (870, p. 26.
3. Sur ce mouvcmcnl, Busch, Die Kimpfe um Beicksuerfassung und Kaisertum, p, 4! el suiv.
3. Voyez les Notfs do Suckow. DeuUeht Revue. 22* année. 1. 1, p. 3I)(
LA REMAISSARCE DE L'EMPIRIC ALLEMAND 183
Mais Mittoachet Suckow, deretouràStu(%art,coiiibaUaienl ces influences de cour; ils obtenaient une concession décisive ; le 7 octobre, Suckow télégraphiait à Bismarck que si le roi Charles n'acceptait pas d'aller à Versailles, il consenUrait à y envoyer ses ministres pour des^ner les lignes du nouveau pacte fédéral ; le 12, le chancelier répondait par une invitation officielle.
Le même jour, Bismarck répondait à la demande que le gouvernement badois lui avait adressée le 2 octobre, d'entrer dans la Confédération du Nord : il remerciait pour celte nouvelle preuve de dévouement ft la cause unitaire et invitait la cour grand-ducale à envoyer également des représentants à Versailles'. La réponse de Bade était facile à pn'^voir. Pendant quelques jours on put croire que la Bavière serait séparée des négociateurs ' ; mais Mittnacht redouta d'fitre isolé à Versailles el pressa vivement sur le comte Bray pour que la Bavière fût représentée également à ces délibérations. Les hommes d'État redoutèrent ft leur tour la formation de l'Allemagne sans la Bavière et l'isolement de leur petite patrie en Europe. Pendant une visite du roi Louis dans sa capitale, son premier miiiistre parvint à lui arracher une décision : le 18 octobre, le cabinet bavarois annonça le départ pour Vers^lles de trois ministres, le comte Bray, des Affaires étrangères, Lutz,de la Justice et Prankh, de la Guerre.
Ce fut alors une course à qui arriverait le premier'. Les Wurtembergeois, Mittnacht et Suckow, remportèrent le prix d'obstacles, et entrèrent à Versailles le 22 octobre ; les Badois, JoUy et Freydorf, parvinrent le 23 en même temps
I. Lorenz. Kaàer WHhelm und die Begrtindung des Reichs, p. 3i2. 3. Buech. loc. cil., p. iS. K. von MohI. Lebeiuerinnerungem, paitim. 3. Bray. Danhwitrdigkeilen, p. 1S3. Dates erronées dans Busch. loe. cil..
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que les trois Bavarois; MM. deDalwi^etHofmaiULairivèrent de Darmstadt bons derniers le 26. Bismarck et DeibrUck les reçurent au nom de la Confédération du Nord. Ainsi se réunit le concile de Versailles.
Les semaines qui suivirent comptèrent dans la vie de Bismarck parmi les plus remplies. Il traitait tout (msemblc avec M. Thiers la question de l'armistice et de la paix, avec les généraux allemands la question de la guerre, avec les Anglais et les Busses ta question de la mer Noire, avec les délégués du Sud et les députés au Reichstag la question allemande. En désaccord avec le roi et le prince royal, en conflit avec l'élatmajor, il ne trouvait qu'un homme pour l'aider, DeibrUck, et encore dut-il bientôt l'envoyer à Berlin. A ce « travail de galérien ' » ses nerfs se brisaient ; il vivait dans une irritation perpétuelle, et les mots « d'intrigues », de « marchandages » , d' « utopies » revenaient sans cesse sous sa plume vibrante. Mais il fit marcher les événements.
Les négociations du chancelier fédéral avec les représentants des quatre souverains n'ont pas suivi un ordre exact et chronologique : les entretiens ofliciels et les visites privées se sont enchevêtrés et les négociateurs passaient de la tahlc verte ô la table de thé. Mais il est possible de distinguer quelques phases dans cet imbroglio.
L'entente se fît sans difficulté avec les ministres badois. Bismarck trouvait en eux un complet abandon et il ne manquait pas de les en remercier, n Malgré les refus que j'ai dû vous opposer, disait-il avec reconnaissance à Freydorf, vous avez persévéré dans votre pohtique unitaire et l'avez même affermie ' ». Il se plaignait en termes amers de ne pas