Aua Kaittr Friedrichs Tagebuch. 17 novembre
il était le premier à plaisanter : « Croyez-vous, dïsait^il à un conGdenl, que le comte Bray a cru sérieusement à mon abdication '. 11 Depuis la décision de la cour wurtembei^eoise de se solidariser à la Bavière, Louis s'était rallié à une alliance des deux royaumes du Sud, ce qui l'éloignaii fatalemcnt-de l'unité allemande. Mais autour de lui, plusieurs l'y ramenaient. Le parti « patriotique » s'agitait; la municipablé de Munich se refusait à toute fête avant la renaissance de l'Empire allemand ' ; le sang versé en commun sur cinquante champs de bataille avait créé un lien fraternel entre le Nord et le Sud. Un mouvement unitaire s'affirmait dans l'armée où le prince royal de Prusse s'était acquis une popularité de bon aloi " ; parmi les hommes politiques, beaucoup redoutaient l'influence de l'Autriche plus que l'union avec la Prusse : dans le ministère, même, on craignait l'isolement de la Bavière entre ses puiasanls voisins. Du dehors, arrivaient au roi des conseils analogues : le grand-duc de Bade lui écrivait pour le gagner à la cause allemande, et lui envoyait un de ses conseillers, Geizer, éloquent avocat de l'unité impériale *.
Sous ces influences diverses, le roi Louis 11 était retourné ; sansdevenir un chaud partisan de l'unité allemande, il l'acceptait comme un mal nécessaire, et pensait en tirer quelque bien. Une idée revenait en sa pensée depuis deux mois comme un leitmotiv, de mettre à l'enchère son adhésion et d'obtenir quelque agrandissement pour prix de sa soumission. A voir la Prusse manger ses voisins, il lui était né un certain appétit de territoires : Bismarck faisait école. Le roi
1. L. von Kobell. KSnig Ludieig II und FOril Bitmarci im Jakrt. IBTO, p. 30.
!. Le conseiller Daxenberg, de Munich, a Dray, IS novembre 1870. Bray. Denkaûrdigktilen, p, 193.