‹ Bismarck et son tempsChapitre 65 sur 270 · Busch. TagebachbldUer, t. H, p. IIS · texte numérisé non relu

Busch. TagebachbldUer, t. H, p. IIS

3. Le comte de Bray â Bismarck, i novembre ISTO et Bismarck «u comte de Bray, i novembre.

4. LenE. Geiehichte Bismarcks, p. 366, Busch. Tagebuchbldller, I. 11, p. 3H el Buiv.

télégraphia & ses deux ministres pour leur interdire de signer sans la Bavière, avant d'avoir reçu des instructions formelles de sa part.

Cette nouvelle produisît à Versailles l'effet d'un coup de tonnerre. Mornes et abattus, les deux ministres wurl«mbergeois parurent le 12 novembre rue de Provence et annoncèrent au chancelier qu'ils avaient reçu ordre de surseoir à toute signature et qu'iU comptaient partir le lendemain pour demander à leur roi de nouvelles instructions et revenir au plus t6t h Versailles. Bismarck se raidit contre la déception et réponditseulement «qu'ils étaient en mesure de prendre leur décision' ». Mais ie coup était rude, car tout était remis en question.

Le dépit de Bismarck était tel qu'il en tomba malade. « Catarrhe de t'eatomac, disent les uns'; affection bilieuse, disent les autres », écrivait Busch' ; c'était en réalité une colère rentrée. Devant les princes et les ministres, il était obligé de se contenir, mais il exhalait son amertume dans l'intimité u Je suis fatigué », écrivait-il au vieux camarade Roon ", « Je mène la plus pauvre existence », soupirait-il dans ses lettres à sa femme*. Tout allait mal : les Parisiens avaient l'audace de se défendre et les Prussiens les attaquaient mollement ; les Français de province osaient reprendre l'offensive, chasser leurs ennemis d'Orléans, les refouler à Coulmiers', et menacer la sécurité du quartier général. Enfin, l'unité alle-

, Busch. Tasebuchbldlter, t. I, p. 391, 394. 398.

. Bismarck a Roon, )5 novembre 1870. Roon'i DenkutwdigktiUn

, Bismarck & ea lemmc, 16 novembre 1870.

, Le 9 novembre 1870.

mande, travail de Pénélope, était à recommencer. Tous étaient découragés '. Bismarck rageait.

Mais il n'était pas homme à lâcher sa proie. Sa colère même était féconde, et malgré ses souffrances plus morales que physiques, il préparait de nouvelles combinaisons. Deux petits ElaU étaient prêts â s'unir à la Confédération du Nord; on traiterait d'abord avec eux, pour mettre les récalcitrants en présence du fait accompli et en demeure de se décider : la Bavière et le Wurtemberg oseraient-ils alors résister à la pression de l'opinion publique, à la conséquence forcée des victoires communes, à la loi de l'inévitable ? S'ils l'osaient, on verrait à employer d'autres moyens, à recourir à cette a contrainte » désirée parle prince roya! de Prusse. Aussi Bismarck résolut-il de conclure immédiatement avec Bade et laHesse.

U agit avec sa -décision foudroyante. Le gouvernement badois était prêt à toute concession et désireux de la plus intime union avec la Confédération du Nord ; le grand-duc, alors à Versailles, ne redoutait que la rupture des pourparlers et s'activait ôi les raffermir. Les Hessois agissaient & « contrecœur », mais n'osaient pas résister à leur puissant voisin. Bismarck pressait les ministres et suppliait Roon de hâl«r la convention militaire avec Bade « sans y regarder de trop près. — Je vous en serai politiquement très reconnaissant, ajoutait-il; cela agira sur les deux autres en leur montrant que nous marchons sans nous arrêter à des influences féminines '.» En trois jours, tout était terminé.

Le 15 novembre 1870 au soir, sept hommes étaient réunis dans le salon de la rue de Pi-ovence, le chancelier fédéral de

1. Stoach b sa remme, tS et 16 novembre 1870. DenkaBrdîfiktiteix, p. Mj. !07.

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